NPA 86

La Crise "espagnole", qu’elle est belle !

jeudi 15 août 2013 par redac-npa86

J’ai la chance d’avoir un peu de famille à Barcelone, à qui rendre visite l’été. Il ne manque rien aux vacances, cet été, la chaleur et le soleil sont au rendez-vous. Et tant mieux, à vrai dire, car peu de Barcelonais/es ont vraiment les moyens de quitter leur piso pour partir en des lieux moins urbains.

Le premier visage de la crise est là, en effet : la population reste sur place, et bénéficie de tarifs dégressifs aux terrasses des cafés. La bière passe à un euro en terrasse dans les quartiers les plus pauvres, afin que la consommation continue. Plus loin, du coté de la vieille ville et des quartiers touristiques, les prix sont répulsifs pour les habitants du lieu. Et les coupes budgétaires sont dans toutes les têtes, les « retallas » qui pénalisent les petites gens, depuis les remboursements médicaux qui se font de plus en plus rares au point que certaines pharmacies font faillite, jusqu’au marché de l’emploi qui est totalement bouché.

Ma cousine est obligée d’avoir deux salaires, un travail le matin, un l’après-midi, pour espérer pouvoir se nourrir et payer les traites. Certains mois, les salaires sont payés en deux fois, et bien sûr il s’agit des petits salaires...

Les médias collaborent évidemment à cette situation, dans ce pays où l’équipement en télévision équivaut sans doute à celui des États Unis. Mediaset, le groupe de Berlusconi, possède une petite dizaine de chaînes, qui repassent à l’envi toutes les séries américaines. On ne verra pas à la télévision ces dizaines de personnes que j’ai vu fouiller les poubelles dans toute la ville. On n’y voit pas non plus la misère des travailleurs espagnols.

Heureusement, j’ai pu aussi voir des lieux de révolte, le syndicat CNT AIT, ou les affiches qui refusent les retallas (une paire de ciseaux barrée) ou encore des images des manifs de cet hiver qui ont opposé la guardia civil et la jeunesse espagnole.

Qu’on se rassure pourtant, il reste des riches, en Espagne, à Barcelone y compris. L’université privée Ramon Llul, du nom d’un poète catalan médiéval, est réputée être l’une des plus chères – alors que les droits d’inscription de l’université publique ont eux aussi augmenté avec le protocole européen (Lisbonne). Mais je n’en ai pas croisé, hélas, car ils étaient sans doute partis en vacances, eux.

A part la lutte des classes qui taraude la vie sociale, mais sans dire son nom, j’ai assisté aussi à l’emprise de l’église catholique sur le débat public, surtout avec le PP (parti populaire) au pouvoir. L’église ne paie aucun impôt, et reçoit de l’argent de l’État, ce qui lui fait une situation idéale pour s’ériger en actrice de terrain social.

A l’occasion de la défense de Rajoy contre l’Assemblée de Madrid, les sondages en cas de nouvelles élections donnaient pourtant le PP toujours vainqueur. Mais avec une montée de la IU (Izquierda Unida, gauche unitaire)... Mais je crois que ce qui prime dans la mentalité espagnole,c’est une grande méfiance à l’égard des partis traditionnels, et une envie d’agir différemment.

L’été n’est pas propice aux mobilisations, mais celles-ci peuvent reprendre à la faveur de la rentrée !

Bisous de mes vacances, Carine.


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