NPA 86

Conseil municipal du 10 décembre 2012

mercredi 12 décembre 2012 par redac-npa86

Compte-rendu du Conseil Municipal du 10/12/12 par Maryse Desbourdes élue "PAG" soutenue par le NPA, les Alternatifs et la Gauche Anticapitaliste.

Délibération 12 : créations d’emplois d’avenir : la ville de POITIERS propose de créer 17 emplois d’avenir en CDD d’un an renouvelable deux fois avec vocation, au terme de cette période, à une intégration dans les effectifs des fonctionnaires : rémunération au SMIC à temps complet.

La jeunesse était affichée comme la priorité du gouvernement durant la campagne électorale.

Mais il n’y aura pas de changement pour les jeunes, les emplois d’avenir et contrats de génération ne font que perpétuer une politique de précarisation de l’emploi.

Avec les contrats d’avenir et contrats de génération, le gouvernement propose la mise en place d’emplois aidés comme solution au chômage des jeunes qui au 3éme trimestre 2012 est le gros point noir : 24,2% des actifs soit 671 000 jeunes, dont une majorité de femmes.

Le gouvernement hollande s’inscrit dans la continuité de la politique de l’UMP.

Depuis 1977, date des premiers emplois aidés, les gouvernements successifs ont recours à ce type de contrats spécifiques, en les modifiants, en en créant de nouveaux et toujours dérogatoires au droit commun du travail.

Les emplois jeunes de JOSPIN ont été un fiasco, au début des années 2000, lorsque la question de la pérennisation des « emplois jeunes » a été posée, aucune embauche supplémentaire n’a été mise en place dans les secteurs concernés.

Le recours à ces contrats est un bon moyen de faire baisser temporairement les chiffres du chômage, mais ils ont aussi un effet d’aubaine :

  • Dans le secteur public, qui compte aujourd’hui plus de 800 000 agents non titulaires et dont la plus grande partie se situe dans la fonction publique territoriale , les emplois aidés représentent un bon moyen de remplacer des postes titulaires supprimés ou manquant par des emplois précaires.
  • Et dans le secteur privé, elles représentent une véritable aubaine pour les employeurs, plutôt que d’embaucher un CDI, il leur est bien plus profitable de prendre un contrat aidé, avec à la clef des exonérations de cotisations et une prise en charge partielle du salaire par l’état.

Lorsqu’il s’agit d’aider les entreprises a faire des profits au détriment du droit du travail l’état n’hésite pas !

La majorité des emplois se feront en CDD renouvelable 3 ans, mais une fois les aides terminées, retour à la case départ pour les jeunes : le chômage.

Il y aurait selon les discours dominants un problème d’ « insertion des jeunes ».

Pour les capitalistes, les jeunes demeurent une variable d’ajustement, d’avantage exposés aux contrats les plus précaires (intérim, CDD, alternance, stages...). Ils sont aussi souvent les premiers licenciés selon la règle du "dernier arrivé, premier dehors". Cette précarité est un problème pour les jeunes mais aussi pour l’ensemble des travailleurs, elle contribue a tirer les salaires vers le bas et à fragiliser les garanties collectives.

C’est d’ailleurs l’objet des négociations actuelles entre les Organisations Syndicales et le MEDEF qui utilise la crise pour imposer une véritable régression sociale.

Le MEDEF veut en plus du pacte de compétitivité, la remise en cause des droits sociaux et plus de facilité pour licencier.

Il n’a aucun souci à se faire il est entendu par ce gouvernement.

Avec ce dispositif, le gouvernement offre de nouvelles possibilités de contourner le droit du travail et d’habituer les jeunes salariés à la précarité.

Pour lutter contre le chômage et la précarité, pour proposer un avenir décent aux jeunes, il ne faut pas de nouveaux dispositifs, mais au contraire la transformation de tous les contrats précaires en CDI et l’application du droit du travail à tous et à toutes !

Vous proposez 17 emplois d’avenir en CDD d’un an renouvelable deux fois, avec vocation, au terme de cette période, à une intégration dans les effectifs des fonctionnaires.

Comme c’est bien dit : pour ne pas écrire que ce n’est pas certain que ces 17 emplois seront embauchés à la fin du contrat.

Nous voterons contre cette délibération, nous sommes contre cette politique qui consiste à créer de la précarité en donnant de l’argent public aux patrons.

Nous proposons que la ville de POITIERS embauche ces 17 jeunes comme fonctionnaires.

Il y a ensuite eut plusieurs interventions :

Les élus EELV ont soutenu la démarche, en demandent plus à la collectivité.

Le PCF soutient la démarche et demande qu’il soit possible d’embaucher ces jeunes avant les 3 ans s’ils ont les capacités.

Il y a eu 2 interventions de la majorité, une pour dire que j’étais une menteuse par rapport aux emplois JOSPIN, selon lui, les ¾ ont été recrutés en CDI et un autre pour dire que ce que je disais était insupportable en faisant référence aux diseux et aux faiseux.

A CLAEYS en tant que député a eu plaisir à voter cette loi.

J’ai réagi aux propos de la majorité : ce qui est insupportable, ce sont tous les licenciements et encore plus insupportable, la politique du gouvernement qui remplit les caisses des actionnaires et ne fait rien pour les salariés : nous défendons une loi d’interdiction des licenciements, et des droits nouveaux pour les salariés face aux plans dit "sociaux".

Délibération 62 : Opérations promotionnelles stationnement de véhicules publicitaires sur le domaine public.

Les publicités nous agressent à chaque coin de rue par leurs messages non sollicités.

Si l’on parle ici des seuls panneaux urbains, n’oublions pas que la publicité s’impose massivement à tous dans l’espace public sans qu’il ne soit possible d’y répondre (aussi bien dans la rue, qu’à la radio, à la TV, au cinéma, sur Internet, au restaurant, sur les vêtements, dans les transports publics, etc.).

N’est-il pas aberrant de laisser l’espace public à la merci de grands groupes et des publicitaires dont l’objectif unique est de vendre des produits et d’inciter à leur consommation, renforçant ainsi le système de surconsommation qui épuise les ressources et pollue le milieu ?

N’est-il pas indécent que ces grands groupes incitent toujours plus au gâchis alimentaire alors qu’une grande partie de la population ne peut se nourrir correctement aujourd’hui ?

La publicité est une pollution !

Les caravanes publicitaires sont interdites en centre-ville, secteur sauvegardé, mais autorisées place de Coïmbra aux Couronneries, place de France et place Léon Jouhaux aux Trois Cités :

Il faut les interdire partout !

Délibération 24 : intervention par rapport au TAP

A propos de la pièce de Romeo Castellucci "Sur le concept du visage du fils de Dieu".

L’auteur et les spectateurs ont été privés d’une scène suite à une décision du Préfet de ne pas accepter la présence d’enfants au prétexte de sécurité. C’est une censure.

Et pourtant il réfute la censure : "l’action de la préfecture a consisté à faire en sorte que soit garantie la liberté d’expression.". Gonflé !

Cette pièce a été jouée dans d’autres villes, un peu partout dans le Monde sans cette censure alors pourquoi pas à POITIERS ?

Roméo Castellucci a envisagé de ne pas jouer ce spectacle mais on peut imaginer les pressions qu’il a du avoir !

Vous avez reçu une lettre de l’association Sainte Jeanne d’arc de Poitiers vous demandant l’interdiction de cette pièce, vous avez répondu :

"La Mairie de Poitiers peut s’enorgueillir, comme l’ensemble des autres financeurs institutionnels, de ne jamais s’immiscer dans la programmation artistique des associations qu’elle soutient. Il en est de la Scène Nationale comme de la centaine d’autres structures que nous subventionnons et qui produisent la diversité culturelle dont tous les Poitevins peuvent se réjouir. Vous me permettrez de penser que dans une démocratie aboutie, il n’est pas du rôle des pouvoirs publics, en ce domaine, de s’ériger en prescripteur et encore moins en censeur.".

Le préfet représentant de l’état a cédé aux intégristes et cela est grave pour la liberté d’expression et de création.

Alors comment expliquez vous l’attitude du préfet ?

Les forces de police déployées n’étaient-elle pas là pour protéger le spectacle au risque de probables violences d’un groupe d’extrémiste catholique ?

Quelle est votre position ?

A CLAEYS a été tout a fait d’accord pour répondre  : il m’a remercié pour cette question.

Ce n’est pas le préfet qui a censuré la pièce mais la commission de protection des enfants présidée par un juge pour enfant et dont la décision s’impose au préfet. Il a dit qu’il ne connaissait pas cette pratique, que ça l’avait étonné et qu’il ne partageait pas cette décision.


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