NPA 86

Comprendre le travail comme déterminant l’ensemble de la société.

vendredi 27 décembre 2013 par redac-npa86

Dossier concocté par Aurore Verhaeghe et Alexandre Raguet pour le journal "Prenons Parti" n°5.

Le travail est à la fois un acte créateur et un instrument d’aliénation. Dans les sociétés capitalistes il est le moyen de créer de la richesse, par l’exploitation du travailleur qui n’est pas rémunéré à la hauteur de ce qu’il produit. La différence entre la richesse produite et le salaire s’appelle la plus-value. Cette différence, produite par les travailleurs donc, rentre directement dans les poches des patrons, il s’agit alors d’un travail gratuit, nous pouvons même considérer qu’il s’agit d’un vol.

Pourtant le travail est indispensable pour faire fonctionner une société. Mais de quel travail parlons-nous ? Il ne s’agit pas de confondre exploitation et travail. Le travail peut également être un outil de fierté, d’épanouissement personnel et collectif, de solidarité...

Ce que nous refusons :

Le capitalisme c’est l’exploitation, la misère, la destruction de la planète. Prenons quelques exemples concrets : bas salaires, précarité, surmenage, stresse, suicides, licenciements, discriminations (entre hommes et femmes, français et immigrés), pollution (nucléaire, industrie automobile, consommation des énergies fossiles...).

En fait, ce système fait passer la logique du profit avant celle des besoins des populations. Pourquoi ? Parce que les moyens de production, que ce soit en terme de services ou dans l’industrie (locaux, machines, voitures de fonction...), sont détenus par une minorité de personnes que l’on appelle patrons, bourgeois, riches... A partir de ce constat, nous comprenons bien qu’il y a des intérêts divergents entre ceux qui travaillent et ceux qui détiennent les moyens de production, les premiers travaillant pour survivre, les autres exploitant pour s’enrichir.

Même dans la fonction publique aujourd’hui le fonctionnement est calqué sur celui des entreprises privées : casse du droit du travail, attaques sur le système de retraites, stagnation des salaires (alors que les bénéfices augmentent), hausse des cadences...

Les victimes les plus touchées avec ce système sont essentiellement les femmes et les jeunes. Même si les seniors sont loin d’être épargnés et que les retraités souffrent d’avoir des pensions bien trop maigres. La différence de salaire entre un homme et une femme reste impressionnante (25% de moyenne en moins pour une femme), chiffre d’autant plus inadmissible lorsque l’on sait que c’est la femme qui accomplit – toujours en moyenne - 80% des tâches ménagères (où elle produit du travail gratuit). Les étudiants eux sont contraints, dans nombre de cas, de travailler en plus de leurs études. Cela pose plusieurs problèmes : fatigue, exploitation encore plus forte (mauvaises horaires, conditions de travail déplorables, salaires minables...), difficultés à suivre les études. En plus, un élève boursier n’a pas le droit à une dispense d’assiduité qui lui permettrait de travailler...

La liste de ce qui ne va pas avec le système capitaliste est encore longue mais les exemples ci-dessus nous démontrent bien que le problème vient de l’essence même du système et que des réformes ne suffiraient pas à changer le monde. Il faut donc le détruire, le remplacer et en construire un nouveau tous ensemble.

Ce qu’il faut imposer :

Le travail que l’on souhaite met au centre des préoccupations le travailleur, les besoins des populations et la nature. Il s’agit quasiment de l’inverse du capitalisme.

Par exemple, nous souhaitons que le travail accomplit soit systématiquement un travail souhaité. Il ne s’agit pas de forcer les gens à faire des tâches qu’ils n’aiment pas ou du moins pas durant toute une vie. De plus, les décisions doivent être prises collectivement, c’est pour cela que nous défendons l’autogestion dans les entreprises afin que les travailleurs décident eux-mêmes de ce qu’il y a à faire, quand, et de qui le fait.

Sur la question relative à l’emploi, nous pensons qu’il faut avant tout répondre aux besoins du plus grand nombre. Cette logique permet de créer des centaines de milliers d’emplois : pour les transports collectifs, la santé, l’éducation, l’aide à la personne... Autre mesure qui créerait de l’emploi et qui améliorerait la vie des gens : la réduction du temps de travail jusqu’à l’éradication du chômage. Dans l’urgence, il faudrait descendre à 32H hebdomadaires. Cette réduction du temps réservé au travail permettra aux gens de faire autre chose que de travailler, comme militer, passer du temps en famille, faire du sport, aller au théâtre (ou se battre pour garder l’ancien théâtre de Poitiers...).

Il faudrait également imposer une augmentation urgente de tous les salaires d’au moins 300€ et un SMIC à 1700€ net. Évidemment, avec une totale égalité entre tous les travailleurs et travailleuses accomplissant la même tâche. Les jeunes doivent pouvoir bénéficier d’une allocation d’autonomie qui puisse leur permettre de vivre dignement. Cela est indispensable afin qu’ils puissent mener leurs études dans les meilleures conditions. À cette allocation s’ajouteraient un repas gratuit par jour (dans les Restaurants Universitaires) ou encore la gratuité des transports en commun.

La gratuité des transports en commun, justement, est là encore une mesure d’urgence. Elle permet de mêler à la fois les exigences sociales et écologiques. Une mesure sociale parce qu’elle diminue les dépenses des personnes, crée de l’emploi... Une mesure écologique parce qu’elle vise à la diminution massive des voitures dans les villes et donc des émissions de gaz à effet de serre.

Mettre en place un autre modèle démocratique, basé sur l’autogestion. Développer un nouveau modèle économique, afin de répondre aux besoins du plus grand nombre et non aux profits de quelques uns. Protéger l’environnement en sortant du productivisme, de la société de consommation et de la publicité, et en impliquant les populations dans les choix concernant nos territoires. Pour ce faire, il faut en finir avec le capitalisme et avec l’État qui le défend. Des réformes peuvent aller dans le bon sens et nous en défendons d’ailleurs. Mais elles ne sont pas suffisantes pour construire une autre société, juste, écologique et solidaire.

AR & AV.

POITIERS, ville où 25% de la population est étudiante, cela donne de fait un fort taux de précarité, car n’oublions pas que cette dernière touche d’avantage les jeunes, même si elle reste relative à l’ensemble de la société.

Les emplois précaires englobent : les CDD, les intérims, et les mi-temps, soit trois catégories de contrats essentiellement pourvues chez les étudiants.

Bien que les étudiants disposent de bourses, elles ne sont souvent pas suffisantes pour subvenir aux besoins quotidiens. 469,70€. C’est ce que touche un étudiant boursier lorsqu’il est à l’échelon 6 (le maximum). Il s’agit donc du plafond maximum pour les bourses sur critères sociaux. Les échelons inférieurs touchent donc moins, jusqu’à 0€ pour l’échelon 0, alors que l’étudiant est tout de même perçu comme boursier (il ne paye pas l’inscription à l’université).

Avec de telles sommes, impossible de vivre correctement. Tout en sachant qu’un étudiant boursier ne peut obtenir de dispense d’assiduité sous peine de perdre sa bourse.

Bien souvent l’échec scolaire est dû à un partage entre études et emploi, emploi pas toujours valorisant (MacDonald, cantine, ménages). Ces boulots sont difficiles et précaires parce qu’ils sont peu rémunérés mais aussi parce que les conditions de travail y sont souvent déplorables.

La Mairie de Poitiers aussi exploite les jeunes !

La Mairie de Poitiers embauche des jeunes pour s’occuper des enfants dans les écoles le midi à la cantine mais aussi à d’autres périodes de la journée.

Une employée/étudiante témoigne pour « Prenons Parti ».

« L’année dernière je travaillais 1H30 par jour, 4 fois par semaine payé au SMIC horaire. Les conditions : au début de l’année scolaire on était 2 pour 24 élèves de moyenne section. Sachant qu’avant que j’arrive ma collègue était seule... On a attendu janvier pour être 3. On avait 30 min. pour faire manger les enfants et on se faisait souvent reprendre parce qu’on devait emmener les enfants à 11H45 à la cantine alors qu’on embauchait à cette heure-là. De plus, on débauchait souvent en retard avec des heures sup’ non-payées. »


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