NPA 86

Plus que jamais sortir du nucléaire partout et tout de suite !

vendredi 27 mai 2011 par redac-npa86











 Au japon la catastrophe nucléaire s’amplifie...

Le Japon n’a déjà plus sa place dans le flot des informations quotidiennes. On pourrait croire que les choses sont réglées et qu’il n’y a plus d’inquiétude à avoir.

La réalité est tout autre !

A Fukushima, loin d’être maitrisée, la situation empire et les problèmes s’aggravent sur toute la région, inquiétant d’autant plus les populations que le manque de réponses adaptées pour gérer cette crise est manifeste. Il faut chercher cette information en dehors des grands médias, auprès d’une presse et de scientifiques indépendants.

 A la centrale de Fukushima : le pire des scénarios

TEPCO avait annoncé lui même début mai : « des trous ont été créés par le combustible nucléaire fondu au fond de la cuve du réacteur n°1 ».

Depuis peu, la fusion partielle du cœur est confirmée dans le réacteur 1, 2 et 3 (contenant du MOX – combustible composé d‘uranium et de plutonium).

C’est ce qui peut arriver de pire à un réacteur. Le cœur fondu, appelé curium « pourrait transpercer la cuve, puis la dalle de béton en dessous de la centrale et enfin la roche et la terre avec des conséquences sur les nappes phréatiques et les sols en général » dit Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (organisme indépendant sur la radioactivité).

En 1986, l’union soviétique avait coulé une dalle de béton sous le réacteur de Tchernobyl pour éviter justement ce problème majeur. Et en 2011, alors que deux mois se sont écoulés depuis le début de la catastrophe de Fukushima, on laisse une entreprise privée, dont le sérieux a déjà été mis en cause à plusieurs reprises, gérer seule la pire catastrophe nucléaire au monde...

 Les taux de radiation en hausse...

Pour « régler » ce problème, les taux de radiations acceptables... ont été revus à la hausse, pour une majorité de personnes susceptibles d’être victime de radiation (Adultes, enfants, travailleurs de la centrale) !

L’irradiation cumulative oblige, malgré cela, le gouvernement japonais à de nouvelles évacuations : jusqu’à 50 kilomètres autour de la centrale (information du 18 mai).

 La contamination s’étend au Japon

Des feuilles de thé contaminées ont été trouvées à 280 km de la centrale à Minamiashigara !

La crédibilité des agences de l’ONU, qui surveillent l’accident nucléaire au Japon, reste sujette à caution, notamment pour l’Organisation Mondiale de la Santé. Une OMS qui ne peut évaluer les risques de manière indépendante car soumise au bon vouloir de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avec laquelle elle est liée par un accord.

 La contamination radioactive de l’hémisphère nord devient une réalité

La pollution radioactive issue des réacteurs nucléaires en cours de désintégration à Fukushima devient maintenant de plus en plus mesurable. Le MOX, qui a été expédié de France au Japon, revient maintenant librement par voix aérienne ou océanique pour empoisonner la population et générer une pollution radioactive environnementale planétaire. Des traces de plutonium, d’uranium ont été retrouvés en Californie, en Alaska, à Hawaii (source : environnemental protection agency et gouvernement US).

Face au drame qui se déroule à Fukushima, vécu au quotidien par tous les japonais et qui n‘épargnera pas la population mondiale (par la voie des chaînes alimentaires), nous regrettons vivement la discrétion voire le silence de la majorité des grands médias.

L’enjeu économique et politique que représente l’industrie nucléaire en France en serait-il la cause ?


Face à ces dangers avérés, nous réclamons des mesures d’urgences partout et tout de suite :
  • fermeture des centrales/réacteurs d eplus de 30 ans
  • pas de nouveaux projets en France arrêt du chantier de Flamanville, pas d’EPR à Penly...
  • pas de nouveaux projets à l’étranger portés par l’industrie nucléaire française
  • abandon de nouveaux d’ITER et réorientation de la recherche.

A l’appel de : Alternatifs, Amis de la terre, CNT, Greenpeace, Npa86, Réseau Sortir du nucléaire, l’ACEVE, Solidaire, UFC Que choisir, Europe Ecologie les Verts, Vienne nature

 Malgré cela Sarkozy réaffirme le choix nucléaire en France

C’est à Gravelines, centrale située en bord de mer et fonctionnant avec du combustible Mox, que le mois dernier, Sarkozy a choisi de réaffirmer sa « confiance » dans la filière nucléaire en dépit des accidents réguliers et des catastrophes.

Depuis 50 ans, les présidents français successifs n’ont jamais remis en cause l’orientation nucléaire adoptée sous Georges Pompidou en dehors de toute consultation de la population (ni même de l’assemblée nationale). Ils se transforment les uns et les autres régulièrement en VRP des filières nucléaires militaire et civile : Giscard avec l’Iran du Shah, Mitterrand avec la doctrine nucléaire européenne, Chirac en Inde défendant Areva, Sarkozy avec la Libye de Kadhafi et la Chine aujourd’hui...

Ce dernier va même jusqu’à tourner au ridicule une sortie du nucléaire qui reviendrait à un « choix du Moyen-âge » ou équivaudrait à « se couper un bras »... !

Peut-on lui rappeler qu’une étude épidémiologique menée en 2008, à la demande du gouvernement allemand, avait démontré une hausse de 117% des leucémies infantiles dans un rayon de 5 Km des réacteurs nucléaires...

C’est ce même gouvernement allemand qui vient de décider de fermer l’ensemble de ses réacteurs de plus de 30 ans.

La majorité des pays dans le monde savent créer de l’énergie sans centrales nucléaires. La production nucléaire ne rend pas indépendante la France énergiquement puisque 100% de l’uranium exploité est importé.

Présentée comme la plus compétente, l’industrie nucléaire française ne cesse d’essuyer, depuis 40 ans, des déconvenues multiples : 54 des 58 réacteurs nucléaires français sont en réalité américains ; aucune solution n’existe pour les déchets nucléaires sinon de les envoyer en Sibérie ; EDF peine à exploiter correctement son parc de 58 réacteurs dont la disponibilité est tombée à 75 % ; l’EPR jugé, trop dangereux, ne trouve pas preneur chez les acheteurs étrangers potentiels.

 A Civaux, la sécheresse menace le fonctionnement

La centrale nucléaire de Civaux, comme toutes les centrales nucléaires, consomme une énorme quantité d’eau pour assurer le refroidissement des réacteurs même durant leur arrêt ou lors d’accidents comme à Fukushima. Le débit de la Vienne est si faible en été qu’EDF a du surélever le barrage du lac de Vassivière en Limousin, dont les réserves sont loin d’être inépuisables.

L’existence même de la Centrale de Civaux apparaît comme une aberration. En fait, elle a été voulue à cette place par René Monory (ministre de l’économie de l’époque) en tant que prototype de centrale sur rivière à faible débit comme argument de vente à l’Iran.

Une sécheresse exceptionnelle frappe actuellement la France et particulièrement la Vienne où le déficit en pluies est très grave.

Depuis 1945, Météo France n’a relevé que deux sécheresses plus graves en 1993 et 1953.

Un accident nucléaire grave peut se produire si le débit de la Vienne est trop bas pour assurer le refroidissement minimal.

La centrale prélevant à plein régime 6 m3/s, un débit minimum de 16 m3/s doit être garanti à la station-mesure de Lussac-les-Châteaux pour conserver les 10m3/s nécessaires à l’alimentation en eau potable de Châtellerault et conserver une qualité d’eau suffisante pour l’équilibre des milieux naturels.

Il faut rappeler que la Vienne est la principale source d’eau potable de la ville de Châtellerault, eau articulièrement menacée par les rejets de la centrale.

Il est actuellement difficile, voire impossible de connaître en temps réel le débit de la Vienne juste en aval de la Centrale de Civaux.

Les services de l’Etat ont informé tardivement que durant plusieurs jours en mai le débit était descendu en dessous du seuil fatidique des 16m3/s nécessitant d’effectuer des lâchers d’eau depuis le lac de Vassivière dans le Limousin, lui même en sous-remplissage.

Le 15 mai, le Directeur de la Centrale déclarait à France 3 que le débit de la Vienne était descendu à un niveau très inquiétant juste en amont de l’usine. Le débit de la Vienne aurait perdu 7m3/s en 15 jours. Dans les semaines à venir la centrale sera peut être amenée à cesser son activité.

Lorsque le débit de la Vienne est supérieur à 20 m3/s, la centrale de Civaux est autorisée à y rejeter des liquides légèrement radioactifs dans la Vienne. Sinon, elle doit stocker ces effluents en attendant une période plus propice pour les rejeter. Aura-t-elle une capacité de stockage suffisante sachant que des débits inférieurs à 20 m3/s ont été observés dès avril ?

Dans les semaines à venir la centrale sera peut être amenée à cesser son activité, ce qui n’empêchera pas de devoir poursuivre le refroidissement des réacteurs... Le changement climatique en cours met en évidence la fragilité de l’industrie nucléaire.


Arrêt d’urgence de la centrale de Civaux !

Arrêt des rejets radioactifs dans la Vienne !

Pour nous contacter  : antinuc86 [at] gmail.com


Documents joints

tract unitaire antinucléaire

25 mai 2011
Document : PDF
351.4 ko

Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 309109

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Ils, Elles sont en lutte  Suivre la vie du site Contre le nucléaire   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.9 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 99