NPA 86

Le « Forum Énergies » à Poitiers ou... Comment tuer dans l’œuf un débat citoyen sur le nucléaire !!!

jeudi 17 novembre 2011 par redac-npa86



Tract de la "Coordination poitevine pour la sortie du nucléaire, partout, tout de suite" distribué lors du "Forum énergies" à Poitiers du 17 au 27 novembre 2011

 Le « Forum Énergies » ou... Comment tuer dans l’œuf un débat citoyen sur le nucléaire !!!

Le 30 mai, suite à la catastrophe de Fukushima, la coordination poitevine « pour la sortie du nucléaire » demandait à des élu-es (Alternatifs NPA, EELV) d’intervenir en conseil municipal de Poitiers afin que celui-ci se prononce pour la sortie du nucléaire en France et que le débat soit porté devant la population.

Le Maire, et son conseil municipal, ont refusé de débattre et de prendre une position politique préférant proposer que l’Espace Pierre Mendès France traite la question.

Aujourd’hui, bien loin des enjeux politiques réels, le « forum énergies »... ne pose pas la question centrale du nucléaire !

Nous regrettons qu’aucune place n’ait été faite aux scientifiques que nous avions proposés.

Pourtant, des pays s’engagent vers un abandon de la production nucléaire (Allemagne, Italie, Belgique, Autriche, Suisse), arrêtent leur production de MOX (Grande Bretagne).

En même temps, l’État français poursuit ses investissements faramineux dans les projets nucléaires (ITER, 16 milliards seulement en coût de recherche et accapare 60% des fonds européens de recherche sur l’énergie ; EPR, 6,6 milliards pour un réacteur). EDF colporte des informations fausses sur la sortie du nucléaire. Malgré cela les derniers sondages auprès de la population, montrent que plus de 64% de français souhaitent cette sortie.

La question du nucléaire ne peut se réduire à une question « énergétique » : c’est un enjeu démocratique et citoyen, à mille lieux des politiques menées depuis 50 ans en France.

 Le nucléaire n’est pas une énergie comme les autres ! Ce n’est pas seulement une question d’énergie !

Nucléaire : une question de sécurité publique

Jean-Claude Lacoste, directeur de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, au lendemain de la catastrophe de Fukushima : « personne ne pourra jamais garantir qu’il n’y aura jamais d’accident nucléaire en France ». Jacques Repussard, directeur de l’IRSN, avouait aussi qu’ « un accident grave pouvait se produire tous les 10 ans ».

Catastrophes naturelles, vieillissement des équipements, défaillance humaine... aucune centrale n’est à l’abri d’imprévus. Three Mile Island en 1979 ; Tchernobyl en 1986 ; Fukushima en 2011.

En France, cinq incidents graves ont failli mener à la catastrophe : en 1969 et 1980 à St Laurent des Eaux ; en 1984, au Bugey ; en 1998, à Civaux ; en 1999, au Blayais où l’évacuation de Bordeaux a été envisagée. Le 2 septembre dernier à Marcoule, un employé est mort et quatre de ses collègues ont été blessés dans l’explosion d’un four de traitement de déchets.

Nucléaire : une question de santé publique

Une étude allemande a démontré en 2007 que les enfants en bas âge, vivant à proximité de centrales nucléaires, étaient plus fréquemment sujets à des risques de cancers et de leucémies. Le taux de cancer est augmenté de 60% et celui de leucémie d’environ 120% pour ceux vivant à moins de 5 km d’une centrale nucléaire. A quand une telle étude en France ?!

L’industrie nucléaire rejette des millions de milliards de becquerels de tritium dans l’eau et dans l’air. En 2010 en France, le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) a contaminé pendant plusieurs mois deux sites en Île-de-France. Du tritium issu de la fabrication de bombes atomiques s’échappait d’un tamis moléculaire utilisé par deux entreprises, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) et Bondoufle (Essonne). Conséquence : un quartier et un collège ont été contaminés.

La radioactivité tue lentement. Les maladies sont toujours longues à déceler et font souvent l’objet de contestations.

Nucléaire : une question de démocratie

C’est parce que le nucléaire présente des risques réels et légitimement porteurs d’inquiétude que depuis 50 ans le débat n’a pas lieu. Les citoyens n’ont jamais eu une véritable information... mais seulement une propagande constante d’EDF. Tous les présidents ont couvert le secret.

Aujourd’hui, il est toujours aussi difficile d’obtenir des informations transparentes et fiables surtout lors des incidents. En revanche, Henri Proglio, PDG d’EDF nous assène de chiffres fantaisistes et invérifiables sur les conséquences d’une sortie du nucléaire en termes d’emploi et de coût financier.

Malgré cela, plus de 70 % de la population française se sont récemment déclarés favorables à la sortie du nucléaire.

  Sortir du nucléaire c’est nécessaire, c’est possible, c’est urgent !

Des groupes de scientifiques proposent des scénarios prenant en compte les connaissances technologiques et les données économiques. Tous supposent une volonté politique et un choix de société. Rien ne se fera sans une mobilisation massive des populations concernées.

Exigeons une décision immédiate de sortie du nucléaire, avec la mise en œuvre de mesures d’urgences :
  • Arrêt immédiat et démantèlement des réacteurs les plus risqués en fonction d’un ensemble de facteurs de risques : âge, usage de mox, densité de peuplement, risque inondation et sismique, proximité de risques industriels, niveaux de sous-traitance, etc.) ;
  • Arrêt immédiat des nouveaux projets en France (EPR de Flamanville, Penly, ITER) et à l’étranger ;
  • Arrêt de tous les projets d’enfouissement des déchets radioactifs (notamment Bure) ;
  • Réorientation des budgets de la recherche vers l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables les moins polluantes et décentralisées ;
  • Lancement immédiat d’un programme d’investissement massif dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables les moins polluantes et décentralisées ;
  • Sauvegarde des emplois et des statuts des salarié(e)s, intégration de tous les sous-traitant(e)s et intérimaires dans un Service Public de l’Énergie sous contrôle des salarié(e) et de la population.

 VALOGNES : STOP CASTOR !

Le 24 novembre prochain, un train de déchets hautement radioactifs allemands, quittera le terminal ferroviaire de Valognes dans la Manche pour rejoindre le centre d’entreposage de Gorleben.

Il traversera de nombreux départements, dont la Manche, le Calvados, l’Eure, la Seine-Maritime et la Picardie après avoir été retraités dans les usines Areva.

Le sort des déchets nucléaires marque l’impasse totale du développement nucléaire : retraitement et transport hautement dangereux pour une pollution et une dangerosité assurées pendant des millions d’années.

Alors que 8 nouveaux trains de déchets provenant de Pays-Bas doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, le collectif « Valognes Stop Castor » appelle à la mobilisation pour dénoncer l’industrie nucléaire et les dangers qu’elle fait subir aux populations.

http://valognesstopcastor.noblogs.org/



 Et chez nous, ça va ?!

A Civaux, l’approvisionnement en eau pour refroidir les réacteurs et diluer les rejets radioactifs et chimiques pose toujours un réel problème à cause du faible débit de la Vienne, spécialement cette année. Ceci devrait se reproduire hélas dans l’avenir. La centrale évapore 1,7 m3/s et peut consommer jusqu’à 53 millions de m3 par an. Ainsi 20% de la consommation d’eau en France sert à refroidir nos centrales.

Les 2 réacteurs sont actuellement à l’arrêt : l’un pour une révision décennale, l’autre pour remplacer une transformateur déficient (problème déjà rencontré 4 fois sur Civaux mais aussi dans d’autres centrales).

Cet arrêt passe inaperçu pour notre région car le réseau THT est interconnecté et que d’habitude une grande partie de la production est exportée vers l’Espagne.

 FUKUSHIMA

La catastrophe nucléaire de Fukushima est passée aujourd’hui au second plan de l’information.

Pourtant, la situation est toujours préoccupante, les informations sont toujours difficiles à obtenir et l’avenir des populations toujours aussi incertain. Début novembre, lors d’une conférence de presse, Tepco, opérateur de la centrale, avouait enfin que des réactions en chaîne et des fissions nucléaires incontrôlées avaient lieu dans le réacteur 2. Du plutonium et du xénon ont été détectés. A Miyagi, à 60 km, on a découvert des traces d’Iode 131 dans l’eau potable.

Le jardin du Japon est irrémédiablement contaminé...



Signataires : ACEVE, Amis de la Terre Poitou, ARDAN, Cap à gauche, CNT, Europe Ecologie-les Verts 86, Les Alternatifs, NPA et NPA Jeunes 86, PG 86, Solidaires 86, UFC Que choisir, Vienne Nature.

Pour tout contact : antinuc86 chez gmail point com


Documents joints

tract coord antinuc86 en pdf

17 novembre 2011
Document : PDF
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