NPA 86

Mélenchon : Héraut de «  la France insoumise  »  ?

mardi 7 juin 2016 par redac-npa86

C’est son espoir, cette fois il en est sûr «  c’est la bonne  »  ! Ce dimanche 5 juin, Jean-Luc Mélenchon lance donc sa campagne lors d’un rassemblement dans le 19e arrondissement de Paris...

Mais même s’il s’applique à jouer la retenue qui sied au futur monarque de la République qu’il aspire à devenir, le style et le fond du discours n’ont guère changé.

Il s’y voit déjà  !

Le ton est toujours aussi particulier et personnel  : persuadé que François Hollande ne sera pas au second tour de la présidentielle, il s’y voit lui tout à fait  ! Il fustige toujours «  la caste oligarchique et son personnel politique  », alors que lui-même occupe depuis des dizaines d’années des mandats politiques sans discontinuer. Surfant sans complexe sur le mouvement Nuit debout et l’agitation sociale et politique actuelle, il n’hésite pas à se présenter comme «  un point d’appui  » à cette révolte. Le Front de gauche n’a pas résisté  ? Il continue donc seul pour «  fédérer le peuple  »... Mais au-delà de cette arrogance toute personnelle, que propose-t-il vraiment  ?

Mélenchon analyse la profondeur de la destruction du lien social par le néolibéralisme et la défiance de plus en plus grande de ceux d’en bas vis-à-vis de toutes les institutions. Il critique aussi les abus actuels de certaines méthodes policières. Il met en débat certaines propositions, dont nous débattons également, comme le partage des richesses, les moyens accordés à l’éducation, le sport, la santé, la sortie du tout-marchand, la planification écologique incluant la création d’emplois et des réorientation de la production, la recréation de nouvelles institutions par la mise en œuvre d’une Constituante pour la VIe République, la sortie de l’Otan et celle des traités européens.

Pourquoi pas... mais surtout comment  ?

«  Le goût d’un avenir commun, écolo et social, ce sera moi  »...

Tout cela doit se faire par une révolution pacifique, démocratique... et c’est quand même là où le bât blesse. Au moment où la démocratie est bafouée, et dans les rues et à l’Assemblée, comment un changement radical en faveur de celles et ceux qui représentent les 99 % pourrait il se faire démocratiquement et pacifiquement  ? À moins de penser que le débouché politique des mobilisations actuelles passe par un avenir commun «  pour tous les citoyens  » sur le vote Mélenchon en 2017  ? Ce qui pour le coup s’inscrirait tout à fait dans la continuité très antidémocratique de la Ve République...

Mais le plus inacceptable, dans ce moment particulier où le pouvoir fait un usage chaque jour plus dangereux de la force publique, c’est de renvoyer dos à dos les violences. Celles des policiers qui exécutent la violence d’un État au service du capital et de sa violence sociale et «  l’autre violence, car il y a un risque de guérilla urbaine que je désapprouve absolument  ». Et, sans surprise, de réclamer des effectifs de police plus nombreux et mieux formés, au moment où des jeunes, des syndicalistes, des militantEs, de nouveaux manifestantEs, résistent depuis presque trois mois chaque jour à cette violence de classe.

Une lutte, avec une possible victoire pour notre camp social, qui n’est visiblement pas au programme de Jean-Luc Mélenchon...

Roseline Vachetta


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