NPA 86

En finir avec le sexisme et le patriarcat.

mercredi 31 juillet 2013 par redac-npa86

Article du Journal Prenons Parti N°3. (Version longue).

Depuis toujours on veut nous faire croire que l’homme serait supérieur à la femme. La religion y est pour beaucoup, les dieux des principales religions monothéistes actuelles étant tous masculins, et dans la mythologie judéo-chrétienne Eve n’est que le fruit de la cote d’Adam. Ce préjugé, qui s’est facilement inscrit dans les mentalités, doit être aboli et nous devons tous prendre conscience qu’il faut établir l’égalité entre les hommes et les femmes. Et non, le féminisme ne prône pas une domination vengeresse de la femme mais bien l’égalité.

Même si les femmes ont remporté des batailles, celles-ci sont loin d’être suffisantes. Quelques exemples de ces droits chèrement acquis :

  • les femmes ont pu voter pour la première fois seulement en 1945
  • à partir de 1965 la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l’autorisation de son mari
  • en 1974 l’IVG est autorisé
  • en 1999 la parité homme/femme doit être appliquée en politique.

Pourtant malgré ces avancées tardives, les femmes sont encore actuellement beaucoup moins représentées que les hommes, que ce soit en politique, dans les médias ou dans la vie professionnelle.

Par exemple à l’Assemblée nationale il y a seulement 27% de femmes et au Sénat 22%. Essaierait-on de nous faire croire que les femmes ne sont pas capables de s’occuper de politique ? La politique est l’affaire de tous ! Une femme avec des responsabilités ne doit plus etre vue comme castratrice : elle refuse juste d’etre cantonnée au role de "femme au foyer" que lui assignent ses congénères masculins.

De meme, dans le monde du travail, les inégalités perdurent encore et toujours. Le salaire des femmes est en moyenne inférieur de 27% à celui des travailleurs masculins, et cela ne risque pas de changer avec la crise qui les frappe plus durement que les hommes. En effet, ce sont les femmes qui sont le plus touchées par les licenciements, puisque ce sont elles qui bénéficient des contrats les plus précaires. De plus, le travail des femmes est encore vu par certain comme un complément accessoire au revenu d’un ménage et comme moins productif car - comprenez-vous - une femme est avant tout une mère et serait donc une employée peu fiable ! A cause de toutes ces foutaises machistes, le taux de chômage chez les femmes est supérieur à celui des hommes... Ainsi, les femmes sont de plus en plus incitées à retourner au foyer où elles réalisent 80% des tâches domestiques en effectuant l’entretien de la maison et l’éducation des enfants sans aucune reconnaissance, ni rémunération, ni droit à la retraite ! Tout cela alors que le travail est un moyen d’émancipation financière et sociale ! Ceci est un véritable retour en arrière.

De plus, ce sont encore les femmes qui sont les plus touchées par la casse du service public avec les fermetures de centre d’IVG - rendant l’accès à l’avortement complexe en écho à sa remise en question de plus en plus forte, de maternités, de centres d’accueils, de crèches etc...

Ainsi, la société capitaliste en totale symbiose avec le patriarcat ne fait que renforcer l’oppression des femmes. Elle creuse une fois de plus les inégalités pour mieux diviser car le principe même du capitalisme s’appuie sur l’antagonisme entre les êtres humains. La question du genre devient alors un ferment de plus de dissension dans la population afin de mieux asseoir la domination du Capital en divisant les travailleurs entre hommes et femmes. Et ce patriarcat ambiant aboutit à la violence sexiste : tant que les femmes ne seront pas traitées comme les égales des hommes, elles seront en butte à des agressions en tant que population dominée, et cela malgré les discours visant à minimiser le phénomène. Par exemple, prolifèrent sur internet et dans la rue des thèses comme quoi la violence conjugale ferait autant de victimes masculines que féminines, que dire le contraire serait, je cite, du « féminisme radical »... Soit, imaginons – même si l’effort demandé n’est pas des moindre – qu’ils ont raison, que les statistiques sur les violences sexistes et la place des femmes dans la société ne seraient que manipulations de "lobbies féministes" voulant se victimiser... Reste qu’en France durant l’année 2011, 84% des personnes ayant été tuées par leur conjoint restent des femmes, et que dans les 16% restant, la majorité étaient des hommes violents. Cela, on ne peut le nier. Tout comme on ne peut nier que chaque année en France plus de 95% des violeurs sont de sexe masculin et que plus de 90% des victimes sont de sexe féminin. Il serait tant de rappeler qu’un sourire, une alliance, une jupe, le simple fait d’avoir un vagin n’est pas une autorisation ! Non, c’est non ! Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même, en dépit de sa marchandisation publicitaire et pornographique dans la société. La femme n’est pas et n’a jamais été un objet. Elle n’a pas à être dominée, que ce soit dans la rue, au travail, ou à la maison. Pour cela il faut sortir des innombrables clichés tel que celui du fameux « instinct maternel » qui serait possédé par les femmes et les résument ainsi au rôle de mère hors de la sphère publique. De même, il faut arrêter de penser que les femmes subissant des violences domestiques sont des victimes « consentantes » : ceci est une méconnaissance totale des mécanismes de la persécution conjugale. Et surtout, il faut cesser de croire que ce types de violences à caractère privé ne nous concernent pas tous. C’est la société capitaliste elle-même qui les nourrit ! Et non, les féministes ne sont pas des « salopes » n’ayant pour but que la mise en place d’un matriarcat ! Ce sont « juste » des femmes qui en ont assez d’être mises sur la touche, de devoir sans arrêt se démener pour être reconnues comme l’égal des hommes, de voir que l’harcèlement sexuel au travail, le viol et les violences conjugales restent banals. Assez de compter les victimes ! Il faut faire évoluer les mentalités rapidement et en finir avec ce patriarcat qui fait le jeu du capitalisme. Pour cela, il est impératif de mettre en place une politique sociale concrète sur-le-champ, d’arrêter de se contenter des jolis discours et fausses promesses de nos dirigeants de « gôche » ! Nous exigeons des mesures immédiates, comme :

  • des campagnes d’information et de sensibilisation au sexisme auprès de toute la population et cela dès l’école,
  • un service public d’accueil, d’hébergements d’urgence puis de logements pour les femmes – et leurs enfants – victimes de violence,
  • la mise en place d’une écoute pour les femmes victimes de violences misogynes – le numéro 3919, pas assez connu, est une bonne chose mais il reste insuffisant puisqu’il est réservé aux violences conjugales,
  • la formation obligatoire pour la prévention et la prise en charge des violences faites aux femmes de toutEs les professionnelEs concernéEs.

Ensemble, proclamons que toute forme de discrimination et de violence – verbale, économique, psychique et physique – envers les femmes est condamnable. Doublement même car, d’une part, comme toute attaque gratuite envers autrui, elle est inacceptable, et d’autre part, elle est le paroxysme du sexisme, entretenu par le capitalisme, qui divise la population en deux. Il est temps de sortir de notre aveuglement en retirant nos œillères. Tout simplement, arrêtons de nous taire, arrêtons de subir sans rien faire ! Réclamons l’égalité de tous et toutes !

E.S et M.L


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