NPA 86

Communiqué de l’intersyndicale du Crédit Immobilier de France.

samedi 15 décembre 2012 par redac-npa86

Communiqué de l’intersyndicale des salariés du Groupe CREDIT IMMOBILIER DE FRANCE.

Quand les deux amis Moscovici et Wahl manoeuvrent dans le dos de l’Elysée….

Le 27 novembre 2012

Suite aux positions affirmées des parlementaires (députés et sénateurs) réclamant la survie du Crédit Immobilier de France, plusieurs réunions sont organisées à l’Elysée sous la supervision d’Emmanuel Macron, Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée, entre la Direction du Crédit Immobilier de France, les représentants du Trésor, et l’ACP, les 5, 12, 19 et 27 novembre, afin d’étudier les scénarios de survie du Crédit Immobilier de France.

A l’issue de la 4ème réunion, une communication de M. Bouvard (PDG du Crédit Immobilier de France) indique que « cette réunion a aussi été l’occasion de rappeler l’attachement du Gouvernement à l’accession sociale à la propriété, pour laquelle des solutions doivent être mises en oeuvre vis-à-vis de la clientèle modeste et notamment des jeunes primo-accédants. La place et le savoir-faire du Crédit Immobilier de France et de son réseau pour la poursuite de cette politique sont reconnus. Dans cet esprit, un calendrier a été fixé pour proposer d’ici la fin de l’année la création d’une entité dans le cadre d’une discussion conduite par le Ministère de l’Economie et des Finances avec la Direction du Crédit Immobilier de France et la Banque Postale afin d’assurer la prise en charge de la clientèle sociale du Crédit Immobilier de France dans le contexte économique et bancaire actuel ».

A ce moment là, les salariés du Crédit Immobilier de France peuvent légitimement penser que la solution de Michel Bouvard préconisant la création d’une nouvelle entité recentrée sur son activité dédiée aux foyers modestes et atypiques est viable.

Le 4 décembre 2012

Suite à une rencontre officieuse avec Philippe Wahl (PDG de la Banque Postale), le sénateur-maire socialiste de Tours Jean Germain présente les propositions du groupe socialiste pour le sauvetage du Crédit immobilier de France. Contre toute attente, tandis que la position affichée jusqu’ici par les sénateurs, et notamment par la Commission des Finances du Sénat, était de soutenir la solution du PDG Michel Bouvard, les sénateurs socialistes indiquent, à travers les propos de Jean Germain qu’ils souhaitent que la Banque Postale reprenne l’activité du Crédit Immobilier de France à son compte. Il est surement savoureux de se rappeler que Jean Germain avait tenu un tout autre discours aux salariés du Crédit Immobilier de France lorsqu’il les a rencontrés le 18 octobre, tant ses propos du 4 décembre sont en opposition totale.

Cependant dans le même temps Madame Beaufils, vice-présidente de la commission des finances du Sénat, répond aux salariés du Crédit Immobilier de France, étonnés par la prise de position de M. Germain, que « seul M. Germain a cette position », et que « les autres groupes sont contre ».

On comprend la défiance de Mme Beaufils et des autres sénateurs de la commission des finances vis-à-vis de la prise de position de M. Germain, tant ses arguments et propositions semblent fantaisistes et contradictoires :

  • La Banque Postale serait déjà présente sur le marché de l’accession sociale à la propriété ?
  1. A plusieurs reprises dans ses communiqués, la Banque Postale reconnait sa grande faiblesse sur ce secteur. Contrairement au Crédit Immobilier de France, elle ne dispose ni des outils, ni des compétences nécessaires à un service immédiat, de qualité, et avec un risque maîtrisé.
  1. Depuis que le Crédit Immobilier de France s’est retiré du secteur à la demande de l’ACP, des centaines de foyers se sont présentés au Crédit Immobilier de France suite aux refus de la Banque Postale de les financer : une clientèle sans apport est pour elle une clientèle « subprime ».
  1. Sur le plan social, « plusieurs centaines » de salariés du Crédit Immobilier de France « pourraient être repris par la Poste. Pas moins de 250 ». « 500 personnes pourraient être recasées » dans des filiales du Crédit Immobilier de France, « 700 seront nécessaires pour gérer l’extinction du stock de prêts et il resterait 900 personnes à répartir dans le secteur bancaire », a évalué Jean Germain. En résumé, 700 personnes seraient en CDD de 3 ans (durée de la gestion en extinction) et 900 personnes seraient inscrites à Pôle Emploi.

Comment ces chiffres ont-ils été calculés ? De même, considérer comme une simple formalité le reclassement de 900 personnes dans le secteur bancaire, alors que la FBF annonçait officiellement le 4 octobre que « les banques (sont) confrontées pour la plupart à des évolutions profondes de leurs métiers qui les conduisent à donner la priorité aux reclassements internes » témoigne d’un optimisme peu en phase avec les réalités économiques du moment.

  • Jean Germain a toutefois reconnu que sa solution rendait nécessaire un « plan social pour 600 à 700 personnes, avec 2 ans de salaires ». Une annonce tirée du chapeau, sans aucun fondement dans la mesure où aucune négociation n’a encore été engagée avec les représentants du personnel. Qui prend l’engagement de verser a minima 2 ans de salaire à chaque salarié du Crédit Immobilier de France resté sur le carreau ?

Par contre, M. Germain confirme implicitement la prise de position officielle du gouvernement puisqu’il précise que « l’Elysée a annoncé une poursuite d’activité de cet établissement bancaire spécialisé dans les prêts aux ménages modestes ».

(Source « Les sénateurs PS préconisent que la Banque Postale se substitue au Crédit Immobilier de France » - 04/12/2012 AFP-Finance – AFP)

Le 5 décembre 2012

En écho aux déclarations de M. Germain, la Banque Postale communique unilatéralement sur « sa » solution : se substituer entièrement au Crédit Immobilier de France, sans donner suite à la demande du gouvernement d’étudier le montage d’une nouvelle entité, et donner « sur 2 ans une priorité à 300 collaborateurs du Crédit Immobilier de France, sur des profils et des compétences correspondant à ses besoins », ce qui est loin de constituer un engagement de reprise aussi ferme que ce que semblait attendre M. Germain.

(Source : communiqué LBP 05/12/12)

Elle annonce également la mise en place d’un partenariat avec les SACICAP, ce que ces dernières démentiront le 12 décembre en réaffirmant leur attachement à la mise en place de la solution défendue par la Direction du Crédit Immobilier de France.

(Source « Crédit immobilier de France : les actionnaires ne croient pas à la solution de l’Etat » Par Thibault Fingonnet – 12/12/2012 Tout sur l’Immobilier).

D’ailleurs, le même jour à l’issue du conseil des ministres, le gouvernement réaffirme, par la voix de sa porteparole, avoir « demandé à La Banque Postale (...) d’ouvrir les discussions avec le Crédit Immobilier de France sur ces deux sujets, la préservation des emplois et la reprise de cette partie sociale de l’activité ».

(Source « Crédit Immobilier de France-L’Etat a invité La Banque Postale à ouvrir des discussions » 05/12/12 Reuters)

Le 12 décembre 2012

Les SACICAP (actionnaires du Crédit Immobilier de France) sont convoquées par le Trésor suite à leur déclaration du jour même en faveur de la solution défendue par Michel Bouvard. Le Trésor indique aux actionnaires du Crédit Immobilier de France que la seule solution envisagée est la gestion en extinction du Groupe, sans aucune autre alternative.

Le 13 décembre 2012

Les coordinateurs syndicaux du Crédit Immobilier de France sont convoqués à Bercy, dans le but annoncé de leur donner « la position des pouvoirs publics de la manière la plus claire possible (…) à la suite des annonces, contradictoires, de ces derniers jours ».

Le chef de cabinet du ministre de l’économie, qui affirme s’exprimer au nom du gouvernement, affirme que la seule solution envisagée est la gestion en extinction du Groupe, sans aucune autre alternative.

Une position en totale contradiction avec celle exprimée par Emmanuel Macron, Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée, le 27/11, et rappelée par la porte-parole du gouvernement le 5/12.

Depuis plusieurs jours, les interventions de la Banque Postale et du Ministère des Finances vont à l’encontre des recommandations du Parlement et des décisions politiquement courageuses annoncées par l’Elysée.

Le Trésor souhaite sans doute éviter de soutenir le dossier du Crédit Immobilier de France à la Commission Européenne suite à sa prestation médiocre avec le dossier Dexia. Quant à la Banque Postale, après avoir consulté la data room, avoir posé pas moins de 600 questions, et apprécié le savoir-faire du Crédit Immobilier de France, ne peut-on pas penser qu’elle est « venue se former » afin de spolier une entreprise de son activité ?

Il est urgent que le Gouvernement recadre ses Ministres et les fasse parler d’une seule voix !

Pourquoi les guerres de clans entre technocrates devraient-elles prendre le pas sur le maintien d’un outil et d’un savoir-faire qui a fait ses preuves, comme le soulignent et le reconnaissent la majorité des élus de gauche et de droite qui ne cessent, hier comme aujourd’hui, de soutenir l’éclosion d’une solution alternative.

Il est urgent qu’il explique publiquement en quoi les 2.500 emplois directs du Crédit Immobilier de France, les 30.000 emplois induits par son activité financière et immobilière, les différents programmes de développement du logement social auxquels il contribue largement, et cela tout en exerçant son activité de façon rentable, ne nécessitent pas autant d’efforts que ceux, légitimes, déployés pour d’autres sauvetages.

Il est urgent qu’il explique comment il peut laisser annoncer une décision sans attendre les résultats des études alternatives qu’il a demandé au Crédit Immobilier de France de mener.

Il est d’autant plus urgent d’agir que le Crédit Immobilier de France contribue de façon importante à la propriété des ménages modestes, qui rencontrent des difficultés pour obtenir des prêts dans les banques « classiques » de fait de leur situation de précarité (CDD, intermittents, …) et dont la mise à l’écart serait inévitable si la solution proposée par M. Bouvard, et validée par l’Elysée, n’était pas mise en place rapidement.

Mesdames et Messieurs du Gouvernement, le Crédit Immobilier de France a rempli sa mission depuis plus de 100 ans, en s’engageant en faveur des familles modestes sans jamais coûter 1 € à l’Etat.

Les salariés du Crédit Immobilier de France, après avoir entendu le Parlement et l’Elysée répondre favorablement à leur appel, ne comprennent pas les agissements pour le moins douteux dont ils sont spectateurs depuis ces deux dernières semaines. Les salariés exigent que la solution retenue par l’Elysée préconisant la création d’une nouvelle entité soit enfin entendue par les fonctionnaires de l’Etat.

SNPSCI, CFTC, CGT, FO, CFDT, SNB, SUD.


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