NPA 86

8 mars, journée internationale des Femmes : « Fêtées un jour, exploitées toute l’année »

mercredi 10 mars 2010 par redac-npa86

Le 8 mars n’est pas "la fête des femmes" mais une journée de lutte contre leur oppression et pour l’égalité des droits dans tous les domaines

Cette année, encore plus de raisons de se mobiliser, car dans le cadre de la crise, que le gouvernement veut faire payer aux salarié(e)s, les femmes sont particulièrement touchées. Si l’écart entre les hommes et les femmes s’est réduit en matière de demande d’emplois, on ne peut s’en réjouir puisque c’est la situation des hommes qui s’est dégradée (emplois industriels). Une étude publiée par l’Insee, le 23 février, explique que les hommes non diplômés gagnent 23 % de plus que les femmes de même niveau en début de vie active. Et, quel que soit le diplôme, l’écart de salaire entre les hommes et les femmes subsiste. Elles représentent 80% des pauvres et des précaires. Les femmes sont souvent « orientées » vers les emplois les moins payés (secteur sanitaire et social, grande distribution etc.) mais aussi plus précaires.

La réforme annoncée du système des retraites touchent particulièrement les femmes

Les femmes ont de toutes petites retraites (40% de moins que les hommes). En moyenne elles touchent 1020 euros contre 1636 euros pour les hommes. Calculées dans le privé sur la base des 25 dernières années, les montants des retraites fondent comme neige au soleil avec l’accumulation des années à temps partiel, pas vraiment choisi, où le salaire annuel a été réduit. Par ailleurs, 40 à 44% des femmes contre 86% des hommes ont toutes leurs annuités. Avec la décote, le niveau de pension dégringole très vite pour tout trimestre manquant.

Pour les femmes qui travaillent c’est la « double peine »

Elles assurent le gros des tâches ménagères (80% du noyau dur), ce qui nuit souvent à leur carrière (absence de promotion). Les femmes prennent l’écrasante majorité des congés parentaux (98%) et des temps partiels. Nous demandons le maintien des maternelles, la création massive de crèches et, donc, la suppression des jardins d’éveil.

La privatisation des services publics, et particulièrement la réforme Bachelot a des conséquences directes sur le droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse avec la fermeture programmée ou déjà effective de centres d’IVG dans les hôpitaux publics.

Les IVG sont de plus en plus déléguées aux cliniques privées, Les délais ne cessent de s’allonger et les dépassements d’honoraires prohibitifs sont inaccessibles aux revenus modestes. Les mineures et les femmes Sans-Papiers en sont totalement exclues. Tous les ans, 5000 femmes partent avorter à l’étranger.

Le gouvernement prétend s’attaquer aux violences contre les femmes

Rappelons ici qu’une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. Des mesures ont été prises depuis 2006, mais nous sommes encore bien loin de ce qu’il faudrait, et notamment les mesures de la loi cadre que réclament le Collectif National Droits des Femmes (CNDF) et les associations féministes.

La loi contre les violences, votée récemment, n’a prévu ni mesure de prévention ou de formation, ni de moyens pour l’accueil des femmes victimes de violences. La discussion générale a pu montrer combien la droite et la gauche utiliseraient le texte à des fins différentes. Pour Nicole Ameline (UMP), par exemple, cette loi permettra un retour des femmes migrantes dans leur pays d’origine dans de meilleures conditions... Quant au bracelet électronique imposé aux hommes violents, mesure phare de la loi selon Nadine Morano, son usage est expérimental pendant trois ans et seuls trois parquets sont équipés de 150 bracelets... La prévention est quasi inexistante et les articles sur les moyens ont été supprimés. Au final, sur 70 articles proposés, seuls 20 demeurent et il est difficile de considérer cette loi comme une avancée.

Pour casser l’engrenage des violences faites aux femmes nous demandons ;

l’adoption de la loi cadre élaborée par le CNDF et les moyens nécessaires pour l’appliquer. Elle englobe toutes les violences, autant dans la sphère privée que publique, prévoit des mesures de sanction, mais aussi de prévention, accueil et accompagnement des victimes, leur protection, la garantie de revenus, le droit au séjour et l’accès au logement. Un volet traite de la formation initiale ainsi que la formation continue des professionnels de santé. Il s’agit de les sensibiliser et les former au dépistage des situations de violences ; de leur donner des outils pour la prise en charge de ces patients et pour une collaboration pluridisciplinaire dans leur ville ou région ; d’entamer un travail de fond sur le rôle du médecin face aux situations de violences faites aux femmes : signalement, secret médical, rédaction du certificat médical et détermination de l’incapacité totale de travail (ITT) La création de centre d’accueil pour les hommes violents avec suivi psychologique afin d’aider les femmes battues à conserver leur logement est une de ces mesures.

Il faut également condamner l’instrumentalisation des discours féministes par le gouvernement à des fins racistes, et la loi sur la burqa dans le cadre du débat sur l’identité nationale en est un exemple.

Comment ne pas relever la contradiction entre les promesses de campagne du candidat Sarkozy, (à chaque femme martyrisée, dans le monde, je veux que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir française) et l’expulsion, entre autres, d’une jeune marocaine sans papiers, ayant fui son pays par crainte d’un mariage forcé. Elle a été arrêté alors qu’elle se rendait dans un commissariat pour dénoncer les coups infligés par son frère.

Il n’y aura pas de véritable démocratie, ici ou ailleurs,
tant que les femmes auront un statut mineur.

Le combat pour l’égalité reste à gagner !


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