NPA 86

Nouvelles de Côte d’Ivoire.

mardi 24 décembre 2013 par redac-npa86

Tiré du journal "Prenons Parti" n°5.

« Le miracle ivoirien » ! « Le retour de la locomotive ivoirienne tire la croissance de l’UEMOA[1] vers le haut » ! Voici quelques titres que pourraient reprendre la presse économique sur la situation de ce petit état d’Afrique de l’ouest. Mais comme souvent les chiffres masquent la réalité. Cette réalité semble s’enfouir dans un fossé et se terrer sous la propagande de la bien-pensance internationale. Cependant, comme a pu le dire Léon Trotsky « c’est la vérité et non le mensonge, qui est moteur du progrès ». Quelle est donc la véritable situation de la terre d’Eburnie ?

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est plus que jamais blessé dans son orgueil. Elle n’oserait plus se présenter à la face du monde comme « la patrie de la vraie fraternité »[2]. En effet, suite au départ forcé de Monsieur Gbagbo, le sieur Ouattara a installé sa propre dictature aussi terrible que sa consœur « socialiste »[3]. Soutenue par notre très chère et adorée « République – impérialiste - française », la coalition du nouveau condottiere d’Abidjan, le R.H.D.P.[4], enfonce ses griffes dans la chair du peuple ivoirien. Le crime est désormais considéré en majesté. A titre d’exemple, le sanguinaire Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume SORO se rie des malheureuses victimes des massacres de Duékoué. Les « dozos[5] » continuent à tuer, à faire régner l’arbitraire dans tous les villages d’Eburnie. Monsieur Ouattara lui-même a adopté une politique racialiste dite de « rattrapage » favorisant les groupes ethniques du Nord au détriment des autres dans la haute administration.

Et encore une fois, comme sous le règne de Laurent Gbagbo, nous entendons le cri perçant d’INJUSTICE. Mais, cette fois, cette révolte de l’esprit est recouverte par la bienveillance des amis de la communauté internationale. Faisons donc un constat de l’état d’une partie des libertés ivoiriennes.

La liberté de la presse est bafouée. Bien entendu, sans protestations de nos journalistes attitrés reconnaissant toujours des démocrates dans ceux qui appliquent le dogme néo-libéral à la lettre.

La liberté des travailleurs est moquée. Comment un gouvernement libéral ferait différemment ?

Toutefois, la liberté du commerce et d’industrie est consacrée à son plus haut point.

Et sans aucun doute, le peuple ivoirien continue à souffrir. Souffrir de misères pendant que les « gros bonnets » se remplissent la panse.

Pourtant, le peuple ivoirien subsiste malgré toutes ces déchirures.

Au demeurant, le peuple ivoirien finira par vaincre.

Puisque lorsque les masses supportent les pires sévices, elles finissent toujours par refuser leur sort et les mécanismes les y installant notamment la haine de l’autre. Et dès lors qu’elles les refusent, elles disent nécessairement non.

Camille Lacombe

[1] Organisation économique ouest africaine.

[2] Dernière strophe de l’hymne nationale de la Côte d’Ivoire : l’Abidjanaise.

[3] Le Front Populaire Ivoirien (F.P.I.) est un parti de gauche créé par Laurent et Simone Gbagbo en 1982 qui se réclame du socialisme.

[4] Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix dont les deux formations principales sont le Rassemblement Des Républicains (R.D.R.) et le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (P.D.C.I.).

[5] Chasseurs traditionnels du nord de la Côte d’Ivoire réputé être l’armée parallèle du « bouche de Sindou », Alassane Ouattara.


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