NPA 86

Photos et allocutions du rassemblement « Gaza : on n’oublie pas ! »

samedi 16 janvier 2010 par redac-npa86

Allocution du Comité Poitevin France Palestine au rassemblement 16 janvier 2010 à Poitiers

Depuis janvier 2006, Israël et les pays occidentaux, imposent un siège meurtrier aux habitants de la Bande de Gaza pour les punir de continuer à résister. Ce blocus a été renforcé encore en juin 2007. On ne dénombre pas moins de 270 morts par manque de soins, soit par manque direct de médicaments, soit par interdiction de quitter le territoire pour recevoir un traitement à l’étranger. Même les convois d’aide humanitaire de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) sont empêchés de livrer leurs cargaisons.

Gaza, ce sont 1,5 million d’habitants, confinés et pris en otage. Gaza, c’est un minuscule territoire de 360km², encerclé de murs, de barbelés et sous haute surveillance satellitaire. Gaza, c’est une population affaiblie, affamée et épuisée par la quête quotidienne d’un moyen de survie. Gaza, c’est sur ce territoire, qu’Israël déclenchait du 27 décembre 2008 au 18 janvier dernier, l’offensive "Plomb durci" ravageant complètement le pays et les hommes.

Présente à Gaza dès le 20 janvier, j’ai vu les maisons éventrées, "bulldozées", sauvagement malaxées avec la terre ne laissant aucune possibilité de récupérer quoi que ce soit à leurs occupants. J’ai vu les zones agricoles ravagées en profondeur rendant leur remise en culture quasi impossible. J’ai vu les restes de bombes au phosphore encore fumants dès qu’on les remettait à l’air libre. J’ai vu des quartiers entiers de maisons restées debout mais aux vitres éclatées et offertes aux courants d’air. Savez-vous que les nuits sont froides aussi à Gaza en hiver ? Et il n’y a pas de chauffage, pas même de lumière bien souvent puisque la centrale électrique a été détruite.

1419 morts dont 318 enfants et 111 femmes. Au moins 5300 blessés dont 1600 enfants et 830 femmes. Des mutilés à vie. Des centaines de maisons détruites. Des milliers de sans abris. Une infrastructure totalement anéantie. Toute une population traumatisée, dégâts invisibles mais profonds, allant du dégoût de la vie au désespoir, du retour de l’énurésie chez les enfants à la dépression et à l’hébétude.

Voilà le résultat des 22 jours d’agression barbare israélienne.

Or ce qui s’est passé là n’est pas une catastrophe "naturelle". C’est le fruit délibéré d’une politique coloniale et raciste condamnée par toute l’humanité.

Un an après, les coupables de ce massacre, pourtant clairement identifiés, sont toujours en liberté. Plus même, ils ne sont même pas inquiétés. Plus encore, ils maintiennent toujours la population de Gaza sous blocus, empêchant toute organisation des secours et toute reconstruction et la condamnant à vivre dans des conditions infrahumaines. Ce qui fait dire à John Ging, directeur de l’UNRWA pour la Bande de Gaza : "Tout le monde sait depuis plus d’un an et demi que la situation est intenable et pourtant rien ne change. J’invite les responsables de la communauté internationale à se rendre à Gaza et à y observer les conséquences dévastatrices de la situation sur les êtres humains qui y vivent."

Pourtant, au mois d’août dernier, la Commission des droits de l’Homme de l’ONU chargée d’enquêter sur la guerre, présidée par le juge Sud-Africain Goldstone, rendait public son rapport.

Ce rapport a été approuvé une première fois par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU le 16 octobre et par l’Assemblée générale de l’ONU le 5 novembre, à 114 voix pour, 18 contre et 44 abstentions dont la France.

Pourquoi ce rapport est-il important ?

C’est la première fois que les crimes de guerre israéliens sont aussi rigoureusement documentés dans un rapport officiel de l’ONU dont les recommandations sont claires. L’acharnement pour l’étouffer dont il fait l’objet de la part d’Israël et de ses amis, USA et France en tête, révèle son enjeu majeur : la lutte contre l’impunité comme moyen de parvenir à la paix. Comme l’a souligné Navy Pillay, Haut commissaire aux droits de l’homme, "une culture de l’impunité continue de prévaloir dans les territoires occupés et en Israël".

Ce rapport est important également car il représente une analyse sans précédent, impartiale, de ce qui s’est joué à Gaza. Il met en jeu la nécessité de rendre des comptes et d’être responsable de ses actes au regard du droit international, incluant les Conventions de Genève, la Charte des Nations Unies, la Déclaration des Droits de l’homme.

Ce rapport est important enfin car, avant même qu’il soit suivi d’effet, il constitue une défaite morale pour Israël. Et c’est bien pourquoi cet Etat s’est empressé de lancer son appareil de propagande pour le dénigrer et qu’il continue à le faire aujourd’hui.

Il est de notre responsabilité, nous peuples du Monde, de faire que ce rapport, qui a fait écho à l’émotion et à la colère qu’une majorité de citoyens ont manifesté durant l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, il est de notre responsabilité que ce rapport ne sombre pas dans l’oubli et soit porté devant la juridiction internationale compétente.

Oui, nous pouvons faire quelque chose pour que l’impunité ne prévale pas une nouvelle fois dans ce conflit. Pour que justice soit rendue aux Palestiniens, bien sûr. Mais pas seulement. Tous ceux de par le monde qui ont manifesté l’hiver d’hiver contre l’offensive israélienne, attendent réparation. Tous ceux qui sont partis fin décembre pour briser l’enfermement de Gaza, attendent réparation. Tous ceux qui s’opposent quotidiennement à l’expulsion et à la destruction des maisons palestiniennes en Cisjordanie ou à Jérusalem, qu’ils soient Palestiniens ou Internationaux, attendent réparation. Tous ceux qui ne font qu’exercer leur droit conjoint à la compétence universelle réclament réparation.

Laisser impunis les crimes commis à Gaza, c’est rayer 60 ans de droit international élaboré pour limiter le recours à la force dans la résolution des conflits.

C’est à nous de nous emparer des règles de droit international comme fondement des relations entre les peuples pour en finir avec l’impunité des criminels et de leurs complices.

Parmi les moyens à notre disposition, il y a la campagne BDS. Cette campagne a été lancée par une large coalition de mouvements politiques et sociaux palestiniens. Elle offre un cadre international pour agir à la fois au niveau institutionnel (les Etats et les institutions internationales) et à la fois au niveau de la société civile. D’un côté elle s’adresse à la communauté internationale, lui demandant de sanctionner un Etat qui viole systématiquement le Droit ; de l’autre elle appelle la société civile à l’échelle mondiale à agir, aussi bien comme individus que comme mouvements sociaux (syndicats, partis, conseils municipaux, associations, etc.) pour boycotter les biens, les personnalités officielles, les institutions, etc. qui représentent l’Etat colonial israélien, et pour faire pression pour que leur gouvernement les boycotte.

"Il y a deux manières de combattre", nous dit Machiavel dans la bouche du Prince "l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes". Il ne tient qu’à nous que notre humanité qui s’est construite au fil des ans ne soit pas balayée par la barbarie.

Pour Gaza, pour la Palestine, pour nous, ensemble nous réclamons :

  • L’arrêt de toutes les exactions contre le peuple palestinien ;
  • La levée totale du siège de la bande de Gaza ;
  • Des sanctions pour l’agresseur Israélien ;
  • Qu’au plus tôt soient trouvées des solutions respectant les droits de chacun qui mettent fin au conflit.

Vive la résistance palestinienne !

Je vous invite à poursuivre la mobilisation en venant lundi 18 à 20h30 à l’Auditorium Mendes France assister à la projection d’un film tourné pendant la guerre par l’un des seuls 7 cinéastes présents à Gaza.


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