NPA 86

Ecosocialisme ou barbarie ?

dimanche 27 janvier 2013 par redac-npa86

Texte d’Alexandre Raguet, en trois parties écrites de manières simples pour mieux comprendre l’ecosocialisme et ses enjeux.

II- Répondre aux besoins sociaux des populations

1. Inégalités sociales entre les pays et entre les hommes.

Le capitalisme poussait à son extrême oblige les bourgeoisies nationales à sortir des frontières pour conquérir de nouveaux marchés, pour exploiter de nouvelles ressources naturelles, de nouveaux peuples et de nouvelles terres. Une bourgeoisie d’un pays riche ne pense pas à coloniser un autre pays riche, puisque les classes ouvrières de ces pays sont parvenues dans le passé, comme en France, à obtenir tout un tas d’acquis sociaux qui coûtent à la bourgeoisie, et parce que les bourgeoisies des pays riches exploitent déjà presque toutes les capacités des dits pays. Ils vont alors dans des pays qui ne connaissent pas la démocratie, chez les peuples « indigènes » non civilisés comme ils disent. Cette démarche d’élargissement du capitalisme à toute la planète s’appelle l’impérialisme, son application s’est faite avec le colonialisme au cours du 19ème et du 20ème siècle, et par le néo-colonialisme de nos jours. Le néo-colonialisme consiste à ne pas prendre le pouvoir politique dans les pays du Sud (pour simplifier), mais à priver ces pays de toutes les ressources qu’ils possèdent en les exploitants, les volants et en corrompant les pouvoir en place qui sont souvent des dictatures à la botte du libéralisme économique. A partir de ce constat, on comprend mieux la fracture sociale, économique et démocratique entre les pays du Sud et les pays du Nord. Comme dans la lutte entre prolétaires et bourgeois, les bourgeois luttent entre eux pour s’accaparer la plus grosse part du gâteau. Cela implique une pauvreté des populations encore plus accrue dans les pays les plus pauvres économiquement.

Ces différences socio-économiques profondes existent avant tout entre les hommes de tous les pays. En fait, les véritables frontières sont des frontières sociales. Les pauvres des pays du Sud sont, avant d’être des habitants des pays du Sud, des prolétaires, des exploités. Ils sont plus pauvres parce qu’ils ont la malchance d’être dans des pays colonisés. Cependant, les habitants des pays riches sont eux aussi exploités et volés. L’explosion du chômage, de la vie chère, de la baisse des salaires, de la diminution des prestations sociales impliquent une dégradation important du niveau de vie des prolétaires des pays du Nord. Marx avait expliqué le vol dans le salariat en découvrant la plus-value, c’est-à-dire la richesse produite par un travailleur au-delà de la richesse produite payée. Ce qu’il démontre, c’est qu’une part de la journée de travail est du travail gratuit et que c’est sur ce vol que le patron s’enrichit. L’on appelle cela l’exploitation. Le patron, en fait, ne peut augmenter son capital que sur l’appropriation du travail non payé qu’il fait faire à ses ouvriers. Dans l’Histoire, le mouvement ouvrier des pays du Nord a conquis des droits sociaux (ceux-là ne sont pas uniformes à tous les pays) comme l’instauration d’un salaire minimum, d’un nombre d’heures de travail maximum par jour ou par semaine, l’arrêt du travail des enfants, des semaines ou des jours de congés payés, l’obtention du droit de grève…etc. Aujourd’hui, ces droits sont littéralement remis en cause. Le capital, avec l’action des Etats (à la botte des bourgeoisies puisque conçues pour maintenir l’ordre actuel) tente de revenir sur tous ces acquis, en augmentant les impôts les plus injustes comme la TVA, en voulant mettre fin aux 35 heures, en voulant revenir sur l’idée de salaire minimum, en réduisant les parts des cotisations patronales dans les cotisations sociales…etc. La classe capitaliste mène une offensive de taille contre le monde du travail.

Nous nous retrouvons donc dans une configuration de véritable guerre sociale. Deux camps s’opposent, à des échelles différentes. D’abord dans la lutte anticoloniale, où des pays exploités doivent tout faire pour se débarrasser du joug impérialiste. Puis à l’échelle sociale, où les prolétaires doivent se débarrasser de leurs chaînes afin d’accaparer le pouvoir et d’instaurer une économie sociale et une réelle démocratie. Nous constatons aussi que le camp exploité représente 90% de la population mondiale alors que le camp exploiteur possède 90% des richesses et des pouvoirs. Il faut oser le dire maintenant, la classe capitaliste et son système ont fait leur temps ! Nous ne pouvons pas nous débarrasser de la misère sociale, de l’exploitation, de l’injustice sans nous débarrasser du capitalisme. Dans la même optique que sur les questions écologiques, nous nous rendons compte que le système capitaliste marche sur la tête. Les contradictions sont trop fortes pour que le système perdure surtout que les crises actuelles accentuent les phénomènes de guerre de classes. Les antagonismes de classes installent une instabilité constante basée sur les inégalités, la misère, l’absence de démocratie ou même l’exploitation. L’erreur réside en la croyance que les véritables camps opposés seraient nationaux ou raciaux… Les 99% de la population exploitée représentent l’avenir politique de l’humanité et il est grand temps de mettre en avant les intérêts de la classe laborieuse internationale afin de créer l’unité la plus large.

2. Pour une juste répartition des richesses.

La lutte contre les inégalités implique une juste répartition des richesses. Nous avons démontré dans la précédente partie que les sorties de crises impliquent de sortir du système de l’exploitation afin de trouver l’épanouissement individuel de tous et la stabilité économico-sociale. Pour commencer, traitons de la dimension mondiale. Nous avons déjà expliqué qu’il fallait mettre fin à l’économie capitaliste mondialisée afin de permettre l’autosuffisance, ou l’autonomie, des continents, des pays, des régions ou même des communes en ce qui concerne les besoins élémentaires comme les denrées alimentaires, l’eau, le confort minimum (le logement et le chauffage par exemple). Ces revendications peuvent paraître déconnectées de la question internationale, pourtant, elles en découlent directement. L’eau par exemple manque de manière vitale dans des régions comme la Corne de l’Afrique. En revanche, dans un pays comme la France, l’eau est gaspillée. C’est la même chose avec la nourriture, un manque flagrant dans les pays du Sud et du gaspillage dans les pays du Nord. La solution est alors simple : il faut mieux répartir les richesses entre les différents pays. Dans un premier temps, partager ce qui est produit, dans un second temps réduire la production des pays du Nord pour ne produire que le strict nécessaire et dans ce même second temps, permettre au pays du Sud de produire eux-mêmes ce dont ils ont besoins, en offrant tous les brevets nécessaires afin que cette production soit écologique. Nous reviendrons dans une future partie sur les solutions que nous préconisons. Attelons-nous ici à démontrer que le partage des richesses au niveau mondial est indispensable.

Notons aussi que d’un point de vue capitaliste, ce partage des richesses n’a aucun lieu d’être, au contraire, il s’agit d’une mesure anticapitaliste ! C’est en ça, d’ailleurs, que la lutte écologique est réellement révolutionnaire. Elle va à l’encontre de la logique capitalistique. Nous avons déjà démontrés cela mais il est toujours bon de le rappeler quand même, car ce texte, et la lutte pour le socialisme et l’écologie radicale n’a aucun intérêt si l’on ne comprend pas que la classe dirigeante sera automatiquement sur notre chemin lorsque l’on décidera de prendre ce genre de décisions. Il s’agit pour elle d’un instinct de survie et elle est prête à tout pour nous empêcher d’agir, même de nous imposer des guerres ou des régimes fascistes. La guerre… là aussi il s’agit d’une question internationale. Les guerres existent pour les capitalistes justement pour relancer leur économie, par la reconstruction de tout ce qui est détruit par la dite guerre.

Comme je l’ai écrit plus haut, le capitalisme est amoral, il est prêt à tout pour survivre : il faut alors l’abattre. L’un des outils permettant de détruire le système capitaliste se trouve dans le développement des révolutions nationales, qui permettront d’affaiblir l’ordre mondial existant, mais toujours dans un souci d’efficacité, jamais par chauvinisme. Une révolution ne peut exister sans une division des bourgeoisies et donc sans un affaiblissement extraordinairement conséquent des classes dirigeantes.

Le juste partage des richesses est aussi une revendication essentielle dans les pays du Nord, à l’échelle d’un pays ou non, mais dans le cadre des frontières que l’on appelle sociales. La réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires et des pensions, la gratuité des besoins élémentaires, comme les transports en commun ou la santé, font parties de mesures permettant à la fois d’améliorer la vie des populations les plus démunies, d’affaiblir le pouvoir des bourgeoisies et de donner des cadres de mobilisations permettant d’emmener des pans entiers de la population dans des luttes d’abord concrètes sur des sujets précis, mais des luttes qui sont directement liées à la lutte globale contre le système. Nous pouvons appeler cela des mesures transitoires d’urgence. Là encore, la démocratie est un facteur prioritaire. Nous partons du principe que les revendications d’urgence mises en avant concernent la grande majorité de la population. A partir de cela, nous sommes d’accords pour dire que la mise en place de telles mesures serait juste socialement. Il faut alors être capable de faire travailler un maximum de personnes à l’élargissement et à la popularisation de ces idées qualifiées de justes.


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