NPA 86

Poitiers le 28/06, le premier Conseil Municipal auquel j’assiste : billet d’humeur.

jeudi 1er juillet 2010 par Pascal

 




 Le député maire...

C’est la personne clé du conseil. Il a toujours un micro en main, distribue la parole. C’est lui qui dit dans un souffle « quiestcontrequisabstient---adopté !  ».

Il n’aime pas qu’il y ait un débat politique autre que celui, feutré, rituel, qu’on peut voir à la télé au parlement sur FR3 le mercredi. Des exemples ?

  • Après la lecture du vœu sur la Palestine par un de ses adjoints, il coupe la parole pour vite passer à autre chose. Notre élue, Maryse Desbourdes, doit insister pour prendre la parole sur ce sujet ( Voir le compte rendu).
  • Autre exemple, il refuse de répondre à Maryse quand elle l’interpelle au sujet de la répression systématique des jeunes militants à Poitiers(Voir la déclaration sur ce sujet). Il se contente de ces mots que chacun devra interpréter à sa façon « je me félicite que les manifestations se soient bien passées, dans le calme, et la fête de la musique aussi ». Sur ce même sujet, quand les Verts et le PCF, membres de sa majorité, ont des choses à redire, il prévient « vous n’engager pas la majorité ; je demande aux uns et aux autres d’être très prudents sur le sujet ». Il n’ira pas au-delà. On sent qu’il y a des informations et des décisions prises qui sont fermes mais inconnues du public et qu’il ne révèlera rien. Il semble que, pour le maire, ces incarcérations ont à voir avec des œufs à casser pour réussir son omelette.
  • Maryse intervient pour dire que prendre en compte les difficultés des artisans en baissant la redevance d’occupation du domaine public, c’est bien. Mais pourquoi ne pas faire de même pour les habitants de Poitiers qui sont eux aussi en grande difficulté ? Pourquoi augmenter les tarifs pour ceux-là et les baisser pour les autres ? Cet argument a sa logique que nous pensons être celle que devrait avoir toute la gauche. Mais la majorité préfère se réfugier dans un brouhaha qui laisse entendre que « tout ça n’est pas sérieux , c’est pas réaliste » : pour vous dire le degré de déliquescence de cette gauche-là ! ( Voir Conseil municipal de Poitiers du 28 juin 2010, encore deux petites choses mais qui vous concernent directement... )
  • Quand Maryse lui demande de mener bagarre, tous ensemble, contre le désengagement de l’État, il fait silence. Il préfère une autre attitude. Le maire joue dans le consensus. Oui il s’entend bien avec l’État, oui les ministres de droite approuve sa politique et l’ont dit lors de leur visite à Poitiers. Idem quand il prend solennellement la parole pour évoquer l’affaire Woerth. Il ne dénonce pas la droite. Il préfère demander au président Sarkozy de mettre fin à la fracture entre la population et les responsables. Pourquoi ? Parce que c’est une injustice ? C’est un scandale ? Non, c’est parce que cela fait le jeu du « populisme ». ( Voir encore...)


Le maire laisse les autres élus de sa majorité critiquer le gouvernement ou Maryse, mais s’arroge l’exclusivité de la réplique à la droite locale.

A. Claeys ne se bat pas contre la droite et sa politique. Constitutivement il compose avec elle comme il le faisait avec la majorité de droite du Conseil Général avec qui - il le répète plusieurs fois - on comprend qu’il s’entend bien.



Mais cette attitude au dessus de la mêlée n’empêche pas quelques petitesses. Il a été fait allusion au directeur d’un festival qui serait en divergence avec le directeur du TAP qui serait un méchant de l’histoire. Mais tout cela est suggéré, sans que jamais le nom du festival ni du coupable soit cité. Mais tout le monde peut comprendre qu’il s’agit du festival “Henri Langlois” puisqu’à moment donné sont évoqués les salariés de ce festival. Il en sait beaucoup, plus que nous... Cela doit vouloir dire qu’il a forcément raison, non ?

 La droite...

Sur le rapport de la chambre régionale des comptes, la droite intervient de façon très théorique sur le fléchage des budgets avec, en arrière fond, ses vieux créneaux identitaires qui consistent à réclamer la baisse de la masse salariale et à trouver que, par principe, il y a trop de dépenses culturelles.

Ce serait une grande victoire pour elle s’il y avait moins de salariés au TAP cinéma (cités nommément). Des petits Eric Woerth dans l’âme ! Par contre ils ne proposent jamais rien d’alternatif, sont heureux de prendre la pose de l’opposition officielle, le leader de la droite se sent visiblement valorisé car seul le maire lui répond, ils interviennent parfois de façon ridicule en se trompant comme des débutants sur une subvention.


La gauche gestionnaire peut gérer tranquillement : le danger ne viendra pas de cette droite-là !

 Les autres composantes de la majorité...

Le PCF et les Verts gèrent aussi bien que le PS et font des interventions souvent pertinentes sur le désengagement de l’Etat, sur l’écologie confinée à un seul supplément d’âme, sur l’achat du lycée des Feuillants en lieu et place de l’État (PCF), sur la subvention à Ryanair (Les Verts) : mais jamais ils ne s’écartent du vote “pour”, jamais ils n’envisagent de poser le débat sur la place public et de mobiliser la population sur leurs idées.

On peut dès lors penser que leur action de lobbying dans la majorité doit être bien épuisante. Et si on en juge par les résultats (sur la Palestine, sur Ryanair, sur le combat tous ensemble contre la droite, sur les Feuillants), si ça donne bien un certains nombre d’élus, ça semble aussi efficace que de pisser dans un violon.



Certaines têtes ont changé mais c’est exactement comme le gouvernement Jospin à son époque : un gouvernement qui gère la société telle qu’elle va.



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