NPA 86

La Résistance au féminin en Italie dans la lutte contre le nazi-fascisme

mardi 12 avril 2016 par redac-npa86

« Tremblez, une femme peut aussi vous faire peur !  » criait Francesca De Giovanni, première femme partisane tuée par les Brigades Noires, la police fasciste auxiliaire de la RSI (République Sociale Italienne), le 1er avril du 1944.

Le 25 avril l’Italie fête l’anniversaire de la victoire nationale obtenue grâce à la lutte de résistance militaire des forces partisanes contre le régime fasciste de la RSI (définie depuis le début comme État fantoche de la Germanie hitlérienne) et l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il faut dire que quand on pense au mouvement partisan, très souvent notre regard ne se pose que sur une formation combattante exclusivement au masculin, en effaçant la mémoire d’une résistance féminine qui, silencieusement, a occupé un rôle très important dans la lutte contre le nazi-fascisme, la libération nationale et l’émancipation des femmes.

Une estimation historiquement non précisée parle de 35 milles femmes engagées dans le mouvement de Libération antifasciste.

En 1943, en Italie, naissent Les Groupes de Défense des Femmes (GDD), nées à partir de l’engagement de Pina Palumbo (Parti Socialiste), Lina Fibbi (Parti Communiste) et Ada Gobetti, qui avait comme tâches l’assistance des familles des déportés ou des victimes, l’organisation de grèves, la création de réseaux de propagande de la Résistance, la boycottage de la livraison de denrées aux forces militaires fascistes et le sabotage de la production de guerre.

Cependant, il y avait aussi celles qui combattaient en première ligne avec les SAP (Équipes d’Action Patriotiques) et avec d’autres organisations partisanes, comme Laura Wronowski (combattante, infirmière et estafette) ou Irma Bandiera, appelée « Mimma », estafette et combattante capturée par les nazi-fascistes à cause de documents compromettants. Torturée, elle ne révéla jamais les noms de ses camarades. Ensuite elle fut fusillée.

Même les Brigades Garibaldi, groupes partisans né en 1943 et liés au Parti Communiste Italien (bien qu’ils ne mirent pas en évidence leur identité politique) tachaient de sensibiliser les femmes au combat partisan avec le but de développer une conscience d’émancipation générale et afin de lutter le préjugé d’une « femme au foyer » qui encore régnait chez la population masculine moyenne (et malheureusement même chez les partisans). Ce préjugé se manifesta aussi avec la polémique qui fut soulevée contre la participation des femmes aux défilés qui se déroulaient dans les places des villes libérées, qui eut une grande portée médiatique et qui influença le formation de la première Assemblée Constituante de la République Italienne où seulement 21 femmes furent élues.

En plus, il ne faut pas oublier ce qui à poussé le monde féminin à se révolter contre l’oppression nazi-fasciste. Sous le régime du Duce la valorisation de la femme était purement dérisoire : elle était instrumentalisée pour augmenter le nombre d’électeurs nécessaire au soutien et à la sauvegarde de la dictature fasciste. Le rôle des femmes, en réalité, c’était celui de protéger la démographie nationale, de procréer les fils d’un sentiment patriotique exacerbé, altier, ambitieux.

Au délà de l’ambiance familiale, la femme qui voulait exercer le droit de ne pas se marier ou de ne pas avoir des enfants subissait une insoutenable marginalisation, à la quelle s’ajoutait la violence subie par les homosexuels, les célibataires et le prostituées, déclarés inutiles pour la croissance démographique de l’État fasciste.

La femme vivait, en fait, à l’intérieur d’un paradoxe : d’un coté se manifeste la valorisation de la maternité et de l’autre coté la répression de toute liberté. Au soutien de la « mère de famille » l’OMNI (Oeuvre Nationale Maternité et Enfance), qui s’engageait pour combattre l’haut taux de mortalité infantile, et l’institution au niveau national d’une Journée de la Mère et de l’Enfance, à l’intérieur de la quelle les femmes recevaient de décorations honorifiques par nombre de fils. Encore aujourd’hui le néo-fascisme accepte l’exclusion de la femme, l’illégitime instrumentalisation d’une violence misogyne avec le but de soutenir un projet de « sécurité » supposée en faveur de la grossesse et contre l’avortement.

Avec une lutte partisane au nom de la liberté qui tombe dans l’oubli, le système de pensée dominant replie sur une idée de famille traditionnelle de caractère patriarcal qui relègue la femme exclusivement aux rôles de mère et épouse, sujette à l’humiliation exercée par le pouvoir masculin et victime, encore aujourd’hui, de modèles conformistes collectivement acceptées.

« Entre deux individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir  » disait Simone de Beauvoir dans La Force de l’âge (1960).

Cette bataille est toujours actuelle, elle est active, sous nos yeux, avec tous ses massacres et toutes ses victoires. Le féminisme est la lutte continue qui affirme le droit légitime de décider le parcours et la sorte de notre propre vie, qui brise tout scénario de hiérarchisation, qui n’accepte ni les maîtres ni les esclaves et qui ne peut qu’être antifasciste, car une discrimination raciale, élitiste ou homophobe d’une droite fasciste accepte toujours, de quelque façon, une disparité sexiste et antiféministe.

Ilaria F.


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