NPA 86

Un nouveau gouvernement brésilien ?

vendredi 21 novembre 2014 par redac-npa86

L’élection qui a eu lieu le 26 Octobre au 2e tour a été la plus polarisée du pays depuis 1989. Dilma Rousseff (PT) a gagné les élections face à Aécio Neves (PSDB), avec une petite différence de voix. La somme des votes des votes nuls, abstentions et blanc est de 25,73%. Cette élection était différente des autres depuis Juin 2013 et la forte mobilisation des travailleurs, des jeunes et des secteurs populaires. Ce désir s’est manifesté de façon très déformée, parce que beaucoup ont voté pour Aécio Neves (et avant pour Marina Silva) ont cru des mensonges ou ont tout simplement eu le désir de donner un vote de punition au PT, et beaucoup d’autres ont voté PT pour éviter le pire.

Du point de vue parlementaire c’est la droite traditionnelle qui a le plus progressé. Malgré cela, le PT et ses alliés continuent d’investir la plupart des députés et des sénateurs sortant. Mais ce gouvernement majoritaire est très instable et est impliqué dans de nombreux scandales de corruption, c’est notamment le cas avec PETROBRAS (une grande entreprise pétrolière brésilienne). Une autre préoccupation politique est dans l’augmentation du nombre de députés qui représentent les grandes entreprises. L’augmentation du nombre de députés représentant de l’agro-industrie, mais aussi les évangéliques est inquiétant. Cependant, alors que l’extrême gauche (PSOL, PSTU et PCB) ont augmenté de façon significative leurs voix dans le monde du travail, et même du point de vue du nombre de votes puisque le PSOL a élu plus de députés.

Après le dépouillement des votes, les discours de Aécio et Dilma ont répété le mots « réconciliation » pour surmonter la « division du pays ». La véritable division au Brésil n’est pas entre le Nord-Est et le Sud, ou entre São Paulo et le Nord-Est, mais entre ceux qui travaillent et les banquiers, la bourgeoisie qui dominent le Brésil. Aécio et Dilma cachent cette vraie division. Aécio représente les riches et gouvernerait pour eux s’il avait gagné. Mais Dilma et le PT aussi gouvernent pour eux et appliquent une politique économique qui a comme engagement le maintien et l’augmentation des bénéfices de la bourgeoisie.

Maintenant, la crise économique mondiale frappe plus fortement le Brésil, et les capitalistes ne veulent pas changer en faveur des travailleurs, ils vont vouloir augmenter notre exploitation, supprimer les droits pour épargner plus d’argent pour les banques et aussi payer moins cher notre travail, alors que le gouvernement annonce déjà des augmentations des prix de l’énergie électrique et de l’essence.

Cette crise est susceptible de s’intensifier, ce qui devrait conduire le gouvernement de Dilma Rousseff à aller plus à droite. Ce qui est déjà clair c’est la possibilité du président de Bradesco (la plus grande banque privée du Brésil) de devenir ministre de l’Economie. Tandis que des mouvements sociaux, qui ont fait campagne pour Dilma-PT pour éviter le pire, ira exiger que le PT remplisse leurs revendications historiques en défense des pauvres et des travailleurs.

La grande tâche de la classe ouvrière est de construire une alternative politique, indépendante de la bourgeoisie, qui peut vraiment unir tous les travailleurs, les jeunes, les pauvres et les opprimés de ce pays contre les riches, les banquiers, les grandes entreprises et les partis de droite qui sont alliés du PT.

Luttons ! Les changements viendront de la rue, des grèves, de la mobilisation et de l’organisation de la classe ouvrière, de la jeunesse et de la plupart des gens pauvres de ce pays.

Augusto Nobre


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