NPA 86

Dossier : la jeunesse au coeur de notre projet d’émancipation.

vendredi 25 octobre 2013 par redac-npa86

Prenons Parti n°4, septembre/octobre 2013.

 Des logements écologiques et gratuits.

Poitiers est la ville de France où le nombre d’étudiants est le plus important proportionnellement à la population. Ils représentent environ 20% des habitants. La ville de Poitiers doit donc être capable de tous les accueillir dans de bonnes conditions. Actuellement à Poitiers, il y a assez de toits pour tout le monde mais le prix des loyers est un frein pour les jeunes qui sont en grande partie sans revenu. En effet, cumuler études et emploi n’est pas favorable à la réussite scolaire.

C’est pour cela que nous voulons mettre en place un véritable service public du logement étudiant qui permettrait aux étudiants de se loger gratuitement en restant proche du campus et du centre-ville (avec un nombre de navettes beaucoup plus important).

De plus il faudrait réquisitionner tous les logements vacants et entamer une réelle rénovation des habitations, notamment en ce qui concerne l’isolation qui n’est pas suffisante et qui actuellement est un facteur du gaspillage d’énergie. Il y a donc des emplois à pourvoir dans ce domaine !

Le logement cher, c’est le résultat des politiques néo-libérales, alors imposons une autre politique ; car, nos vies valent plus que leurs profits.

 Des transports en commun gratuits pour tous !

Une urgence sociale : Avec la crise économique actuelle, notre pouvoir d’achat ne cesse de baisser et les jeunes en sont les premières victimes. Qu’ils soient étudiants, chômeurs ou travailleurs, ils sont nombreux à ne pas avoir un budget suffisant pour payer une voiture et l’essence ; sans oublier ceux qui ne peuvent pas conduire. Il est donc nécessaire que tout le monde puisse se déplacer sans se ruiner. Il faudrait également développer de nouvelles lignes (ce qui créerait des emplois) pour désenclaver les quartiers populaires et rendre le centre-ville plus accessible, mais également favoriser les échanges entre la fac, le lieu de travail, les lieux culturels, sportifs etc... Les transports en commun doivent donc être publics et gratuits afin de répondre aux besoins réels de la population, de garantir l’égalité d’accès à tous et de permettre le contrôle de gestion et d’amélioration des services.

Une urgence écologique : En France, les transports sont la première cause d’émission de gaz à effet de serre (35% et 37% à Poitiers). Mais en plus de détruire l’environnement, nous détruisons également notre santé. Cela se traduit par une augmentation des maladies respiratoires et cardio-vasculaires. Si chacun pouvait prendre les transports en commun, nous diminuerions considérablement le nombre d’accidents, la pollution, les embouteillages et nous gagnerions du temps dans nos déplacements.

Un financement réalisable : Se déplacer en bus gratuitement n’est pas une utopie car ce projet existe déjà dans plusieurs villes de France mais également dans des capitales d’État comme à Tallinn en Estonie. Le financement pourrait être assuré en grande partie par une contribution plus importante des entreprises et par un choix politique d’investissement des collectivités territoriales, de l’État et de l’Europe, sans pour autant augmenter les impôts.

Manon Labaye

 Pour une Université de l’égalité et de l’émancipation pour toutes et tous.

C’est un fait, les gouvernements successifs des 10 dernières années pratiquent une politique de la surenchère dans la déstructuration de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Aujourd’hui, les universités françaises jonglent avec leur budget et n’hésitent pas à fermer des filières juger peu rentables, à mutualiser ou à diminuer les heures de cours et voire même à pratiquer une sélection des étudiants de première année. Et ceci n’est pas près de s’arrêter avec la loi Fioraso1 qui poursuit la décentralisation des universités françaises – instaurée par LRU2 – et le désengagement de l’État. De plus cette loi va détériorer directement les licences et les masters, en donnant la possibilité aux facultés de modifier leurs plaquettes chaque semestre – ce qui va enlever toute continuité aux cursus – et en regroupant de nombreuses filières dont les spécialités – si elles perdurent – ne seront plus que des mentions. Les diplômes risquent de devenir des coquilles vides, sans véritable contenu. Tout cela, au nom de l’amélioration du taux de réussite universitaire ! Mais, en réalité, cela fait le jeu du patronat en créant de futurs employés plus malléables et plus uniformes, dont la valeur des diplômes fluctuera selon l’université d’obtention. La compétitivité est désormais instaurée entre les facultés, déjà auparavant en lice avec les Grandes Écoles.

L’égalité s’éloigne un peu plus, le capitalisme avance. Et on a du mal à comprendre comment le problème de l’échec universitaire, dû principalement au manque d’accompagnement des étudiants dans leur scolarité et à la nécessité pour une grande majorité d’entre eux – boursiers compris – de travailler pour financer leurs études, sera résolu avec de telles mesures.

De leur côté, les CROUS3 ont mis en place un véritable flicage des étudiants boursiers après avoir diminuer les bourses par un discret changement du mode de calcul. Les « boursiers » sont ainsi discriminés et les inégalités se creusent encore un peu plus. De plus, le prêt étudiant se banalise. Nous réclamons donc une allocation d’autonomie pour tous les étudiants afin qu’ils puissent tous vivre dignement et se concentrer sur leurs études.

À Poitiers où 1 habitant sur 5 est étudiant, l’Université est au centre de la vie des citoyens. Comme partout , être étudiant rime souvent avec précarité. L’épicerie solidaire ouverte sur le campus est une bonne initiative mais elle est insuffisante. C’est même « un arbre qui cache la forêt » puisqu’elle ne concerne que 50 étudiants et, comme son nom l’indique, ceux-ci doivent tout de même payer pour manger, payer avec un revenu qu’ils n’ont pas. Un repas gratuit par jour pour chaque étudiant ne serait donc pas de trop, surtout quand les RU4 ne font qu’augmenter leurs prix. Et heureusement qu’à Poitiers, louer dans le secteur privé est relativement peu cher : même les étudiants boursiers n’ont pas tous accès aux logements du CROUS. De plus, la parole des étudiants pictaviens est peu respectée au sein de la vie universitaire. Par exemple, les procurations de leurs élus ne sont pas prises en compte lors des conseils d’administration estivaux... Conseils où l’on traite des plaquettes des filières qui déterminent les cours dispensés l’année suivante. L’Université pictave n’échappe d’ailleurs pas à la règle générale : de nombreuses filières sont menacées de fermeture, de plus en plus de cours sont mis en commun entre des filières différentes. Et si les frais d’inscription sont restés raisonnables depuis la LRU, combien de temps cela va-t-il encore durer ?

Déjà, des restrictions ont eu lieu pour certains budgets dits « annexes » (l’attribution de bourses pour ses étudiants Erasmus, le financement des associations culturelles, etc). En tout cas, la loi Fioraso avec ses diplômes « fourre-tout » et sa régionalisation des universités ne va rien arranger. La situation des enseignants-chercheurs se résume quant à elle à « publier ou périr »... Les cours en sont moins bien préparés et peu renouvelés. Le capitalisme a donc étendu ses tentacules jusqu’aux universités, la rentabilité y prime désormais sur la qualité et l’égalité. Pourtant, leur rôle est d’améliorer et de transmettre les connaissances, de former – et non de formater – les étudiants et toute la population. Nous devons donc absolument stopper la dégradation de l’enseignement et de la recherche. Ne les laissons pas se transformer en marchandise !

Emmanuelle S.


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