NPA 86

Lampedusa : "l’Europe préfère laisser mourir que laisser entrer."

dimanche 13 octobre 2013 par redac-npa86

Ce qui se passe actuellement à Lampedusa, ville italienne au large de la Tunisie, est une honte et une tragédie sans nom.

25km² de militarisme extrême, où un bateau, contenant de 400 à 500 migrants, en provenance de Lybie, avec des personnes chassés de leur pays d’origine par les conflits ou la misère : ainsi en est-il des Somaliens, Ethiopiens, Soudanais et Tunisiens, souvent originaires de la région sinistrée et férocement réprimés dans le Bassin Minier.

130 morts et d’autres sauvés. Les pêcheurs, agissant sous l’influence d’une conscience une peu trop développée aux vues de l’Union Européenne. Politiques pour qui le contrôle de l’immigration est traité de manière de plus en plus drastique, contraignant les bateaux à emprunter des chemins de plus en plus longs et dangereux.

Les « interceptions » sont pratiquées par la mission Frontex, à laquelle participe la France, les financements de l’UE au développement sont prétexte au contrôle des flux migratoires des pays du sud.

Depuis février dernier, la situation s’enflamme. Le mot est faible sachant que c’est en date d’un incendie de révolte accompagné de suicides dans le centre de l’île. Une révolte populaire suite aux décisions de 2009 consistants en l’établissement d’un centre d’identification et d’expulsion ainsi que l’allongement de 3 à 6 mois de la durée de la rétention.

Décisions influencées par les coups de coudes italo-tunisiens, complices pour le rapatriement des expulsés tunisiens. Les provocations avaient débuté avec le blocage des migrants, en violation des conventions internationales qui engagent l’Italie car cela donnait lieu soit à des expulsions collectives, illégales, soit au maintien sur l’île dans des conditions juridiquement inadaptées.

La préfète de l’île confie en off que ce qui se passe à Lampedusa est « anormal ».

Au caractère dégradant des conditions d’accueil (manque d’hygiène, froid, surpopulation) s’ajoute l’illégalité en raison de l’absence d’avocats et de tribunaux sur l’île.

Le droit d’asile y est perpétuellement bafoué : délais et conditions d’attentes non respectés, droit au recours entravé, accès à la procédure compliqué, sans compter les atteintes aux droits individuels.

Les ressortissants tunisiens sont victimes de discrimination, stigmatisation pour cause d’un renforcement de la collaboration Italo-Tunisienne. Ils subissent les menaces et les négations du caractère politique de leur exil. Nombre d’entre eux choisissent de ne pas faire de demande d’asile par crainte de représailles familiales et d’incarcérations à leur retour. Car en Tunisie on considère la tentative de sortie illégale du territoire comme un délit

Le parlement ayant rejeté la prolongation de la rétention, les réfugiés doivent être libérés. Le coût de cette libération s’élève à 53 millions d’euros, ce qui signifie l’échec de la politique italienne d’enfermement.

Le 4 mai doit s’ouvrir à Agrigente le procès de 7 pêcheurs inculpés de « favoriser l’immigration clandestine » pour avoir sauvé la vie de migrants en mer.

Le message est indécemment clair : l’Europe préfère laisser mourir que laisser entrer.

Il est vital de saisir l’opportunité des élections européennes pour mettre la protection des droits des réfugiés au cœur de la réflexion.

Il fait mauvais être altruiste dans les pays européens, AmiEs de Lampedusa, Révoltez-vous ! Car, ici, une nationalité vaut plus que la vie d’un Homme...

Fièrement et ouvertement tiré du communiqué national du NPA.

Franck MALVAROSSA


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