NPA 86

Budget 2011 de la mairie de Poitiers

lundi 11 avril 2011 par Maryse DESBOURDES

Conseil municipal de Poitiers du 4 avril 2011.

Déclaration de Maryse DESBOURDES, élue pour la liste citoyenne « Pour une Alternative à Gauche » soutenue par le NPA et les Alternatifs.






En France, tous les fondamentaux de l’économie sont au rouge, le chômage réel ou masqué a explosé, cependant les bénéfices des entreprises du CAC40 ont frôlé leur record historique de 2007 avec 82,5 milliards d’euros.

Les politiques d’austérité du gouvernement se poursuivent au pas de charge pour faire payer les frais de la crise a la population, dans la fonction publique avec la mise en cause du statut, dans l’Éducation nationale avec la suppression de 16 000 nouveaux postes, dans la santé avec les reformes hospitalières en cours mais également au travers de toute une série de mesures qui ne cessent de s’accumuler pour augmenter le forfait hospitalier ou diminuer encore le remboursement des médicaments.

Tout augmente : le prix du gaz et de l’électricité, des loyers, des transports… sauf les salaires, et les revenus des chômeurs de plus en plus nombreux à être radiés, des précaires qui galèrent entre deux petits boulots de plus en plus aléatoires, des retraités qui subissent chaque jour un peu plus les conséquences des premières reformes mises en place depuis 1993.

Les élections cantonales constituent une nouvelle défaite électorale pour la droite. Après les élections européennes et régionales, c’est la politique de Sarkozy et de ses mandants du MEDEF qui est une nouvelle fois rejetée.

Mais la poussée électorale du FN déjà observée il y a un an, vient de prendre une nouvelle dimension. Elle a évidemment de multiples causes qui ne sont pas toutes liées à la peur d’une prétendue invasion par des réfugiés venus de l’autre côté de la Méditerranée, ou au discours de Marine Le Pen en faveur d’une prétendue laïcité dirigée avant tout contre les musulmans.

62,3% d’électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc et nul. C’est le signe de la colère sociale contre un système en faillite. La facture de la crise du système capitaliste continue de dégrader les conditions de vie et de travail des salariés. Crise sociale et crise écologique s’ajoutent pour discréditer le système et ceux qui le gèrent.

Il devient donc urgent pour combattre le FN, et ses idées racistes, d’apporter des réponses politiques anticapitalistes, de proposer la mobilisation contre les réformes libérales.

 La gestion que vous faites dans les collectivités n’est pas une base de résistance à la politique d’austérité du gouvernement.

En ne combattant pas les politiques libérales, en les accompagnant : vous n’incarnez pas vraiment un espoir de changement pouvant mobiliser les abstentionnistes.

Comment la population pourrait-elle accepter qu’on continue à lui serrer la ceinture, et comment faire confiance à ceux qui expliquent qu’on n’a pas le choix ?

Pourtant il est clair que les politiques nationales ont une incidence sur les politiques locales mais à aucun moment vous ne proposez de les combattre.

Nous condamnons sans réserve le désengagement continu de l’état, les privatisations, les suppressions d’emplois publics, le bouclier fiscal et les exonérations de cotisations sociales en faveur des plus riches, qui réduisent les recettes de l’état et accentuent les déficits publics. Pour les collectivités locales, ceci se traduit aussi par la baisse des dotations et les transferts de charge non compensés.

Cette année la ville n’augmente pas le taux de l’impôt, dont acte, vous avez pu vérifier les conséquences de la crise sur les habitants et leurs difficultés, mais en réalité c’est l’état qui par l’augmentation des bases de 2% va ponctionner les ménages puisqu’il a établi une prévision du taux d’inflation à 1,5% pour 2011 : on comprend mieux pourquoi vous ne remettez pas ou peu en cause sa politique.

Le taux zéro en 2011 est tout au mieux une pause que nous qualifierons « d’électorale » après les 3 dernières années de 2008 à 2010, les taux des impôts locaux ont augmentés de 10,9% (y compris l’impôt communautaire), l’inflation cumulée elle a été de 4,4% de 2008 à 2010

Les salaires et pensions de nos concitoyens des classes populaires et moyennes n’évoluent pas au rythme de l’inflation. Avec les pertes d’emploi, le chômage partiel, la précarité croissante, les déremboursements maladies, les franchises médicales et l’augmentation du gaz-oil, du gaz, des logements, pour ne citer que ceux là, leurs revenus ont même baissé.

On mesure donc, pour leur budget, les conséquences des augmentations de l’impôt local.

Les impôts locaux sont injustes, ils ne tiennent pas compte des revenus, les bases n’ont pas été revues depuis 1970, il faut réformer la taxe d’habitation pour plus de justice fiscale

il n’y a aucun débat sur l’augmentation des tarifs municipaux : 3% en 2009 , 2% en 2010 et 2% en 2011.

Pour la 4éme année les dépenses de fonctionnement et d’intervention sont en baisse (ce que la droite demande) au détriment du personnel, des subventions alors comment pouvez prétendre faire un budget de fonctionnement tourné vers la solidarité ?

C’est selon vous un budget contraint, oui par les désengagements de l’État, mais aussi par votre politique budgétaire tournée vers plus d’investissements pour des grands projets tape à l’œil tels que « Cœur d’agglo ».

C’est un budget qui ignore les conséquences de la crise sur les habitants , qui fait la part belle aux partenariats public privé, aux financements de l’école privée, à l’achat à la place de l’état du lycée des Feuillants par exemple.

Votre présentation du budget primitif par politique (culture, éducation,solidarité, maisons de quartier......) en dépenses et en recettes montre les déficits et cela nous interroge sur votre conception du service public, car en effet une crèche ne fait pas de bénéfice, une maison de quartier non plus, le service public, c’est la solidarité la réponse aux besoins du plus grand nombre, en dehors de la concurrence et des services marchands.

Ce n’est pas pour nous un budget de gauche, il accompagne les politiques du gouvernement, ne les combat pas. Il n’est pas construit avec les habitants, ne tient pas compte du malaise exprimé par le personnel, les acteurs sociaux et culturel de la ville.

De toute évidence, ce budget ne répond pas
aux besoins sociaux du plus grand nombre.

Pour nous, Il est urgent de consacrer une grande part du budget, par exemple :

  • aux associations qui agissent contre la pauvreté, la précarité, pour l’aide aux sans papiers, aux sans abris, aux plus démunis.
  • à l’emploi municipal plutôt qu’à « l’orientation principale de l’investissement concourant à la reprise économique ».
  • à la construction de crèches publiques avec du personnel qualifié parce qu’il manque cruellement de places à POITIERS seules 1/3 des demandes sont satisfaites !
  • à la mise en place de services municipaux peu onéreux pour les usagers, voire gratuits pour les personnes en difficulté sociale.

 Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas ce budget

 Quelques commentaires de ma part :

Ce conseil a duré 4h 30 et a traité de 120 délibérations. Sur le budget, c’est l’autosatisfaction qui régnait parmi les élu(e)s de la majorité (PS, PCF, Verts, FdeG, etc.). La droite a voté contre le budget, le modem s’est abstenu. Sur le taux zéro pour la ville, la droite s’est abstenue : là, j’ai voté pour.




Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 252228

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Communiqués, évènements, actions  Suivre la vie du site Elue municipale "liste PAG"   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.9 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 155