NPA 86

Conseil Communautaire de Grand Poitiers du vendredi 20 février 2012

vendredi 16 mars 2012 par Maryse DESBOURDES

Interventions de Maryse Desbourdes, élue « Pour une Alternative à Gauche » pour liste citoyenne soutenue par le NPA et les Alternatifs au Conseil municipal du 20 février 2012

  • Sur les orientations Budgétaires 2012 : rien ne change, rien n’est dit
  • Financement du Center Parc par l’argent public
  • Motion contre le prélèvement de l’état dans les caisses des HLM
  • Audit citoyen : interpellez votre Mairie !






L’illustration est de l’excellent Eneko

 Sur les orientations Budgétaires 2012 : rien ne change, rien n’est dit

"Depuis 2008, la situation financière, des états ,des collectivités ne cessent de se dégrader.

Les marchés et les banques imposent leur loi aux États, font et défont les gouvernements comme on l’a vu en Grèce ou en Italie.

Les solutions proposées, sont invariablement les mêmes, des plans de rigueur pour les populations et des cadeaux aux plus riches.

Les banques responsables de la crise se frottent les mains, elles empochent les milliards des états et continuent à spéculer ,depuis 2008 aucun gouvernement, pas plus que l’union Européenne ne veulent changer les règles.

Au contraire, l’Europe veut imposer encore plus d’austérité en proposant au vote au mois de mars un « nouveau traité » qui permettrait des sanctions automatiques envers les pays membres de l’UE dont le déficit dépasserait les 3% du PIB , tout en mettant sous tutelle ces pays

Ces politiques sont tout simplement scandaleuses et inhumaines comme en Grèce ou des enfants ne mangent plus à leur faim dans un pays ravagé par une succession de plans d’austérité .

Dans ces orientations budgétaires rien n’est dit sur les responsables de la crise et sur les conséquences de cette crise , rien sur les politiques d’austérité qui conduisent inexorablement le pays vers la récession.

Pour un grand nombre des citoyens survivre au quotidien devient un combat et pour tous , des annonces de prélèvements supplémentaires comme la TVA antisociale, l’augmentation des dépenses d’énergie, la fin du droit du travail (pacte compétitivité emploi) .

Les milliardaires eux justifient leurs enrichissement personnel comme étant l’intérêt des plus pauvres !

La crise des dettes n’est pas un phénomène surgit spontanément, cette crise trouve son origine dans une suite de choix politiques partagés et décidés par les gouvernements libéraux et socio libéraux qui se sont succédés., ils font des cadeaux fiscaux aux plus riches, ce qui a pour conséquence la diminution des dépenses publiques au détriment de l’ensemble des services publics, de la population

Ainsi en France en 1973, il a été interdit à l’état d’emprunter à la banque de France , celui ci a été soumis aux financiers et à leurs fameuses agences de notation.

Il en a été de même pour les collectivités locales qui ont été obligée d’emprunter des capitaux sur les marchés financiers suite à la privatisation du crédit local de France en 1991 par Michel ROCARD qui est devenue DEXIA en 1996.

Les mêmes ont interdit à la banque centrale européenne de prêter directement aux états, aujourd’hui la BCE prête aux banques à 1% ou 0% qui elles, prêtent aux états en triplant ou quadruplant le taux d’usure

L’état ne pouvant ignorer le scandale des prêts toxiques aux collectivités locales et acteurs publics locaux, l’assemblée nationale a remis le travail d’une commission d’enquête en décembre 2011 : l’encours risqué est estimé à 18,6 milliard dont 13,6 milliards pour les seules collectivités .

Ce travail a permis de mettre en évidence des défaillances à, tous les niveaux de la puissance publique , trésoreries, préfectures, chambres régionales des comptes, ministères, la crédulité et le manque de sérieux de certains élus, mais surtout la responsabilité des banques dont la célèbre banque DEXIA dont rappelons le qui a été renflouée par les états français et belge en 2008 puis de nouveau en octobre 2011.

Après avoir conduit des États à la faillite, les banques ne veulent plus avancer l’argent pour le fonctionnement même de l’économie et en particulier pour les collectivités.

Lors de ses vœux aux parlementaires, le 11 janvier, Sarkozy a appelé à ce qu’aucune collectivité publique ne soit « exonérée des efforts de maîtrise des déficits », annonçant un « sommet » des collectivités locales sur les déficits et citant à loisir les propos du président de la Cour des comptes, le socialiste Didier Migaud, pour qui une « réelle maîtrise de la dépense locale passe sûrement par une gestion plus rigoureuse des effectifs de la fonction publique territoriale »...

Les élus locaux n’auraient d’autre alternative aujourd’hui que de réduire les budgets du personnel et les dépenses sociales tout en augmentant les impôts locaux… ou de remettre en cause cette logique, d’entrer en résistance et refuser de faire payer la crise par la population et les plus pauvres.

Car la dette publique provient  :

  • * des moyens pharaoniques que l’état a mobilisé pour sauver les banques privées en 2008-2009 pendant la crise, d’un montant de 128 milliards d’euros
  • du manque de recettes dues aux mesures fiscales en faveur des plus hauts revenus, à la baisse de l’impôt sur les sociétés et à l’exonération des cotisations sociales pour un montant de 143 milliards d’euros en 2009

La rupture radicale avec la dictature des marchés financiers nécessite un moratoire immédiat sur la dette publique  : c’est-à-dire arrêter de payer plus longtemps des intérêts qui siphonnent toutes les richesses de la société vers les classes possédantes.

Les banques coupables doivent à présent supporter la totalité des surcoûts que leurs produits toxiques ont générés pour les emprunteurs.

les citoyens et des élus convaincus doivent s’unir pour exiger

  • l’annulation des dettes illégitimes,
  • la nationalisation, le contrôle public et citoyen du secteur bancaire

C’est ce que demande de nombreux comités autour de l’appel pour un audit citoyen de la dette.

Dans ce contexte, nous devons nous mobiliser dans la rue comme dans les collectivités et soutenir toutes les résistances qui existent contre les licenciements, la casse de l’éducation nationale, les luttes des SANS, papiers, logements…

Cette crise est celle du capital, ce n’est pas à la population d’en payer le prix alors,écrire dans les orientations budgétaires 2012 de la ville que « les collectivités territoriales vont ainsi contribuer à la réduction des déficits publics » , c’est comme l’an passé admettre que vous ne feriez pas une autre politique que ce gouvernement : c’est sidérant

Une nouvelle fois ce budget sera marqué par un désengagement de l’état et une nouvelle fois ce sont les habitants qui vont payer ce désengagement :

C’est la double peine

La ville n’augmente pas le taux de l’impôt, pour « préserver le pouvoir d’achat » dites vous, c’est un doux euphémisme car l’état se charge de les ponctionner, par l’augmentation des bases d’imposition de 1,8% alors qu’il a établi une prévision du taux d’inflation à 1,7% pour 2012 : on comprend mieux pourquoi vous ne remettez pas ou peu en cause sa politique.

Le taux zéro en 2011 et 2012 est tout au mieux une pause que nous qualifierons « d’électorale » après les 3 dernières années de taux votés à 1,4% en 2008, 2% en 2009, 1,3% en 2010 + 0,9% de taxe communautaire en 2010, 0,7% en 2011 et reconduite en 2012.

Le taux d’imposition de la taxe d’habitation est très élevé à Poitiers : 27,93% certes avec un abattement à la base de 15%, la taxe foncière elle est de 31,72%

Les impôts locaux sont injustes, ils ne tiennent pas compte des revenus, les bases n’ont pas été revues depuis 1970, il faut réformer la taxe d’habitation pour plus de justice fiscale

Vous ne dites toujours RIEN des tarifs municipaux qui ont augmentés en 2009 de 3%, 2% en 2010, 2% en 2011.

En 2012, les tarifs municipaux augmentent de 2%, sur quelle base faites vous ce calcul ?

Si, vous n’augmentez pas les tarifs de la restauration scolaire, mais n’y a-il pas encore des enfants qui ne déjeunent pas par faute de ressources des parents même avec un prix très bas ?

Les orientations budgétaires se suivent et se ressemblent,

Vous dites : la Solidarité ne s’exerce qu’après avoir dégagé + de 9M€ d’épargne nécessaire aux investissements.

Cette Solidarité est amputée ensuite des marges de manœuvres préservées pour le fonctionnement, dans les prochaines années, des équipements Saint Eloi, livrés fin 2012.

Cela se traduit par des dépenses de fonctionnement et d’intervention contraintes alors qu’en période de crise un rééquilibrage en faveur du budget de fonctionnement permettrait aux services de fonctionner avec des moyens plus conséquent en faveur de la population et en particulier de ceux qui souffrent le plus de la crise aujourd’hui.

Nous notons positivement l’augmentation du budget du CCAS, lié aux désengagements de l’état. Le gel des subventions de l’état est injuste ainsi que le gel des salaires pour la deuxième année consécutive des salaires des agents de la fonction publique.

Enfin, les investissements. La rénovation du centre ville Cœur d’Agglo peut elle être considérée comme investissement productif utile à tous ? En clair, tous les investissements ne se valent pas face à la crise.

Pour nous, Il est urgent de consacrer une grande part du budget, par exemple :

  • aux associations qui agissent contre la pauvreté, la précarité, pour l’aide aux sans papiers, aux sans abris, aux plus démunis
  • à l’emploi municipal plutôt qu’à « l’orientation principale de l’investissement concourant à la reprise économique »
  • à la construction de crèches publiques avec du personnel qualifié parce qu’il manque cruellement de places à POITIERS
  • à la mise en place de services municipaux peu onéreux pour les usagers, voire gratuits pour les personnes en difficulté sociale.

Depuis des mois nous avons bien raison, de dire, d’écrire, et même d’afficher que nous ne voulons pas payer leur crise qui n’est décidément pas la notre !

il y a une autre alternative à gauche, celle de combattre le système capitaliste, et de prendre immédiatement des mesures d’urgences en faveur des populations."

Le commentaire de Maryse Desbourdes :

  • Sur le débat sur les orientations budgétaires : débat" apaisé" dirait Claeys, il n’y a pas eu de coup de gueule, la droite à ce conseil ne soutient même pas la politique UMP (n’en parle pas) , mais trouve que l’effort de baisse des dépenses de fonctionnement (personnel) n’est pas suffisant, pour eux, il faut faire mieux avec moins.

il n’y a pas eu de réaction sur mon intervention, Claeys qui a dit que pour lui aussi le problème de la Grèce était inquiétant, et il a donné des bons points à sa majorité municipale.

  • en cours de conseil le conseiller PS Bouchareb est intervenu pour m’expliquer que la gratuité des cantines n’était pas une bonne chose, que la gratuité était synonyme de gaspillage et que les villes qui le pratiquait revenait en arrière, à Poitiers même, des familles trouvent que le minimum (0.40 centimes d’euros) est trop bas

J’ai répondu : je n’ai pas demandé la gratuité, mais je l’ai pensé très fort. je ne sais pas ce qui peut vous permettre de dire que les enfants qui mangent dans les cantines gratuites gaspillent la nourriture, ce n’est qu’une affirmation.

Je connais en effet 2 villes DRANCY et LE BOURGET qui pratiquent la gratuité des cantines, ce sont des villes gérées par la droite, ils ont estimé que les couts de mise en place des tarifs, ainsi que le recouvrement était important. Le maire de DRANCY est passé dans les médias très récemment et il a défendu son choix.


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