NPA 86

Transports publics : discutons-en.

vendredi 5 avril 2013 par redac-npa86

Contribution au débat sur les transports publics à Poitiers.

Suite à l’article de la Nouvelle République du 4/04, où les camarades « Jeunes communistes » sont interrogés suite à leur volonté de mener une campagne sur les transports publics, les jeunes du NPA86 souhaitent rentrer dans le débat par le biais de ce texte.

Nous notons dans cet article que la question sociale est traitée dans l’optique d’une diminution des prix. Cela est positif.

Autre point positif, le constat que les bus ne déservent pas de manière égalitaire toutes les zones de Poitiers. La banlieue est mal-traitée, là encore la brutalité sociale est de vigueur. Nous partageons l’ambition d’augmenter le nombre de lignes et le nombre de bus sur ces lignes.

Mais nous conservons tout de même quelques désaccords avec nos camarades communistes, notamment sur l’idée d’une différenciation entre un tarif « salariés » et un tarif « étudiants » et « chômeurs »... (référence aux « Pages Rouges » le journal électronique des JC de la Vienne).

Déjà, nous nous interrogeons sur ces tarifs. Se feraient-ils sous forme d’abonnements, et/ou les tickets vendus à l’unité le seraient-ils aussi avec la même logique d’équité vis-à-vis du statut social ? Si tel est le cas, cette mesure impliquerait une augmentation de travail et de complications pour les conducteurs. Demander à chacun des passagers s’ils ont bien tel âge, s’ils sont bien chômeurs ou salariés, ferait perdre du temps et jouerait un rôle malheureux de « discrimination positive ». Dans le même temps, si le prix à l’unité reste le même, alors l’inégalité persiste. Cette question mérite véritablement une réflexion. Elle n’est pas anecdotique et doit être perçue comme importante. Nous reviendrons par la suite sur la question écologique et démocratique afin d’étayer nos propos. Aussi, toujours dans le même article (celui des « Pages Rouges »), une revendication semble être mal explicitée : qui seraient « les autres » qui auraient le droit à la gratuité puisque les salariés, les scolaires, les étudiants, les demandeurs d’emplois et les retraités ont leurs propres tarifs ? Nous ne voyons pas vraiment, puisqu’il ne s’agit sans doute pas des riches connaissant notre engagement partagé dans la lutte contre le capitalisme. Nous retenons quand même l’emploi du mot gratuité qui nous permet d’espérer que vous songez à la gratuité des transports publics, la véritable solution. Encore un effort camarades !

Au passage, nous insistons quand même pour dire que nous sommes ravis de notre côté que vous, Jeunes Communistes, défendiez une diminution des coûts du transport public (bien que nous défendions la gratuité totale) et qu’ils se prononcent publiquement sur cette question. Mais nous sommes aussi obligés de discuter (un peu) de la Municipalité puisque c’est de cet échelon qu’il s’agit. Dans l’article de la NR, vous nous dites que les élus communistes trouvent votre argumentaire intéressant dans l’optique des prochaines Municipales. Soit. Mais il s’avère qu’à Poitiers, c’est un communiste qui traite (déjà !) le dossier des transports (cf. JJ Guérin). Ce dernier ne doit pas connaître la position des Jeunes Communistes puisqu’il ne baisse pas les prix... il les augmente depuis 2008 ! Dans le même temps, aucun autre élu-e (même pas communiste) n’a daigné trouvé intéressant les propos de Maryse Desbourdes, l’élue « Pour une Alternative à Gauche » (NPA, GA, Alternatifs), lorsque celle-ci met sur la table le sujet des transports publics gratuit. Certes, elle défend la gratuité et ces derniers se sont fait élire sur un autre programme. Mais elle argumente, elle travaille sur le sujet. Nous aurions beaucoup aimé, au cours de ce mandat, ne serait-ce qu’une seule fois, que les élu-e-s Verts (oui, eux aussi) et Communistes acceptent de discuter d’une simple diminution des prix.

Il serait judicieux, quand même, que nous ayons un véritable débat public sur cette question épineuse notamment dans la perspective des prochaines Municipales puisque vous comme nous, mais aussi d’autres (comme la CNT, l’UNEF, ou Sud) représentons des organisations de jeunesses dans une ville étudiante. Or aujourd’hui, le prix du bus est un véritable fléau pour les étudiants en ces temps de crise. Malheureusement, il est juste de rappeler que seule Maryse Desbourdes a défendu, par la gratuité (pour tous), une position proche de celle des Jeunes Communistes au Conseil Municipal de Poitiers et que seulement quelques organisations se sont (un peu) mobilisées sur cette question (Solidaire, NPA, Alternatifs, GA....), les autres laissant le Maire augmenter les tarifs, sans broncher (du moins publiquement). Triste bilan pour la gauche « plus rien ».

Mais revenons-en maintenant au débat plus terre à terre du transport public. Nous défendons la gratuité totale des bus à Poitiers. Cette revendication n’est pas extrémiste, elle est le fruit d’une réflexion sur un autre projet de société qui prenne en compte plusieurs aspects de la politique, tels l’économie, le social, la démocratie et l’écologie. La gratuité des bus serait une mesure sociale volontariste de redistribution des richesses collectives. Cela permettrait de freiner l’aspect négatif de l’étalement urbain, qui est celui d’un usage déraisonné de transports individuels. De plus, la cherté du secteur immobilier poussant les gens loin de leurs lieux de travail entraine également un usage plus fréquent des véhicules individuels, ce qui représente un coût financier supplémentaire. Suffisamment d’arguments, déjà, qui nécessite une intervention afin de résoudre la problématique sociale. La gratuité ici joue un rôle sociale et démocratique. Elle permet des économies et une ré-appropriation des biens publics. L’accès à toutes et à tous au service public des transports, par la gratuité, amplifierait la fréquentation et métamorphoserait la vie de la ville et notamment du centre-ville (même si pour cela, il faudrait arrêter de le vider de ces espaces de vie comme avec l’exemple du Théâtre).

Mais la gratuité au-delà de ces bienfaits sociaux s’avère de plus en plus être nécessaire. Le réchauffement climatique représenterait un coût financier de 5500 Mds d’€ d’ici 2050. C’est donc un enjeux national (et mondial), écologique et économique qui est devant nous. En France, 35% des émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports, et 37% à Poitiers ! Il y a donc de l’argent à économiser, tout en épargnant l’environnement.

L’environnement, parlons-en de manière plus concrète. Parlons de l’homme. La pollution automobile, en plus de nuire à la bio-diversité ainsi qu’à la couche d’ozone, a un impact profondément destructeur sur nos santés. Cela se traduit par une présence importante de maladies respiratoires et cardio-vasculaires. De récentes études montrent aussi que la combustion du gasoil dans les villes augmente les risques de cancers pour les habitants.

Voilà, cette fois-ci, des raisons qui nous poussent véritablement à mettre en place la gratuité des transports publics, mais aussi à réfléchir, à moyen terme, à la mise en place de tramways par exemple.

Discutons enfin du sujet qui affole nos élus et les personnes aux « responsabilités ». La question financière. Et bien, nous l’affirmons, ce que nous défendons est possible. Il s’agit d’une volonté politique.

Le rapport de 2007 de la CAP (Communauté d’Agglomération de Poitiers) estimait à 18,3 millions d’€ le bénéfice total des transports en commun. Cela se divise entre les bénéfices liés aux ventes des billets (4,8 millions d’€) et les versements transports (12,2 millions d’€), soit 66,67% des recettes. Or, ce dernier chiffre pourrait augmenter si nous orchestrons une hausse du versement transport (taxe sur les entreprises). Lorsque la population dépasse 100.000 habitants, cette taxe est de 1,05% (c’est le cas dans la CAP). Mais la loi stipule une possibilité de passer à 1,8%, ce qui représenterait une augmentation des recettes considérables, grâce à la mise en place de zones propres pour les transports publics (tramways, couloirs réservés aux bus...). La gratuité permettrait aussi de faire des économies de papier sur les tickets. Elle permettrait également de remplacer les contrôleurs (policiers des bus) en personnes qui seraient là pour aider les gens à porter leurs affaires, à les diriger... etc.

Quoi qu’il en soit, (nous nous répétons mais) un débat doit avoir lieu. Il faut le mener. Les arguments de chacun doivent pouvoir s’exprimer sur la base des bilans (des élus) et des perspectives (des objectifs) de chacun. C’est de cette manière que nous parviendrons à construire des majorités sur des idées. Les Municipales représentent un véritable enjeu en ce sens. Nous espérons que les Jeunes Communistes vont continuer de défendre une politique pour les transports publics qui va dans le bon sens, même si nous la pensons, en l’état, globalement insuffisante.

Alexandre et Thomas.

Quelques bonnes lectures :

Liberté, Egalité, Gratuité : de bonnes infos ICI

Dans Inprecor, Michael Lowy ICI

Un court article du Monde sur Tallinn ICI


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