NPA 86

Situation politique à un an des Municipales et des Européennes.

jeudi 9 mai 2013 par redac-npa86

Situation économique et sociale en France et en Europe.

La crise s’aggrave, toutes les prévisions de retour de la croissance sont revues à la baisse. Partout en Europe aujourd’hui, le libéralisme est à l’offensive. Le sud de l’Europe, y compris la France même si c’est pour le moment moins radical, est victime de plans d’austérité plus durs les uns que les autres. La Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie sont asphyxiés par ces politiques qui ne permettent pas, qui plus est, de réduire les dettes des États. La seule conséquence lisible, c’est la détérioration du niveau de vie des populations. Les services publiques sont laminés, au même titre que le chômage atteint des niveaux records. Les jeunes espagnols fuient le pays, notamment vers le Canada, à la recherche d’une vie meilleure. La France commence à connaître ce phénomène. Cela est à mettre en parallèle avec les années 30 aux États-Unis et la conquête de l’ouest, et nous connaissons les tenants et les aboutissements de cette période.

En France, c’est clairement une politique en faveur des patrons qui est mise en place par le gouvernement. Le vote de l’accord national interprofessionnel (ANI) qui détruit le droit du travail, ou même le refus de voter l’amnistie sociale pour les syndicalistes, montrent quel genre de politique mène Hollande et le gouvernement Ayrault. Une politique qui n’a pas seulement le défaut de ne pas être de gauche, mais qui a également celui d’être de droite. Une politique qui mate le mouvement ouvrier, notamment les ouvriers de Goodyears qui luttent pour leurs emplois, et qui honore le patronat, avec la bagatelle de 20 milliards d’euros.

Dans le même temps, la crise écologique est terrifiante. Les politiques libérales la font grandir. Le gouvernement socialiste est à la limite de céder sur la question des gaz de schiste, et que dire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, projet phare du premier Ministre. Les socialistes au pouvoir ont un mépris assumé pour l’écologie. Mais leurs alliés écologistes au gouvernement ne valent guère mieux, puisqu’ils participent à un gouvernement totalement productiviste. Quoi qu’il en soit, la situation de ce côté-là n’est pas meilleure.

De toutes façons il est impossible de mener d’un côté une politique libérale pour ce qui concerne l’emploi, et de l’autre une politique écologique pour ce qui concerne les espaces verts. C’est bien là le fond du problème : il n’est pas possible de mener une politique écologique dans le capitalisme, même si des choix politiques écologiques d’urgences sont à prendre dès maintenant, notamment parce que ces derniers sont prioritaires, le maintien de la vie et de l’éco-système étant préalable à tout le reste.

Situation politique.

La situation politique peut se traduire par une course de vitesse entre l’extrême-droite et la gauche radicale. Le gouvernement est décrédibilisé et la droite traditionnelle, même si elle reste haute dans les sondages avec Sarkozy, est engluée dans des crises internes la paralysant et laissant une liberté aux idées de l’extrême-droite, jusqu’en son sein. La réalité, de plus, c’est que Sarkozy lui-même est couvert de casseroles et que sa popularité est due à une extrême-droitisation de son discours justement.

À gauche, le gouvernement menant une politique à l’encontre des attentes du plus grand nombre, est au plus bas dans les sondages. Ces derniers se targuent de gérer une situation compliquée, à cause de la droite qui les a précédé à l’exercice du pouvoir. Ils ont en partie raison, la situation est compliquée. Mais dans ce cas, pourquoi « gérer » un système en crise ? Pourquoi ne pas y mettre fin et tout reconstruire puisqu’ils ne sont pas responsables de la crise de la dette qu’a causé la droite ? La réponse est simple, c’est parce que les socialistes de la rue de Solférino n’ont absolument aucune envie d’en finir avec un système qu’ils cajolent, et ce, partout en Europe. Les socialistes, partout où ils ont été au pouvoir, en Grèce ou en Espagne par exemple, ont enclenché les plans d’austérités et menés des politiques identiques voir pires que celle de Sarkozy en France. Le PS français (et européen) est aujourd’hui, et depuis quelque temps, inféodé au dogme libéral. Il ne peut même plus être considéré comme social-démocrate, mais comme social-libéral. Son poids dans la classe ouvrière reste élevé, mais son implantation y est obsolète. Les militants sur le terrain n’existent plus. C’est devenu un parti assurément bourgeois.

La gauche radicale est toujours en recomposition. Électoralement, contrairement à ce que disent les membres du Front de Gauche, Mélenchon n’a pas véritablement fait décoller le score de la gauche du PS. En 2002 déjà, les scores additionnés de Besancenot, Laguiller, Buffet et des lambertistes dépassés les 11%. Ce que le FDG a réussi, en revanche, c’est à fédérer ces 11% derrière une seule candidature. Malheureusement pour nous, c’est derrière un programme réformiste qu’est né ce rassemblement. Mais il serait réducteur de limiter le FDG au réformisme puisque justement ce dernier est aussi le fruit d’un sillon commencé notamment par la LCR, c’est-à-dire des révolutionnaires. C’est en cela qu’un travail privilégié est à mettre en place en direction du Front de Gauche.

Le NPA sort de la séquence électorale amoindrit, surtout parce que nous perdons les subventions de l’État à la suite de notre mauvais score aux législatives. Mais la réalité, c’est que notre organisation, hors période électorale, a beaucoup de poids. Il n’y a qu’à voir les défilés du 1er Mai dernier où dans beaucoup de villes de France, le NPA était plus nombreux que tout le Front de Gauche réuni. Depuis son dernier Congrès, le NPA se reconstruit, améliorant son matériel comme le journal, le tract hebdo, et même tout simplement en améliorant sa lecture politique mêlant unité et indépendance en lieu et place d’une forme d’isolationnisme, dû notamment à la crise de direction qui nous détruisait.

Quelle alternative ?

C’est là qu’entre en jeu la question de l’alternative. Il y a un état d’urgence aujourd’hui lié à l’absence de luttes d’envergures, et qui laisse l’extrême-droite s’implanter un peu partout et pousser comme une alternative.

À Poitiers, puisque c’est là que je vis, la question de l’alternative politique est concrète. Une situation économique, sociale et écologique similaire au reste du pays. Une municipalité PS qui vire des familles de Roms de locaux publics, qui vend l’ancien Théâtre dans l’idée d’y construire des commerces, une politique des transports désastreuses en terme de prix et de desserve des quartiers populaires et du campus...

Dans ce contexte, comment envisager les futures Municipales ? La majorité gauche plurielle est déjà mise à mal puisque les Verts ont décidé de partir seuls. Les communistes de leur côté n’ont pas l’air d’accords entre eux et discutent toujours, prétextant l’écriture d’un programme préalablement aux discussions unitaires, pour le proposer ensuite aux autres (drôle de démarche unitaire).

Reste ensuite d’autres composantes à gauche. Notamment le NPA, le Parti de Gauche, la Gauche Anticapitaliste et les Alternatifs. Il y a une élue dans l’opposition de gauche à Poitiers. Elle est membre du NPA mais a été élu sur une liste unitaire « Pour une Alternative à Gauche » soutenue aujourd’hui par le NPA, la GA et les Alternatifs. Ces organisations, avec le PG, se retrouvent dans toutes les luttes et sur les mêmes mots d’ordres au niveau local. Il serait donc absurde de ne pas nous retrouver ensemble pour cette échéance électorale.

Mais au niveau national, le NPA doit adopter la même logique. C’est-à-dire appeler à la construction de listes unitaires partout où cela est possible, notamment quand des luttes unitaires existent préalablement, afin de donner une alternative politique à ces dernières. Par ailleurs, mais cela devra être discuté plus en détail dans toute l’organisation, des listes unitaires NPA/FDG aux Européennes semblent être indispensables, surtout que ces élections seront éminemment politiques et qu’une gauche radicale unie est plus que nécessaire. Surtout qu’il est aisé de se mettre d’accords sur les questions techniques au niveau des Européennes.

Mais continuons pour le moment le débat et l’unité dans la lutte, comme le 5 mai dernier, ou comme sur la question de Notre-Dame-des-Landes, où il est possible d’apporter à notre camp une victoire politique qui donnerait de l’espoir.

C’est un choix politique que le NPA défend dès lors, dans l’optique de la naissance d’une opposition de gauche unitaire à ce gouvernement d’austérité.

Alexandre Raguet.


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