NPA 86

Déclaration au Conseil Municipal de Poitiers du 31/05/10 : Quel cinéma sur le Grand Poitiers ?

mercredi 2 juin 2010 par Maryse DESBOURDES
















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 Alain Claeys vous êtes en train de remodeler l’offre de cinéma sur le Grand Poitiers...

D’une part le cinéma multiplexe CGR est autorisé à s’agrandir sur Buxerolles (12 écrans). Voilà pour le nord de la communauté d’agglomération.

D’autre part un multiplexe CGR devrait voir le jour sur la commune de Fontaine le Comte, à l’emplacement de l’ancien Auchan (8 écrans). C’est d’ailleurs ce que réclamait le maire de cette commune depuis longtemps et qui lui avait été refusé précédemment lorsque une offre d’implantation d’un multiplexe avait été soumis à la commission départementale qui délivre les autorisations. Il s’agissait à l’époque d’une autre compagnie que le CGR. Voilà pour le sud de l’agglomération.

Pour ce qui est du centre ville de Poitiers, vous voulez vendre l’actuel TAP cinéma (anciennement « le Théâtre ») pour en faire une brasserie peut-être, en tout cas pas une banque. Dans le même temps, l’actuel CGR Le Castille du centre ville verrait une partie de ses locaux louée au TAP cinéma (3 salles), le reste restant exploité par le CGR (5 salles).

 C’est un projet farfelu...

Maryse Desbourdes



Une étude de marché a été réalisée en 2006 puis une autre en 2009 par un des deux cabinets spécialisés agréés par le CNC (Centre National du Cinéma). Elles portaient sur la demande de la population de l’agglomération en cinéma.

Ces études font apparaître qu’un cinéma « arts et essais » sur l’agglomération, s’il offrait 5 ou 6 écrans (contre un seul actuellement en centre ville et un autre au cinéma Le Dietrich) pourrait doubler sa fréquentation.

Les conditions du succès de cette augmentation ont également été étudiées. « identités du lieu », programmation variée, « lien avec le public » à travers une politique tarifaire qui fidélise, à travers des conférences, des bulletins d’informations, des activités en direction des jeune publics, un lieu convivial, des animations autour des associations de la ville, etc. ...



 Vouloir mélanger dans un même lieu cinéma commercial et cinéma d’arts et essais est donc une aberration...

 Tous les exemples dans les autres communautés d’agglomération infirment votre choix actuel.

Ces études de marché tablent sur la viabilité économique de 17 ou 18 écrans et 3200 fauteuils pour le cinéma commercial. Or, conserver 5 salles au CGR du centre ville reviendrait à dépasser les capacités estimées pour en arriver à un total de 25 salles.

A l’heure actuelle, le “CGR Castille” n’est pas rentable. L’ouverture de nouveaux écrans en périphérie pour le CGR ne fera que diminuer une fréquentation déjà minime et augmenter les déficits de ses salles du centre ville. La programmation de ce “CGR Castille” ne proposerait de plus que des films déjà sortis antérieurement dans les salles un peu plus rentables de la périphérie.

La direction du CGR ne prétend donc maintenir le Castille que pour répondre à votre demande pressante : vous en avez fait un des éléments de la négociation avec le CGR (acceptation de l’agrandissement de Buxerolles et de la création d’un CGR à Fontaine le Comte contre maintien au centre ville).

Votre argument qui consiste à dire qu’on ne doit pas payer deux cinémas en centre ville ne tient pas car vous êtes vraiment le seul à demander au CGR à rester en ville.


Votre argument qui consiste à dire qu’on ne doit pas payer deux cinémas en centre ville ne tient pas car vous êtes vraiment le seul à demander au CGR à rester en ville.

Votre projet méconnaît totalement les réalités
des pratiques culturelles touchant le cinéma !


 Des dépenses mal maîtrisées...

Dans votre projet, le loyer versé au CGR varierait entre 180.000 et 230.000 euros à l’année. Ce loyer reviendrait de fait à ce que la ville subventionne une activité commerciale déficitaire. A terme on peut penser que le CGR ne maintiendra pas une activité non rentable et la ville se verra dans l’obligation d’acheter ce lieu pour un prix important, après avoir vendu le “TAP cinéma actuel” [1] distant de quelques mètres.

La subvention actuelle à l’activité cinéma du TAP se monte à 380 000 euros. Les études de marché promettent des recettes d’exploitation, pour un cinéma d’art et d’essai multi-salles, ramenant la subvention à 80.00 euros.

 Dépenser inutilement et de plus refuser une économie de subvention, voilà bien un calcul bizarre...



Choisir la raison et l’ambition,
Un cinéma d’arts et d’essai en centre ville avec 5 salles c’est possible !


 Le financement

Des études déjà engagées tablent sur un coût de 4millions d’euros dans le cas de “l’actuel TAP cinéma”, place du Maréchal Leclerc. Un million serait pris en charge par l’État au titre du financement de salles d’arts et d’essais. Deux autres millions peuvent être empruntés par le TAP, emprunt remboursable par l’augmentation prévisible de la fréquentation tel que le prévoit le cabinet d’experts dans son étude de marché. Le dernier million serait à partager entre les collectivités territoriales.

 La fréquentation

Les études de marché, rappelons-le, tablent sur un doublement de la fréquentation à la condition d’offrir plus d’écrans.

 Des réalisations similaires dans d’autres villes...

A Angers, Tours, Bordeaux, Nantes, des salles d’arts et d’essais offrent de nombreux écrans (jusqu’à 7) et sont viables économiquement.

 Un projet culturel

Un cinéma d’arts et d’essai offre une programmation variée, loin de l’image élitiste qui parfois lui est collée. La programmation peut mêler des films d’arts et essais « grand public » (Clint Eastwood, Audiard...) avec des films ayant plus besoin d’être défendus. De plus ce type de cinéma peut jouer un rôle éducatif auprès du jeune public (scolaire et étudiant), offre aux cinéphiles un lieu de formation et aux associations un lieu d’expression apprécié.

Le cinéma d’art et d’essai, à Poitiers est connu des spectateurs qui fréquentent les deux lieux qui le produisent : le “TAP cinéma” et le “Dietrich”.

Chaque structure, qui sont d’ailleurs toutes deux associatives, doit pouvoir trouver place dans la nouvelle offre. Afin de ne pas déstabiliser l’offre cinématographique et diversifier le projet artistique, il faut équilibrer les écrans que chacun aura à programmer.

Ainsi, si la scène nationale, “TAP Cinéma”, gère 3 écrans ; il semblerait juste que “Le Dietrich” dont l’histoire et l’identité sont reconnues se voie allouer la programmation de deux écrans, nombre qui assure la pérennité de l’offre spécifique qui est celle de cette association, alors même que la possibilité pour lui de se maintenir là où il est actuellement est incertaine.

 Un aménagement structurant du centre ville

Votre choix d’autoriser l’agrandissement du multiplexe existant et la construction d’un autre, revient dans les faits à construire en périphérie de la ville une vision surtout commerciale du cinéma, à l’image des hypermarchés qui existent déjà.

Avec la caution que vous apportez à la répression contre les bars de nuit, ce manque de volonté dans la politique culturelle pour le centre ville nous fait craindre la construction d’un « coeur d’agglo » propret mais bien peu vivant. A l’inverse, un cinéma d’arts et d’essais dans un lieu qui lui est propre, avec ses animations habituelles ou annuelles (Rencontre Henri Langlois) dynamiserait ce centre ville. L’ampleur et la qualité de l’offre de ce cinéma attireraient un public n’habitant pas au centre ville.


Un engagement électoral

Votre programme pour les élections municipales disait clairement : « THEATRE : Réaménager le théâtre actuel qui pourrait notamment accueillir des salles de cinéma d’art et d’essai pour répondre à une demande forte dans l’hyper-centre. »


 La méthode A Claeys



Alain Claeys

C’est à Paris que tout est négocié entre vous, Maire de Poitiers aussi Président de Grand Poitiers, et la direction de l’entreprise CGR. Les personnels du TAP cinéma, le Conseil d’administration du “TAP cinéma” (où se trouvent notamment des représentants des usagers), le milieu socio-culturel, les élus de la communauté d’agglomération, les élus de Poitiers, même ceux en charge du secteur, sont tenus à l’écart des décisions, ne sont pas consultés et apprennent les informations à travers la presse.

Sur ce dossier non plus, pas plus que sur la LGV ou la cité judiciaire, vous ne vous embarrassez de la démocratie. Cela donne parfois aux habitants et aux acteurs de la ville l’impression d’assister à une grande partie de Monopoly dont ils ne sont que des pions. De plus, cette méthode montre ici aussi ses limites en terme d’efficacité.



Nous vous demandons une réponse globale
pour un cinéma d’arts et d’essai dans des lieux déterminés
par les associations “TAP CINEMA” et “LE DIETRICH”.


Voir la « Tentative de compte rendu de la soirée au TAP du 16/06 consacrée à l’offre de cinéma sur la ville »...

[1] Soit l’ancien théâtre.


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