NPA 86

Crise des partis institutionnels et explosion du néo-libéralisme

jeudi 6 décembre 2012 par redac-npa86

Alors que la Droite et la Gauche traditionnelles s’autodéchirent, la politique que ces partis préconisent est plus que jamais à l’offensive. Pascal B. nous éclaire alors sur cette situation d’apparence contradictoire.

En près de douze ans, les 10 % les plus riches ont vu leur patrimoine presque doubler en euros constants. Mais pour les 30 % les plus pauvres, leur patrimoine en euros constants a stagné ou même pour la plupart d’entre eux a baissé.

Devant un tel constat officiel, il peut paraître sans intérêt de s’intéresser à la division de l’UMP. Mais c’est parce que le mouvement social n’est pas à l’offensive que le camp politique des inconditionnels du patronat peut se permettre de se ridiculiser. C’est parce que les forces antilibérales et anticapitalistes sont dans une posture de repli sur le terrain de la lutte des classes que les chefs politiques de la droite néolibérale s’entre-déchirent sans gêne.

La politique néolibérale considère que tout ce qui est privatisable doit l’être et le plus vite possible. La politique se réduit alors à la façon de faire accepter cette politique à la population. Nul grand dessein pour changer la vie puisque les capitalistes doivent avoir toute liberté de manœuvre ; les politiciens néolibéraux, de droite, mais aussi de gauche, se contentent d’accompagner le mouvement. En discutant en particulier sur les mesures xénophobes, leur intensité, leur présentation. Ils réaffirment, tous, que la propriété privée des moyens de production et de distribution, et des banques, est intangible, comme sacrée ; au contraire du respect dû à ceux qui y travaillent pour vivre sans faire de profit.

Dans ce cadre, les chefs de l’UMP se battent, non pour telle ou telle orientation politique, mais pour devenir le chef unique du parti. Les militants de l’UMP s’avèrent être de plus en plus xénophobes, islamophobes, homophobes, ennemis des syndicats et de tout ce qui peut contester même doucement l’ordre établi ; ils veulent un chef et n’entendent point trop discuter. L’idée d’organiser un débat d’allure contradictoire dans l’UMP s’avère avoir été quelque chose de contre nature pour les militants, les élus et les chefs de ce parti.

Alors ils ont fraudé, et cela ne scandalise pas les observateurs politiques. Sarkozy souhaitait que Copé et Fillon rassemblent des nombres de voix proches afin qu’ils se neutralisent et qu’il reste le seul chef suprême ; et ce fut fait. Mais le pauvre Sarkozy avait oublié que Copé comme Fillon veulent être candidat à la prochaine présidentielle... comme lui. Et donc ils ne le considèrent plus que comme un concurrent ; sa parole ne les contraint plus. Et les insultes fusent ; et ils faut prendre au sérieux ces insultes : de part et d’autre, on s’accuse de méthodes de gangsters. En effet, il n’ y a aucune trace d’honnêteté chez ces gens-là, aucun honneur ; dont acte.

Et si Fillon semble se positionner comme plus centriste que Copé, par opportunisme, il ne saurait faire oublier qu’il fut le Premier Ministre d’un Sarkozy et qu’ils appliquèrent ensemble et impitoyablement une politique antisociale. Une politique qui développa une xénophobie d’État. Copé et Fillon peuvent dire qu’ils ne s’allieront pas avec le FN, toute la politique qu’ils ont développée va dans le sens d’une alliance avec le parti des Le Pen.

Et le FN qui ne cède rien, attend que l’UMP achève de se diviser, ce qu’il a toujours prédit, pour proposer une union autour de son parti et de ses thèmes politiques.

Vraiment, le spectacle grotesque qu’offre la Droite ne saurait nous réjouir.

Le PS qui est subordonné aux volontés du MEDEF malgré les quelques velléités d’un Montebourg et de la gauche de ce parti, a connu des bagarres internes virulentes aussi. Toujours dans l’objectif de choisir un(e) candidat(e) aux présidentielles. Hier, Valls comme Montebourg soutenaient Royal. Avant-hier Fabius tenta d’apparaître à la gauche du PS (lorsqu’il appela à voter contre le Traité constitutionnel européen), c’était un gag. Il y a belle lurette que le PS n’a plus de revue grand public pour diffuser ses idées, puisqu’il n’a pas de principe autre que son ralliement au néolibéralisme.

La crise de la représentation politique est donc évidente. Les institutions de la Vème République investies par des personnages médiocres subordonnés aux intérêts privés produit ce résultat pitoyable.

C’est pourquoi l’alternative au capitalisme ne peut se construire que d’abord dans les luttes, du type de celle contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Des luttes déterminées, aux objectifs clairs. Une opposition de gauche au gouvernement, d’un type nouveau, y connaît une esquisse de réalisation. Il ne faudrait pas méconnaître l’importance des enjeux électoraux et institutionnels ; mais pour qu’une force politique pluraliste fasse céder les capitalistes, pour battre la Droite et l’Extrême-droite, probablement alliées demain, il faut prouver dans les luttes la possibilité de victoires partielles.

Pascal B


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