NPA 86

A propos de "Coeur d’agglo"

jeudi 30 septembre 2010 par Maryse DESBOURDES

Dossier de presse de Maryse Desbourdes

élue au Conseil municipal de Poitiers pour la liste « Pour une Alternative à Gauche », liste soutenue par le NPA et les Alternatifs

A propos de « Coeur d’agglo »

La rénovation du Centre ville appelée Coeur d’agglo comporte un aspect esthétique qui touche beaucoup de secteurs. Mais elle se structure autour d’une seule idée essentielle : amener les voitures qui entrent en ville vers les différents parkings.

Pour l’instant, ce que peuvent retenir les automobilistes c’est que sortir de ce fléchage imposé vers un parking relève du jeu de piste à travers un labyrinthe de rues.

Nous proposons que des minibus tournent en boucle dans le centre, gratuits, pouvant stopper sur leur trajet en dehors des arrêts, soit à la demande du voyageur (dans le minibus) soit du futur voyageur (sur le bord de la route).

Ce que vivent déjà les utilisateurs de bicyclette c’est que rien n’a été prévu pour eux puisque, dans les rues refaites, ils se trouvent sous la pression des voitures qui ne peuvent pas les doubler.

Ce que vivent aussi les habitants du centre c’est qu’avec la disparition des possibilités de parking le long des trottoirs, rien n’est prévu pour qu’ils puissent garer leur véhicule.

Nous demandons que des tarifs préférentiels leur soient octroyés (comme pour la carte de stationnement actuel en ville) dans les parkings de la ville.

Une des raisons de l’utilisation de la voiture individuelle pour venir en ville réside dans l’éloignement des lieux d’habitation et des lieux de travail, la cause en est le du coût du logement.

Nous continuons de réclamer qu’à l’occasion de « Coeur d’agglo », soient recensé les logements vides sur le centre et qu’ils soient transformés en logements sociaux, par incitations des propriétaires, par préemption ou par réquisition. « Cœur d’agglo » ne doit pas être la transformation de l’hyper-centre en vitrine mais ce doit être un projet pour toutes et tous.

Plus généralement, ce fléchage obligé vers un parking appelle plusieurs commentaires :

1. La communauté d’agglo s’entête à vouloir construire en périphérie de la ville des mastodontes de la consommation qui vident le Centre de Poitiers et les commerces des communes avoisinantes, obligent à prendre sa voiture et induisent un type de consommation du jetable, de l’éphémère et du gaspillage. D’ailleurs, le développement de la zone commerciale d’Auchan au sud se poursuit avec l’implantation de 10 nouveaux magasins.

Pourquoi les automobilistes viendraient-ils remplir des parkings payants du Centre alors qu’ils ont tous les magasins en périphérie autour d’immenses parkings gratuits et facilement accessibles ?

2. Le Centre ville pourrait se doter d’un ou deux pôles cinéma « art et essai » qui puissent offrir de nombreux films, du film grand public au film plus exigeant. Cela créerait ainsi un élément structurant, plus quotidien que le TAP. A l’inverse, dans la même logique que pour les centres commerciaux, la majorité de Grand Poitiers (ex CAP) s’entête à fabriquer des multiplex, des centres commerciaux du cinéma, en périphérie de l’agglomération. Il y en aura un de plus au sud, celui du nord va s’agrandir. En lot de consolation, Grand Poitiers veut imposer au centre ville de Poitiers une sorte de monstre hybride, le TAP-Castille, composé d’une moitié de cinéma « art et essai » greffé sur un cinéma commercial aux salles déjà peu fréquentées.

Nous demandons que Grand Poitiers gèle son projet actuel de TAP-Castille et mette autour de la table tous les acteurs de ce sujet (exploitants de cinéma et associations, maisons de quartiers, collectivité territoriales et usagers). Il s’agit de construire enfin une vision globale, instruite et réaliste de l’offre de cinéma sur le Grand Poitiers.

3. L’idée de diminuer le trafic automobile est une bonne chose. La voiture individuelle permet une grande souplesse d’utilisation mais elle provoque stress, perte de temps, pollution, maladie et induit un type de consommation (hypermarché, concentration commerciale, étranglement du commerce de proximité, sur-utilisation de l’emballage, etc. ...).

Il existe une volonté réelle de Grand Poitiers pour diminuer le trafic des voitures individuelles par l’utilisation des parkings, quelques changements des horaires de bus pour relier plus rapidement fac, Futuroscope et Centre ville, un petit nombre de couloirs réservés au bus et le projet qui avance de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) - sorte de tramway sur roues – autour duquel sera structuré le réseau de transport en commun.

Cependant, tout cela manque de vision d’ensemble et d’ambition et, hormis le BHNS, peut être qualifié de demi-mesure. Grand Poitiers, depuis bien de nombreuses années, cherche à rendre plus difficile l’utilisation de la voiture individuelle au Centre. Dans la réalité Coeur d’agglo n’a pas diminué l’utilisation de la voiture mais a reporté le trafic vers la périphérie (boulevards extérieurs, rocades).

Pour notre part nous pensons qu’il faut offrir une alternative crédible à la voiture, en terme de rapidité, régularité, coût individuel et bilan carbone. Pour se donner l’objectif de résorber les bouchons aux heures d’embauche et de fin du travail, en ville comme en périphérie, nous proposons que soient étudiés les transports gratuits bien au-delà de la première ceinture du « plateau ».

Nous demandons également que soient mis autour d’une même table toutes les Collectivité territoriales ainsi que les acteurs du secteur. Il s’agit de sortir de la politique à courte vue de concurrence entre CT et d’engager une vraie politique d’aménagement du territoire cohérente, en complémentarité entre les territoires (agglo, département, région) les moyens de transports (train, vélo, bus...) ; concertée vers des transports en commun gratuits alternatifs à l’usage de la voiture individuelle.

La lutte contre les changements climatiques ne concerne pas que les individus. Les collectivités locales doivent aussi prendre en compte l’urgence écologique.

Sur Grand Poitiers par exemple, il suffirait de 5 millions d’euros pour financer des transports gratuits utilisés par les étudiants, les salariés et l’ensemble des habitants.

Des transports collectifs gratuits pour augmenter radicalement le nombre d’usagers, des transports plus nombreux, assurés par des Services Publics. les besoins sont énormes et ne s’arrêtent pas à POITIERS et à la CAP. Les communes du département sont concernées !

Notre utilisation des énergies non renouvelables est responsable d’une grande partie de la pollution planétaire. Tout nous commande de changer radicalement notre façon de nous loger, de nous chauffer, de manger, de consommer, de transporter... Le tarif des carburants ne pourra qu’augmenter fortement dans l’avenir. Il faut que se mettent en place très rapidement des modes de transports en commun moins polluants et moins chers, alternatifs à la voiture et plus attractifs. Ils doivent être :

  • gratuits pour augmenter radicalement le nombre des usagers
  • plus rapides et confortables que la voiture par des fréquences de passage importantes, par des couloirs réservés, par des combinaisons entre trains, bus, navettes ...
  • offrant des dessertes très denses : entre le lieu de travail et le domicile mais aussi entre quartiers et entre communes
  • assurés par des Services publics : maîtrise publique (par les élus, les usagers et les salariés), continuité, sécurité. Nous devons faire l’effort de raisonner globalement. Ces transports en commun gratuits doivent être financés par les collectivités territoriales, l’Etat, l’Europe mais aussi les entreprises.

En conclusion, l’opération Coeur d’agglo coûte et va coûter beaucoup aux poitevins. Il rapporte déjà beaucoup à d’autres, notamment les entreprises du BTP. Nous craignons que ce rêve à court terme, sans envergure ni réalisme ne se termine comme le quartier de la gare qui ne verra plus passer les trains, ou le Centre de Conférence de ce même quartier qui ne voit pas venir « le public chic » qu’il est censé accueillir. A l’inverse, nous proposons une vision ambitieuse et globale de l’agglomération, qui rapporte plus en terme de service à ses habitants. Il s’agit, là encore, de faire d’autres choix budgétaires sans augmenter les impôts. le 30 septembre 2010


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