NPA 86

Tentative de compte rendu de la soirée au TAP consacrée à l’offre de cinéma sur la ville

jeudi 17 juin 2010 par redac-npa86






 A propos de l’offre de cinéma sur le Grand Poitiers

Pour celles et ceux qui prennent ce débat en route, nous conseillons la lecture préalable de l’intervention de Maryse Desbourdes notre élue (Pour une Alternative à Gauche), au dernier Conseil Mmunicipal.... Elle résume bien les problématiques en jeu.

A l’entrée est distribué un tract de la nouvelle section SUD Culture du TAP (Document joint en bas de page à télécharger). Une réunion des adhérents de la Scène Nationale a donc eu lieu le 16 juin de 20h00 à plus de 23h00... Près de 400 personnes étaient présentes. A la tribune : D. Deshoulières (au micro sur la photo), Président du TAP-Scène Nationale et D. Garnier, Directeur.



Au début ce dernier présente l’historique des projets de restructuration du TAP-Cinéma, puis évoque les études de marché déjà faites, les projets du CGR (2 multiplex) et ceux du TAP-Cinéma et rappelle les faits.

Un "livre blanc", élaboré par l’équipe du TAP-Cinéma est distribué ( Téléchargez le "livre blanc" à cette adresse... ).

Les trois gros reproches au projet de la mairie mis en relief par D. Garnier furent explicités et validés toute la soirée par les différents professionnels du cinéma présents :

  • L’agglomération de Poitiers (avec ses deux futurs multiplex) offre un nombre de salles sur-dimensionné ;
  • le nombre de salles commerciales (plus d’une vingtaine) sera disproportionné par rapport au nombre de salles Art et Essai (3 ou 4) ;
  • le mélange dans un même lieu (projet de la Mairie) de salles "Art et Essai" associatives et du CGR-Castille n’est pas acceptable : une salle commerciale est vouée à faire des bénéfices et à vendre un service à des « clients », les cinémas "Art et Essai" associatifs à offrir un service à des « spectateurs ».

On apprend dans la présentation que dernièrement, le TAP-Cinéma a changé un peu son fusil d’épaule : il ne défend plus le projet de reconstruire l’actuel TAP-Cinéma sur les bases de son bâtiment actuel. Son projet, alternatif à celui de la mairie, propose de reprendre l’intégralité de l’actuel GCR-Castille pour arriver à 6 salles Art et Essai.

Les différent(e)s intervenant(e)s professionnel(le)s qui se succèdent dans la soirée et à la tribune confirment tou(te)s, exemples dans d’autres villes et études de marché à l’appui, l’inadaptation du projet municipal actuel et les risques que cela entraîne à court terme sur la "vie" du cinéma sur Poitiers.

Marielle Millard, programmatrice du TAP-Cinéma, lit la lettre de Carole Desbarats, directrice des études de la FEMIS [1] ( Voir la FEMIS... ), excusée. Sa lettre insiste sur la nécessaire séparation de lieu entre salles de cinéma commercial et salles de cinéma "Art et Essai" associatif.

A la tribune interviennent deux représentants de l’ACOR [2] ( Voir le site de l’ACOR... ).

Tout d’abord Catherine Bailhache, coordinatrice de l’ACOR et co-fondatrice du cinéma "les 400 coups" d’Angers [3] ( Voir "les 400 coups" d’Angers... ). Elle insiste sur les choix politiques faits actuellement partout dans le pays qui voit le cinéma commercial grignoter la part de marché des cinémas "Art et Essai".

Yannic Reix, exploitant du cinéma "Le Concorde" de la Roche sur Yon et président de l’ACOR, illustre ces propos par des exemples : « Le monde du cinéma est un petit monde et le sort du cinéma à Poitiers est regardé à la loupe au niveau national par les distributeurs, les exploitants mais aussi les acteurs. Il faut savoir que la très grande majorité des films français qui sortent actuellement ont le label "Art et Essai" et que les cinémas commerciaux, parmi ceux-ci, n’exploitent, que les films les plus rentables »...

Luc Engélibert, directeur artistique des Rencontres Henri Langlois ( Voir le site des Rencontres Henri Langlois... ) corrobore ses dires.

Le rapport du médiateur de la république spécialisé dans le cinéma confirme le déséquilibre entre le commercial et l’Art et Essais.

 Le débat avec la salle.

Une salariée de la scène nationale lit un texte de la section CGT : les salariés resteront vigilants face aux choix qui seront faits.

Les questions et les témoignages fusent, parmi d’autres ceux que nous avons noté...

Pourquoi ce qui a été refusé à une époque (un multiplex à Fontaine- le-Comte) devient autorisé quelques années plus tard ?

La tonalité de la plupart des interventions est plutôt favorable aux thèses de la tribune.

Pourquoi ni la ville ni le Dietrich ( Voir le site du Dietrich...) ne sont pas à la tribune ? Celle-ci précise qu’elle a voulu donner sa propre vision des choses, son point de vue, sans polémiquer.

Des témoignages sont apportés par des spectateurs sur la différence entre exploitants de cinéma commercial et exploitants "Art et Essai"

Pourquoi le TAP-Cinéma n’a t il pas été intégré au TAP rue de la Marne ? D. Garnier évoque la volonté de conserver une activité culturelle place d’Armes et des difficultés liées à la configuration topographique du TAP rue de la Marne.

Certain(e)s élu(e)s de la majorité municipale, nombreux dans la salle, sont intervenu(e)s pour justifier le choix de la Mairie. El Mustapha Belgsir (conseiller municipal délégué à l’université et à la recherche, vice-président de la CAP), Anne Gérard (adjointe au maire déléguée à la culture), Francis Chalard (2ème adjoint au maire, délégué aux finances,vice-président de la CAP).
En substance les élus ont martelé les arguments suivants : « La mairie fait des choix budgétaires qui sont des choix politiques. Ce qu’elle fait déjà dans la culture, c’est bien et voici des chiffres qui le prouvent. Trois salles au CGR-Castille pour le TAP cinéma c’est plus qu’une seule salle actuellement. Il ne faut pas déshabiller les maisons de quartier pour habiller le TAP-Cinéma. Mais rien n’empêche dans l’avenir..."

Un intervenant pour le Dietrich affirme qu’il n’y a pas d’animosité entre le TAP-Cinéma et le Dietrich. Ce qui n’empêche pas que la subvention de la mairie au Dietrich est très minime (nous avons cru entendre 30 000€). Si le TAP-Cinéma a cinq salles et le CGR plus d’une vingtaine, la mort du Dietrich est programmée. Pourquoi les deux exploitants associatifs "Art et Essai" et tous les acteurs (ville mais aussi techniciens, réalisateurs, associations autour de l’image) ne discutent pas ensemble ? Ce serait l’occasion d’avoir une réflexion globale sur le cinéma dans l’agglomération.
D. Garnier répond qu’il souhaite que la réflexion soit menée jusqu’à son terme et comprennent tous les exploitants concernés (TAP mais aussi Dietrich et CGR) : "entre professionnels on peut discuter, même des subventions". « On préfère cohabiter avec le Dietrich qu’avec le CGR, virtuellement comme concrètement ».

Un représentant de la liste « Pour une Alternative à Gauche » ( Voir le blog « Pour une Alternative à Gauche » ), soutenue par le NPA et les Alternatifs, au nom de Maryse Desbourdes, demande comment faire pour que la Mairie entende les arguments de bon sens, sérieux, censés et évoque la possibilité de faire une pétition... ça fait pshitt dans une salle où domine la couleur rose !

Un représentant du PCF dit qu’il faut reprendre les choses dans leur globalité. Il se prononce contre le fait de faire une pétition car cela pourrait être pris comme une opposition contre la mairie, alors qu’il faudrait laisser du temps au temps.

 En guise de conclusions provisoires.

Certains ont pu découvrir la nature des élus de la majorité municipale... Strictement aucun argument n’a trouvé grâce à leurs yeux, même quand ce sont des spécialiste de la question du cinéma ou de son économie qui les tiennent -et pas seulement notre élue. Ils n’écoutent pas : ils savent, ils détiennent la vérité. C’était beau comme du Jospin, c’était culturel comme du DSK !

D’autres ont pu sentir comme une bagarre sourde entre les socialistes de l’ancienne municipalité, celle de J. Santrot, et les socialistes actuellement au pouvoir les adeptes d’A. Claeys.

La côté positif de cette soirée... Comme c’est « LA REUNION d’INFORMATION » qui a attiré le plus d’électeurs ces dernières années, on peut penser que la Mairie réfléchira avant de passer en force sur ce dossier, comme elle tentait de le faire initialement. Tout ça devait être bouclé fin juin...

Le débat a été mis sur la place publique. La majorité municipale fera tout pour le faire revenir dans le bruissement feutré des réunions entre « gens responsables », à l’abri des oreilles indiscrètes des poitevin(e)s.

Notre élue, Maryse Desbourdes, continuera d’empêcher l’enfouissement de ce débat démocratique et de couper court au chantage au budget (celui des “maisons de quartiers” contre le“ TAP cinéma”) : les millions existent mais sont dépensés :

Affaire à suivre...

[1] FEMIS : école nationale supérieure des métiers de l’image et du son.

[2] ACOR : Association des Cinémas de l’Ouest pour la Recherche.

[3] "les 400 coups" d’Angers : ce complexe cinématographique est un modèle reconnu de réussite d’un grand cinéma "Art et Essai".


Documents joints

Tract de la nouvelle section SUD Culture du TAP

17 juin 2010
Document : PDF
335.7 ko

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