NPA 86

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS - Plaidoyer en faveur de la Fraternité Universelle

mercredi 24 juillet 2013 par redac-npa86

Article du journal Prenons Parti n°3.

Lectrices et lecteurs qui parcourez cet article, je ne vous demande que ceci : lisez-le sans préjugé, sans les lieux-communs argués par les partis « responsables » endoctrinés par notre bonne vieille extrême droite ! Lisez-le sans haine, sans les œillères défraichies de la propagande de l’internationale de la détestation ! Lisez-le avec votre cœur, avec la passion de la vie, avec l’attention d’une conscience rafraichie, renouvelée dans un tourbillon de bonté, de camaraderie et de fraternité universelle !

L’auteur de cet article a choisi le célèbre mot d’ordre répété à foison par le peuple de gauche de tous les pays pour intituler ce texte : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous »

Pourquoi ? Parce que de l’union de tous les travailleurs découle l’égalité entre tous les êtres humains, le refus d’une quelconque discrimination entre les femmes et les hommes quelque soit leur orientation sexuelle, leur apparence physique, leur origine sociale et géographique.

Parce que de l’union de tous les travailleurs provient le nerf de la démocratie, la souveraineté de tous les êtres humains, la possibilité de décider de son propre sort dans le monde dit « politique » comme dans celui de l’ « économie ».

A vrai dire, ce mot d’ordre résume ce qu’est être de gauche ! Refuser le monde tel qui l’est ! Refuser l’ordre établi, les conservatismes et surtout le rejet d’autrui ! Etablir par une action méthodique et véhémente la socialisation des moyens de production !

Cette internationale de la véritable égalité ne cesse de se confronter dans notre pays et ailleurs dans le monde à l’internationale de la misère sur le sujet des étrangers et plus particulièrement sur l’im-migration et la participation des ces derniers dans la vie politique.

Regardons de plus près leur représentation de l’étranger, ou de celui que le camp de la haine considère comme tel, ainsi que la conséquence réelle de la politique de chacun sur la destinée des travailleurs.

L’étranger selon l’internationale de la haine

La conception de l’étranger chez les membres de l’internationale de la haine se circonscrit à ce que l’anthropologue appelle l’ethnie. Leur vision est faussée par le voile sombre de l’exclusion de l’autre. Nos très chers partisans de cette internationale ont des visages différents. Ils ont su conquérir les esprits d’une large partie du personnel politique allant de la droite la plus radicale à la droite du dit parti « socialiste ». Leur délirium va jusqu’à une conception raciale de la nationalité plus ou moins affirmée, plus ou moins cachée, plus ou moins revendiquée.

En France, la source de leur idéologie réside dans la loi inique du 22 juillet 1940 relative à la révision des naturalisations et la loi abjecte sur « le statut des juifs » en date du 3 octobre 1940 remplacée par celle du 2 juin 1941.

Cette musique obscène se retrouve dans les propositions du Front National autour du slogan dégueulasse « préférence nationale » de l’UMP et du FN autour de la déchéance de la nationalité, des tests ADN de paternité, des déclarations de M. LONGUET sur le « corps traditionnel français », de la politique de notre « bien aimé » gouvernement de « gôche » sur l’expulsion des sans papiers dans des pays dictatoriaux ou déchirés par des guerres meurtrières.

A travers cette idéologie mortifère souffle le vent de la division et de la suspicion entre les travailleurs bien "blancs", bien "nègres", bien "arabes" qui ne cessent de se faire exploiter par leur salaud de patron !

Ecoutez cette clameur qui fini par s’échapper de la société : « On est pas pareil, toi tu es un arabe » ou encore « retourne chez toi la France aux français » !

Voici la division qui s’infiltre, qui s’immisce, qui s’installe dans tous les pores de la société ! Et voici, le capitaliste qui continue à exploiter, à se gamberger de fric et qui, de son regard moqueur et son cigare à la bouche, s’amuse à voir le peuple se tirer dans les pattes.

Au demeurant, pour eux l’immigration s’avère « être le problème » ! Alors penser à ce que serait pour eux la participation des étrangers à la vie politique !

L’étranger selon l’internationale de la fraternité universelle

Le reflet de l’étranger dans le regard de l’internationale de la fraternité universelle est pleinement fondée sur le droit du sol. La gauche, en tout cas la vrai gauche, ne regarde pas l’origine de l’homme en face de lui pour l’identifier comme un concitoyen !

Une fois qu’un être humain vit dans un pays, il le considère comme un camarade, comme quelqu’un qui peut participer à la vie politique et sociale puisqu’il participe déjà à la vie économique !

Voici, la force morale de la gauche !

Voici le ferment sur lequel tout gouvernement de gauche devrait s’enorgueillir ! Voici ce que tout gouvernement de gauche dans l’histoire a réalisé !

Un bref rappel historique s’impose à nos amis de la « gôche » vallsienne et hollandaise ! Lors de la Grande Révolution, l’article 4 de la constitution du 24 juin 1793 dit constitution de l’an I a proclamé que :

« Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l’humanité - Est admis à l’exercice des Droits de citoyen français ».

Cette disposition a de la gueule non ?

Les anciens de la Commune de 1871 ont également suivi cette noble idée. La Commune de Paris a donc ouvert la citoyenneté aux étrangers :

"Considérant que le drapeau de la commune est celui de la République universelle ; considérant que toute cité a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent, la Commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis" aux élections !

La grande Révolution conseilliste russe de 1917 a aussi institutionnalisé cette politique à travers la Constitution du 10 juillet 1918 ! Lisez ces dispositions si simples mais si fortes de sens :

"20. En raison de la solidarité des travailleurs de toutes les nations, la RSFSR accorde tous les droits politiques des citoyens russes aux étrangers résidant sur le territoire de la République russe pour y travailler et appartenant à la classe ouvrière, ou aux paysans qui ne vivent pas du travail d’autrui, et reconnaît aux soviets locaux le droit d’accorder à ces étrangers le droit de citoyenneté russe sans autre formalité."

Malgré la faillite morale passée et actuelle du parti de la rue de Solférino, cette vision du monde a été récupérée mais diluée dans une sauce réformiste : En 1981, la 80e proposition des 110 propositions prévoyait le : « Droit de vote aux élections municipales après cinq ans de présence sur le territoire français »

Malgré le caractère profondément modéré de cette mesure, le gouvernement de la « gôche » mitterrandienne s’empressa de l’enterrer !

De même, en 2012, François HOLLANDE s’est engagé dans les mêmes termes ! Et encore une fois cette proposition a été finalement enfouie dans les puits sans fond des promesses non tenues ! Quelle honte !

Dans ce contexte, l’auteur de cet article se rappelle qu’un jour un ami lui a dit que « Le PS est au socialisme ce que l’impuissance est à la chasteté » ! Approuvons totalement ce constat ! En effet, le parti de la « gôche vallsienne » est mou dès lors qu’il s’agit d’avoir une politique vraiment de gauche ! Mais lorsqu’il s’agit d’appliquer la politique de la droite et des capitalistes, elle retrouve un courage inespéré, une vigueur qu’on n’aurait jamais pu soupçonner !

A titre d’illustration, le nombre d’expulsions de sans papiers en 2012 a été supérieur à celui de 2011 ! Autrement dit, le nombre d’ex-pulsion d’étrangers en situations irrégulières est manifestement plus important sous un gouvernement de « gôche » que sous un gouvernement sarkozien ! Cherchez l’erreur !

Toutefois, malgré le modérantisme de la proposition du parti de Solférino sur le droit de vote des étrangers, si cette dernière était appliquée, elle pourrait constituer un terreau pour étendre la citoyenneté à tous ceux qui vivent et travaillent en France.

Ainsi, cette proposition, malgré son caractère édulcoré, serait à même d’entraîner un souffle d’espoir, un sentiment de dignité morale et une exaltation de vie qui envelopperaient toutes les femmes et tous les hom-mes de notre pays en leur donnant du courage et en les poussant toujours en avant !

Prolétaires de tous les pays, Unissons nous dès maintenant !

Manue Martin et Camille Lacombe


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