NPA 86

Compte rendu de la réunion jeunes NPA86

samedi 22 octobre 2011 par redac-npa86

Le discours d’Alexandre lors de la réunion du Comité Jeunes NPA 86

"Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Il s’agit aujourd’hui d’une première, d’une première pour un nouveau comité, le comité jeune du Nouveau Parti Anticapitaliste de la ville de Poitiers, et plus largement, du département de la Vienne.

Puisqu’il s’agit d’une première, une partie d’entre-vous ne sait pas qui je suis, c’est pourquoi je vous annonce que je m’appelle Alexandre Raguet et que je suis le porte-parole de ce nouveau comité.

À l’occasion, je suis aussi membre de la direction jeune du NPA et j’ai déjà été candidat à deux reprises, aux régionales et aux cantonales, dans le département de la Charente.

Mais le plus important à retenir, c’est que je suis étudiant en histoire, militant révolutionnaire et anticapitaliste.

Chez nous ces titres n’ont pas beaucoup d’importances, je dirais même que nous nous battons pour ne pas être candidat, on se renvoie la balle, la patate chaude, un peu comme s’il s’agissait d’une tare.

Mais au-delà du côté un peu drôle de la chose, je me satisfait de cet état d’esprit, nous épargnant à coup sûr des manœuvres politiciennes qui nous seraient insupportables.

Tout ça pour dire que je ne vaux pas plus que quiconque présent dans la salle, je ne suis là que pour une chose, relayer les idées de mon parti, de mon comité, de mes camarades qui m’ont désigné démocratiquement. Et même si nous mettons en avant mon nom et mon visage sur les affiches ou sur les tracts, ne nous y trompons pas, notre but est bel et bien de faire avancer les idées qui sont les nôtres, les idées révolutionnaires, qui visent à renverser le système capitaliste, destructeur en terme d’économie, d’écologie, de solidarité. Créateur, malheureusement, en ce qui concerne le racisme, la pauvreté, ou encore les inégalités.


 Un projet, une méthode

Au NPA, nous sommes conscients que ce genre de projet, non des moindres, puisqu’il s’agira de s’attaquer aux plus forts, peut paraître utopique, et nous ne cherchons pas à cacher ce versant du combat.

Cependant, nous sommes partisans d’un mouvement de masse, capable de prendre son destin en main, afin que tous ensemble, nous puissions reprendre nos richesses volées.

Et le pouvoir devrait déjà commencer à trembler, car partout en Europe, les mouvements protestataires s’organisent, à l’image de l’Afrique du Nord, où les dictateurs chutent les uns après les autres, comme une rangée de dominos.

C’est pour cela que notre voix indépendante et anticapitaliste, doit aussi permettre de soutenir ces pays, et le meilleur soutien à apporter aux révolutionnaires du monde entier, ce serait que nous aussi, nous faisions dégager Sarkozy et sa clique sans plus attendre !

  les luttes

2012 et son élection présidentielle approchent à grands pas. Mais le rôle d’un parti comme le notre est de rappeler qu’avant le premier tour de l’élection présidentielle, il y a encore une multitude de combats à mener !

Les luttes dans l’Éducation sont inévitables, plusieurs grèves, notamment dans la Vienne ont déjà éclatées, c’est le cas par exemple à Louis Armand en début d’année, en plus des manifestations et des appels à la grève par les syndicats, qui ont attirés plus de 2000 personnes dans les rues de Poitiers.

D’autres luttes encore se sont déployées, comment ne pas parler des Fonderies du Poitou  ? Avec des ouvriers victimes d’un système dégueulasse, antisocial, où on demande à des travailleurs qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts financièrement, de travailler 4 heures de moins pour perdre un quart de leurs salaires ! Plus exactement de gagner 23% de moins par mois pour avoir une chance de garder leurs emplois.

Nous ne pouvons pas laisser faire ce chantage permanent sans agir.

Mais ce qu’il faut retenir de l’histoire des Fonderies du Poitou, c’est surtout le courage des ouvriers qui ont décidé de ne pas se laisser faire et de se lever pour engager une lutte pendant plusieurs semaines !

En élisant une nouvelle direction, des ouvriers syndicalistes, légitimes donc, puisqu’ils sont élus, et travailleurs, les ouvriers des Fonderies du Poitou font un pas vers l’auto-organisation.

Et même si ce genre d’action reste symbolique, elle représente pourtant ce vers quoi nous tendons, le pourquoi nous nous battons ! La démocratie ouvrière au sein des entreprises, le pouvoir de décision de la base pour contrôler où va l’argent et pour quoi faire !

C’est au regard de toutes ces luttes qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de tomber dans le panneau de l’élection.

Oui, il faudra aller voter en 2012, il faudra aller voter anticapitaliste, il faudra aller riposter utile, et pour cela, le bulletin Philippe Poutou sera le mieux approprié. Mais surtout, il ne faudra pas se contenter de voter, même le plus à gauche possible. Car le plus important aujourd’hui, c’est la lutte, c’est la lutte de tous les peuples opprimés qui ne veulent plus se laisser dicter leurs conduites.

 Un programme

Je vais maintenant m’efforcer de vous expliquer quelques points du programme que nous allons défendre dans les prochaines mobilisations sociales et électorales.

Le premier point que j’aborderais, est un point, une mesure, à la fois sociale et écologique. Il s’agit de la gratuité des transports en commun. 2,5 Milliards d’€. C’est ce que coûterait des transports en commun gratuits pour tous. 1 Milliard pour la seule Région Parisienne, et 1,5 Milliards pour le reste de la France. Cette mesure, elle permettrait de réduire considérablement les émissions de gaz à effets de serre dans les agglomérations et par la même occasion, elle permettrait à tout ceux qui ont peu de moyens de pouvoir se déplacer sans entraves. C’est pour cela que cette mesure sera au centre de notre programme car en plus d’être efficace, elle est facilement explicable, elle sort de la logique du profit et surtout elle est véritablement concrète.

Certes ces chiffres peuvent paraître faramineux, énormes, hors de propos, comparés à nos ridicules bourses étudiantes ou à un salaire de smicard. Mais comparés aux centaines de milliards que les États ont offert aux banques, ces chiffres sont microscopiques et là, pour le coup, le droit à l’indignation à vite tendance à se transformer en devoir d’indignation.

La capacité de se mettre en colère doit devenir mécanique. La légitimité du pouvoir en prend un coup et les prémices de la révolte apparaissent, partout dans le sud de l’Europe.

Reste encore à ne pas se tromper de colère, à refuser le repli nationaliste et à combattre le vote Front National.

De plus, nous pouvons nous rendre compte que le sauvetage des banques, opéré en 2008, n’a rien réglé du tout, il a juste permis aux spéculateurs et aux banquiers de s’enrichir, puisque ces derniers ne se sont pas senti obligés de rendre les bénéfices qu’ils avaient effectué avec l’argent des États, argent qui aurait pu permettre de financer la maternité populaire des Lilas en Région Parisienne, par exemple, pour aider les femmes à mieux se défendre contre les aléas de la vie et de la société patriarcale.

La preuve que les capitalistes n’ont pas de scrupules, est que la crise perdure, frappe encore et toujours, c’est l’effondrement des bourses de cet été, les dettes qui se creusent de plus en plus avec des conséquences directes sur le peuple comme la réforme des retraites qui nous oblige à travailler plus longtemps, le chômage qui du coup, ne régresse pas, les salaires qui stagnent, voir qui baissent, les licenciements, la destruction des services publiques... et en plus de tout ça, les capitalistes veulent nous faire payer leurs dettes illégitimes, alors que nous ne sommes en rien responsables de ces gouffres financiers !

Ensemble, partout en Europe, nous devons refuser de payer ces dettes, nous devons refuser de payer leurs crises.

  La dette

La dette parlons-en un instant, car au fond, nous utilisons beaucoup le mot dette sans expliquer d’où cette dernière provient.

En grande partie, et c’est celle-là que je vais vous expliquer, la dette est le fruit d’emprunts des États fait aux banques.

En gros, les États empruntent aux banques, pour renflouer... les banques ! Parfois, pour renflouer des patrons, comme Ségolène Royal avec Heuliez qui arrosait des patrons bénéficiaires à coups de millions d’euros au moment des régionales de 2010.

Et ces dernières, les banques donc, spéculent sur la dette, font de l’argent sur la dette, et n’hésitent pas à prêter encore et toujours de l’argent aux États puisqu’elles savent très bien que ces derniers, les États cette fois, rembourseront quoi qu’il arrive notamment grâce à la notation du triple AAA, vous savez cette note dont on nous parle tout le temps et grâce à laquelle on nous rabâche du matin jusqu’au soir qu’elle fait la gloire de la France, qu’elle permet à notre pays de ne pas s’effondrer, de ne pas imploser, un peu comme si le mépris de nos dirigeants et de leurs amis journalistes ou économistes, aller jusqu’à ignorer publiquement le taux de pauvreté qui s’abat déjà en France et en Europe !

Mais le moins drôle dans l’histoire, c’est que les États ont décidé que ça allait être à nous de payer la facture.

Parce que les gouvernements européens, qu’ils soient socialistes ou de droites, privilégient les intérêts des capitalistes à ceux des peuples. Car ne pas rembourser les dettes, voudrait dire que la spéculation ne domine plus le monde, mais que la politique reprend le dessus, avec aux commandes, le peuple.

Demander l’annulation de la dette aujourd’hui, c’est dire aux capitalistes que les peuples ne souhaitent plus jouer à leur petit jeu où ils gagnent toujours. Demander l’annulation de la dette, et l’imposer par des mobilisations sociales, c’est envoyer un signal fort ! C’est dire, au risque de se répéter, que c’est aux capitalistes de payer leurs dettes. C’est dire, nous allons engager le rapport de force nécessaire pour vous exproprier, pour reprendre notre argent volé, et l’utiliser à bon escient.

  La jeunesse

Et la jeunesse la dedans, quelle rôle doit jouer la jeunesse dans la transformation révolutionnaire de la société ?

Elle a tout simplement le rôle principal. Pourquoi ?

Parce qu’elle est plus vertueuse que le reste de la population ? Non, parce qu’elle est la partie de la population la plus touchée par les attaques, et parce qu’elle voit se profiler à l’horizon encore beaucoup de plans d’austérité, beaucoup de crises, beaucoup de misère. Je n’ai pas besoin de vous expliquer précisément le travail que nous avons à faire, les tunisiens nous ont déjà montré l’exemple, ils nous ont tracé le chemin, suivi des égyptiens, des libyens, des syriens...

C’est lorsque toute la jeunesse fait irruption sur la scène sociale et politique qu’elle joue pleinement son rôle. C’est lorsqu’elle est, unie avec les travailleurs, que la jeunesse guide les luttes, qu’elle se retrouve comme un poisson dans l’eau, qu’elle se retrouve à marcher pour détruire les murs qui empêchent chaque homme de s’épanouir véritablement.

La jeunesse doit prendre sa part de responsabilité, car c’est bien de ça dont nous parlons ! Lorsque l’an dernier, les étudiants ont traîné des pieds pendant le mouvement sur les retraites, alors que les lycéens étaient partis, les étudiants ont alors leur part de responsabilité dans l’échec de la bataille, même si les luttes, les AG, l’auto-organisation qui se créaient, nous laisse présager qu’il ne s’agissait pas véritablement d’une défaite mais du début de quelque chose, d’une nouvelle manière de combattre, avec les blocages plutôt que les grèves.

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les jeunes devront la prochaine fois être aux avants postes.

Et dans toutes les luttes ! Antiracistes, féministes, écologistes, anti-nucléaire... Chaque lutte peut mettre le feu aux poudres, reste ensuite, et c’est l’objectif que doit se fixer la jeunesse, à converger ces luttes, jusqu’à la grève générale. Jusqu’à l’explosion sociale.

 2012

On va de nouveau faire un petit point sur 2012. Sarkozy ne nous aura vraiment pas loupé durant tout son quinquennat, et il ne faut surtout pas perdre l’idée de le faire gicler.

Mais lorsque l’on voit la mascarade des primaires socialistes où finalement, nous n’aurons vu que des candidats faisant campagne pour le poste, d’Aubry à Hollande, en passant par Montebourg et les larmes de Ségolène Royal.

Préparons nous au pire avec le PS qui nous est présenté, car entre Sarkozy et Hollande, certes il y a des divergences, sinon ils seraient tous les deux à droite, mais il y a aussi beaucoup de similitudes. L

a règle d’or est au centre des débats, nous n’y échapperons pas. Parlons aussi du débat sur la mondialisation/démondialisation, comme si le monde était si manichéen, si tout noir, tout blanc.

Un peu comme dans les cours d’histoire où on nous explique qu’il y avait les gentils américains d’un côté et les méchants russes de l’autre. La caricature a toujours été combattue par les camarades du courant politique dont nous sommes issus.

Pendant la guerre froide, il y avait des gens qui disaient qu’il pouvait y avoir un socialisme à visage humain, démocratique, il y avait aussi le tiers-monde, et j’aimerais alors ajouter, et ce sera mon dernier point, qu’il y a aussi autre chose entre mondialisation capitaliste et la démondialisation protectionniste, que prône Montebourg certes, mais aussi Marine Le Pen.

Il y a l’internationalisme, propre notamment aux altermondialistes. Le NPA est pour une mondialisation, une société d’échanges, de partages, de justice. Mais nous sommes pour une mondialisation socialiste !

Je ne me battrais jamais pour une nation, pour une patrie, je suis internationaliste. Mon combat politique a toujours été pour les peuples, quels que soit leurs origines.

C’est justement je crois la cause qui fait que le NPA n’est pas comme les autres partis, sur d’autres points aussi nous nous différencions, mais celui-là, il est vraiment très important parce qu’il touche à un problème étique pour nous tous, le fait qu’il n’y a qu’un seul peuple, le peuple humain.

Et de toutes manières camarades, nous ne pouvons pas échapper à construire un système politique internationale, sinon comment pourrons-nous sauver la planète de la crise écologique qui s’aggravera si nous n’agissons pas ?

Comment pourrons nous stopper le racisme, fruit des guerres et des frontières ? Au NPA nos luttes sont mondiales, contre la dette, le racisme, le nucléaire, les famines.

J’ai apporté ce soir des réponses, je suis prêt, avec mes camarades, à en apporter de nouvelles mais ceci avec toujours en ligne de mire l’idée de construire une société où le mot racisme sera relégué au vocabulaire de l’histoire.

 Poutou

Avant de terminer je lance un appel à tout ceux qui se reconnaissent dans ce que j’ai pu dire ce soir, pour lutter avec nous, mais aussi pour la campagne des présidentielles et la candidature de Philippe Poutou, notre camarade ouvrier à l’usine Ford à Blanquefort à côté de Bordeaux. Nous avons besoin de toutes les forces possibles pour trouver les 500 parrainages, vous savez cette loi anti-démocratique qui pourrait empêcher à un courant politique comme le notre de ne pas être présent en 2012, alors qu’Olivier Besancenot était tout de même le deuxième candidat de gauche en 2007. Nous avons aussi besoin de vous financièrement, pour pouvoir financer cette campagne, car il paraît que l’argent c’est le nerf de la guerre. Enfin nous avons aussi besoin de vous pour relayer nos idées. Partout, à la FAC, sur vos lieux de boulot, en famille. Chaque minute utilisée pour nous aider sera importante et nous portera durant la campagne.

Le NPA jeunes vous remercie vivement d’être venu ce soir, pour notre première réunion. En ce moment même, au Chili, en Espagne, en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, les jeunes se mobilisent. Nous ne pouvons pas rester laxistes et devons engager dès maintenant des cadres de lutte pour les jeunes, afin d’apporter un soutien international. La lutte continue camarades, et j’ai coutume de rajouter, jusqu’à la victoire ! Alors tous ensemble, pour reprendre la phrase d’un grand révolutionnaire, et pour conclure mon intervention, réinventons l’utopie, soyons réalistes, exigeons l’impossible."


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 262415

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Communiqués, évènements, actions  Suivre la vie du site Communiqués NPA86   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.9 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 39