NPA 86

Réaction à la « rectification » de la police dans la NR du 8 octobre.

mercredi 9 octobre 2013 par redac-npa86

Les lecteurs de la Nouvelle République et de Centre-Presse dans la Vienne ont pu être interpellés par deux articles publiés les 7 et 8 octobre, concernant une manifestation de l’extrême-droite, une contre-manifestation (en face) et la répression qu’a exercé la police sur la contre-manifestation.

Le premier article (du 7 octobre) relate les faits (l’article en question). Pour en savoir un peu plus, vous pouvez également lire le communiqué du NPA86 en entier (Communiqué NPA86).

Sauf que cela n’a pas du plaire à la police qui a envoyé des « précisions » à la presse, qui a donc rectifié le tire : article du 8 octobre

Revenons donc sur les « précisions » de la police.

Alors que la presse a précisé justement que la police « fait la chasse aux rassemblements non-déclarés », cette dernière (la police) se justifie en citant une loi : « La loi impose que les cortèges, défilés, rassemblements de personnes et, d’une façon générale toute manifestation sur la voie publique soient préalablement déclarés par leurs organisateurs. En l’occurrence, le rassemblement qui s’est organisé le 1er octobre dernier face au palais de justice de Poitiers n’était pas déclaré à l’autorité administrative contrairement à celui des veilleurs. » Certes, une telle loi existe, sauf qu’il faut déclarer les manifestations 72H avant qu’elles aient lieu et que les contre-manifestants ont appris la présence de l’extrême-droite le jour-même. Il était donc impossible de déclarer le contre-rassemblement.

Autre chose à rectifier, ou du moins à expliquer, parce que la police ne le fait évidemment pas, elle cite sans se renseigner : « De surcroît, certains participants avaient le visage masqué. C’est en application de l’article R645-14 du code pénal qui interdit la dissimulation volontaire du visage au sein d’une manifestation faisant craindre des atteintes à l’ordre public que plusieurs d’entre eux ont été conduits au commissariat. ». En effet, mais pourquoi certaines personnes se sont cachées le visage ? Bonne question, non ? Réponse simple, parce que les militants d’extrême-droite, peu connus pour leur tendresse, ont essayé de les prendre en photo. Et pour quelles raisons faisaient-ils cela ? La police s’y intéresse-t-elle ?

La police encore : « Chacun sait enfin, depuis 2009, à quelles dérives peuvent conduire les manifestations non déclarées, qui plus est lorsqu’elles sont conduites par des individus masqués. ». On croit rêver... « Chacun sait », les forces de l’ordre n’essayent-elles pas plutôt de faire passer un de leur désir pour une réalité ?

Interrogeons-nous aussi : Y a-t-il eu des violences lors du rassemblement en la mémoire de Clément Méric ? Aux manifestations poitevines en faveur du mariage pour tous ? Aux Couronneries, suite à l’invasion de la Mosquée en octobre 2012 ? Durant les différents rassemblements pour la défense du théâtre ? Non, à aucun moment, pourtant, ces rassemblements n’étaient pas déclarés...

Il est d’ailleurs à noter que 90% des manifestations qui tournent mal se trouvent être des confrontations avec... la police (souvent après des provocations de cette dernière). C’est pour cela que la dernière phrase : « La police nationale, garante de l’exercice effectif des libertés publiques selon le principe posé par l’article 12 de la déclaration des Droits de l’Homme du 26 août 1789, ne fait pas "la chasse aux rassemblements". Elle applique tout simplement la loi républicaine, essentielle pour protéger les droits civiques. », a au moins le mérite de faire sourire...

Personne à ce contre-rassemblement ne souhaitait en découdre, mais bien faire entendre un autre son de cloche à l’ignominie qui s’exprimait librement sur les places du Palais de Justice.

Que la Police cherche à faire passer les militants pour des personnes violentes n’est qu’une continuité de la politique de répression qui est en œuvre. Encore une preuve démontrant à celles et ceux qui en doutaient encore, que la Police n’est pas « neutre ».

Mais l’heure n’est pas à tomber dans le petit jeu d’un affrontement permanent avec elle : l’urgence est de faire prendre conscience à la majorité des travailleurs et des jeunes qu’il faut reprendre le chemin de la rue, contre ce gouvernement et contre l’extrême-droite, par millions, sans demander l’avis à personne. C’est bien lorsque nous ferons cela que la Police arrêtera de nous réprimer. Tout est rapport de force, y compris pour des libertés primaires comme le droit au rassemblement.

Ne les laissons pas nous faire passer pour des terroristes, mobilisons-nous massivement.

AR.


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