NPA 86

LA LUTTE BRÉSILIENNE, LA CONSTRUCTION D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE ET D’UNE DIRECTION RÉVOLUTIONNAIRE.

samedi 27 juillet 2013 par redac-npa86

Le 11 Juillet a marqué l’entrée de la classe ouvrière dans les manifestations qui se sont déroulées dans tout le pays durant le mois de Juin. La journée nationale de luttes appelée par les Centrales Syndicales a enregistré des grèves de travailleurs, des barrages routiers et des manifestations dans au moins 23 États. Cela malgré le fait que la Présidente Dilma, avec l’aide de la CUT, ait tenté de diriger l’insatisfaction populaire vers un référendum sur la réforme politique.

Pour la première fois depuis les années 1980, les grands centres industriels ont connu des grèves, mais le jour suivant, les principaux journaux ont qualifié cette journée « d’immobilisation », comme s’il s’agissait d’une chose sans importance... Toutefois, le lecteur qui a décidé d’ouvrir le journal, a rencontré les nouvelles suivantes : “Les protestations ont affecté les ventes et la production", "la production a été arrêtée dans au moins quatre raffineries brésiliennes ...", "Renault a baissé sa production de 1300 voitures et 1 600 moteurs hier.”, ou encore “Les manifestants ont bloqué l’accès du complexe industriel de Suape, où 75.000 personnes travaillent dans 150 entreprises "," le port de Santos a été bloqué, le plus grand d’Amérique latine ", etc etc etc ...

A la suite des demandes pour plus d’argent pour la santé, l’éducation et les transports (ce qui a donné le ton des manifestations de Juin) ont été ajoutés des revendications historiques du mouvement ouvrier comme : - Réduction du temps de travail ; - Augmentation des salaires ; - Fin de la baisse des pensions de retraites et - Fin de l’inflation. Les revendications comprennent également la bannière de la réforme agraire et la suspension des ventes aux enchères du pétrole.

Mais le gouvernement et la bourgeoisie n’ont pas abdiqué. Outre la répression, quelques semaines après que des millions de personnes soient descendues dans les rues pour réclamer une amélioration des services publics de la santé, de l’éducation et pour des transports publics de qualité, le gouvernement brésilien a annoncé une nouvelle coupe de 10 milliards R$ dans le budget du pays. En mai, avait déjà été décidé une réduction de 28 milliards R$, nous avons donc une coupe budgétaire d’un montant total de 38 milliards R$ (presque 15 milliards d’€uros). De plus, ces coupes sont réalisées pour satisfaire l’excédent primaire (les économies « nécessaires » pour payer les intérêts de la dette). Ainsi, une nouvelle date est déjà programmée pour refuser la rigueur budgétaire emmenant à l’austérité : le 30 Août prochain, aura lieu une autre journée nationale de grèves.

Aujourd’hui la lutte continue, cette fois, suite à la venue du Pape Francisco au Brésil. Il y a eu beaucoup de manifestations dans la ville de Rio de Janeiro pour de meilleurs services publics mais aussi contre les dépenses déplacées pour la visite du Pape, et également toujours contre les dépenses exorbitantes liées à la prochaine Coupe du Monde. Dans la nuit du 22 juillet, à l’arrivée du Pape à Rio de Janeiro, la police militaire a joué son « rôle », une fois de plus, en orchestrant des scènes de fortes violences contre les manifestants qui s’interrogent et s’indignent légitimement concernant les dépenses de fonds publics utilisées pour accueillir le plus grand représentant de l’Église catholique au Brésil.

Il y a aussi une autre lutte importante, qui n’a pas cessé depuis les protestations de Juin dernier. Il s’agit des occupations, par les manifestants, des "Conseils Municipaux” (Camera, l’équivalent des CM au Brésil). En ce moment, ils continuent d’occuper plusieurs “Conseils Municipaux” de capitales brésiliennes. Les manifestants réclament une amélioration de la qualité des transports publics, une plus grande réduction des tarifs et même la gratuité pour les étudiants et les chômeurs.

Désormais, la tâche des brésiliens qui prennent la rue depuis plusieurs semaines est de construire une alternative politique et une direction politique de gauche pour ces combats. Parce que la force de la rue et les grèves ne parviennent pas, pour le moment, à construire cette force politique alternative au PT et à la CUT, et sans elle, ces derniers vont continuer à tromper les travailleurs (avec la droite traditionnelle) en menant une politique qui ne va en aucun cas dans le bon sens. La force des travailleurs et de la jeunesse peut alors se dissiper. Sans organisation, les mobilisations finissent par s’affaiblir et décliner.

Il est temps de penser stratégiquement. Nous vivons des moments historiques. La direction de la CUT -historiquement attachée au PT- commence enfin à descendre dans la rue. Il faut saisir l’histoire dans nos mains, pour changer le pays, pour faire une révolution socialiste qui réponde aux besoins et aux exigences des peuples, pas à celles des actionnaires et de la bourgeoisie. Et pour cela, il faut construire une direction révolutionnaire. Il est temps d’unir la vraie gauche brésilienne. Pour la construction d’une gauche anticapitaliste et révolutionnaire, avec une stratégie d’édification du socialisme qui place comme principe de base, l’indépendance de classe et l’auto-organisation.

  • Pour des transports publics et gratuits !
  • 10% du PIB pour l’éducation !
  • Réduction du temps de travail !
  • Augmentation des salaires !
  • Par la réforme agraire !
  • Moins d’argent pour la Coupe du Monde !
  • Contre la criminalisation et la répression des mouvements sociaux !
  • Ni PT, ni droite ! Pour un gouvernement des travailleurs !
  • Pour la construction d’une direction révolutionnaire !

30 Août, journée nationale de grève.

Augusto Nobre et Alexandre Raguet


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