NPA 86

Pourquoi faut-il en finir avec le nucléaire ?

mardi 14 janvier 2014 par redac-npa86

Article tiré du journal "Prenons Parti" N°5. (Version longue)

Qu’est-ce que le nucléaire ?

L’énergie nucléaire se produit au cœur d’un réacteur d’une centrale lorsqu’un neutron percute un atome d’uranium. Le noyau de l’atome d’uranium absorbe le neutron puis éclate en 2 parties pour libérer de l’énergie sous forme de chaleur. L’eau qui est située dans le générateur devient alors de la vapeur. C’est cette vapeur qui créé de l’électricité en actionnant des turbines qui elles-mêmes créent un courant électrique. La vapeur redevient ensuite de l’eau à l’aide d’un condenseur qui utilise de l’eau située à proximité de la centrale (mer, fleuve...).

Quels sont ses dangers ?

On nous fait croire qu’il n’y a rien de plus sûr que le nucléaire, qu’il n’y a aucun risque d’accident. Cependant, un incident se produit en moyenne toutes les 16 heures, ce qui est bien plus élevé que ce que l’on nous dit à propos de la sûreté. A savoir que la France est le pays le plus nucléarisé (proportionnellement aux nombre d’habitants) avec 58 réacteurs. Un danger pour l’environnement et pour l’Homme

Pour produire de l’énergie, une centrale nucléaire utilise plusieurs sortes de substances radioactives qui deviennent des déchets non-recyclables que l’on stock un peu partout sur les 1100 sites français et qui sont la plupart du temps enfouis dans le sol. De plus, toutes les centrales rejettent de la radioactivité qui pollue l’eau et l’air et que l’on retrouve de fait dans notre chaine alimentaire. Ainsi des millions d’hectares se retrouvent contaminés et deviennent inexploitables. De nombreux risques ont été mal pris en compte tels que la surchauffe en cas de canicule, la protection en cas d’attentat ou encore la sûreté des installations en cas de séisme. L’impact le plus grave si un accident nucléaire a lieu est évidemment la mort. Néanmoins même de « petits » incidents peuvent dégrader notre santé : irradiations (brûlures radioactives), cancers de la thyroïde, leucémies, malformations... Des milliers de personnes ont été victimes des essaies nucléaires menés par la France en Polynésie et au Sahara. C’est la cas également des ouvriers qui sont exploités par Areva au Gabon et au Niger pour extraire de l’uranium dans des zones où la radioactivité est très élevée. Des conditions de travail déplorables

En France il y a environ 22000 personnes qui travaillent dans l’industrie nucléaire. 22000 personnes exploitées par la société capitaliste ! Ces travailleurs qui font le tour de France des centrales nucléaires doivent dormir dans des caravanes ou dans leur voiture car on ne leur donne pas les moyens de vivre décemment. Ils ne vivent pas dans de bonnes conditions, ce qui logiquement a des répercussions sur leur travail. On leur demande de travailler toujours plus et toujours plus vite en bâclant les règles de sécurité et en mettant en péril leur santé et la sûreté nucléaire. Par exemple pour pouvoir entrer dans le générateur en cas de réparation, il faut une combinaison spéciale. Mais il faut plus d’une heure pour la mettre correctement ! Étant poussés à aller toujours plus vite, certains employés ne prennent même plus le temps de s’équiper de cette combinaison et se retrouvent donc exposés à un taux de radiation nettement supérieur à la normale. Les travailleurs du nucléaire ne mettent pas seulement leur santé en danger mais celle de l’humanité toute entière. On nous fait croire que les centrales sont sûres mais c’est loin d’être le cas ! Les employés chargés de vérifier le bon fonctionnement des centrales sont corrompus par des grands groupes comme EDF ou Areva. Entreprendre des réparations dans une centrale nucléaire a un coût. Dans la société capitaliste où le profit est roi, il n’est pas question de perdre de l’argent ! Les employés doivent donc fermer les yeux sur le mauvais état de certaines centrales. Il est très clair que nous courrons un risque permanent tant que nous restons dans l’ère nucléaire et dans une société capitaliste.

Que reste-t-il de la catastrophe de Fukushima ?

Personne n’a oublié la catastrophe nucléaire de Fukushima qui a eu lieu au Japon il y a maintenant 2 ans et demi. Un séisme de magnitude 9 avait provoqué un tsunami qui entrainé l’arrêt automatique des réacteurs et le déclenchement des groupes électrogènes. Mais ces groupes électrogènes sont tombés en panne ce qui a causé l’arrêt des systèmes de refroidissement des réacteurs ainsi que ceux des piscines de désactivation des combustibles irradiés. Depuis cet accident de mars 2011, ce sont plus de 300 tonnes d’eau contaminée dues aux fuites radioactives qui se déversent chaque jour dans l’océan et dans les nappes phréatiques. En aout 2013 une situation d’urgence a été déclarée par l’autorité de régulation nucléaire japonaise. Cette situation devient complètement ingérable, car il est impossible de contenir la radioactivité et aucune solution valable n’a été trouvée. Tepco (exploitant de la centrale) tente tant bien que mal de gérer la surchauffe des réacteurs de Fukushima avec beaucoup de difficultés. L’eau contaminée qui a servi au refroidissement des réacteurs est stockée dans des centaines de réservoirs construits à cet effet. Mais le volume ne cesse d’augmenter et le système de décontamination de l’eau tombe régulièrement en panne.  Outre la catastrophe sur le plan humain, c’est un véritable désastre écologique que nous vivons depuis plus de 2 ans et qui n’est pas prêt de se terminer.

Et la centrale de Civaux dans tout ça ?

Dans la Vienne non plus nous ne sommes pas à l’abri d’un accident nucléaire. En effet, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a récemment classé la centrale de Civaux parmi les plus dangereuses de France du à une mauvaise application de règles de sécurité. Rien qu’en 2012, 35 incidents ont été déclarés à Civaux ! Rassurant n’est-ce pas ?! Toutes sortes de problèmes ont lieu dans cette centrale. Voici quelques exemples :

  1. Pendant les périodes de sécheresses il n’y a pas assez d’eau pour pouvoir refroidir les réacteurs.
  2. Certaines parties de la centrales sont usées et laissent s’échapper du tritium qui s’écoule dans les nappes phréatiques.
  3. En juin dernier, 12 salariés ont du être évacués suite à une irradiation. Plusieurs d’entre eux ont été touchés par une dose de radioactivité.
  4. La centrale n’est pas aux normes en cas de séisme alors que nous sommes dans une zone où il n’est pas improbable d’avoir des tremblement de terre. Nous en avons la preuve car un séisme de magnitude 3,1 a lieu le 10 septembre dernier dans la Vienne. Heureusement celui-ci n’a pas provoqué de dégât mais nous ne devons pas attendre qu’une autre catastrophe comme celle de Fukushima se produise.

La sortie du nucléaire est possible et nécessaire !

Stopper le gaspillage d’énergie

Si l’on veut sortir du nucléaire, il faut remettre en question notre mode de vie et notre consommation d’énergie. Il y a beaucoup trop d’énergie utilisée par rapport aux besoins. Bien sûr chaque personne doit faire attention au gaspillage (bien éteindre la lumière quand on change de pièce etc...) mais en grande partie ce sont les entreprises et les commerces qui arrivent en tête de la course à la consommation inutile. Pourtant il y a des solutions toutes simples. Il faudrait commencer par éteindre les vitrines des magasins lorsque ceux-ci sont fermés, de même pour les ordinateurs et appareils électriques dans les bureaux, mettre en place une meilleure isolation des bâtiments, supprimer les panneaux publicitaires lumineux, favoriser les transports en commun (qui doivent alors être accessibles à tous, donc gratuits).

Développer les énergies renouvelables

Comme vous pouvez le constater , le nucléaire n’est pas une bonne solution, d’autres façons de produire de l’énergie existent : L’énergie solaire : chaque année le soleil fournit 15000 fois plus d’énergie que la consommation mondiale. Il pourrait donc subvenir à nos besoins si nous l’exploitions correctement. Nous devons développer le solaire photovoltaïque et le solaire thermique. Cette énergie n’est pas polluante, est inépuisable, sans danger et rentable. La biomasse : elle est stockée dans la matière qui constitue les êtres vivants et c’est en brûlant cette matière que l’on peut produire de l’énergie. Par exemple si l’on met dans un lieu fermé et chauffé des bouses de vache ou des déchets organiques, un gaz se dégage et celui-ci peut être transformé en énergie. L’énergie éolienne : une grande partie du territoire est exposé au vent, alors pourquoi ne pas profiter des avantages qu’il nous apporte ? La force du vent peut elle aussi devenir de l’énergie grâce aux éoliennes qui sont non polluantes, de plus en plus silencieuses et sans danger pour les oiseaux. L’énergie hydrolienne : elle fonctionne sur le même principe que les éoliennes mais en étant sous l’eau, en utilisant les courants marins qui actionnent des turbines. Ces dernières sont peu dangereuses pour les poissons (beaucoup moins dangereuses qu’une hélice de bateau). L’énergie hydraulique : elle consiste à utiliser la force de l’eau et la transformer en énergie en utilisant des barrages qui respectent l’environnement. La géothermie : elle consiste à utiliser la chaleur de la Terre pour produire de l’énergie. On envoie de l’eau froide dans des tuyaux qui passent sous terre. L’eau devient chaude grâce à la chaleur naturelle de la Terre. Cependant il ne faut pas en abuser car un puits géothermique produira de moins en moins de chaleur à force de l’utiliser. Sortir du nucléaire en 10 ans et sans perte d’emploi, c’est possible !

L’argument rabâché par les pro-nucléaire pour ne pas en sortir est celui de la perte d’emploi. Là aussi on nous ment ! Au contraire des emplois en plus seraient créés. Tout d’abord il faudrait démanteler les centrales ce qui prendrait plusieurs décennies. Dans le même temps des milliers d’emplois seront nécessaires dans le domaine des énergies renouvelables (l’Allemagne a créé plus de 100000 emplois pour développer l’énergie éolienne). Mais nous ne voulons pas d’emplois précaires comme c’est le cas aujourd’hui. Il faut mettre en place de véritables mesures en matière d’emploi, garantissant à chacun un CDI, pas un salaire en dessous de 1700 euros net, sans oublier la retraite à 60 ans à taux plein.

Il nous faut abandonner la logique du profit et sortir du capitalisme et adapter notre production en prenant en compte les besoins de la population., exproprier les grands groupes privés et les remplacer par un monopole public de l’énergie géré par les salariés et les usagers.


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