NPA 86

Le NPA de la Vienne souhaite rassembler l’opposition de gauche, mais dans une indépendance totale du PS.

lundi 29 décembre 2014 par redac-npa86

Réponse et contribution de militants du NPA concernant les élections départementales. Ce texte n’est pas la déclaration "officielle" du NPA.

Dans un texte paru sur le site du groupe Ensemble ! de la Vienne, le camarade Pascal C, s’interroge puis spécule sur la non-participation du NPA de la Vienne à ce qu’il nomme déjà "Inventons", c’est-à-dire à la liste EELV Poitiers-sud Vienne, PCF, PG et Ensemble !. Le texte ICI

Nous sommes surpris du fait que ce camarade nous interpelle en expliquant que le NPA ne se soit pas encore exprimé. Il est vrai que nous n’avons pas encore fait de communiqué de presse (ce calendrier nous appartient) mais il est regrettable de constater que Pascal n’ait pas eu connaissance de notre réponse adressée à Ensemble !, au PCF, au PG et à EELV. Oui le NPA a « fait connaître » immédiatement les raisons de ce désaccord avec ses partenaires d’Osons (plus le PCF) et nous sommes persuadés que Pascal en a été informé. Nous avons aussi rencontré Christiane Fraysse et Jacques Arfeuillère, élus pour le groupe « Osons » à Poitiers, et membres respectivement d’EELV et du PG.

Donc pourquoi écrire "Le NPA ne s’est pas exprimé à ce jour sur son refus de signer. On ne peut pour l’instant que se risquer à proposer une série d’hypothèses." Pourquoi porter de tels propos ?

Suite à notre intervention, aucun soutien n’est parvenu de nos partenaires, pas même d’Ensemble dont nous nous sentions pourtant si proches politiquement…

Le NPA abuse-t-il en demandant une totale indépendance vis à vis du PS, pourtant réclamée dès la première réunion unitaire (soutenue à l’époque par Ensemble et le Parti de Gauche) ?

Le NPA exagère-t-il lorsqu’il rappelle que, dès la première réunion, toutes les organisations réclamaient un accord départemental ?

Le NPA demande-t-il trop lorsqu’il souhaite être présent à 5% sur la liste, autrement dit 2 candidats titulaires et 2 suppléants à Poitiers, sur 20 en tout pour cette ville (et pas de candidats ailleurs sur le département) ?

Le camarade ne comprend pas cette décision et la regrette, nous pouvons donc à nouveau y répondre puis le NPA s’exprimera, via une déclaration publique, sur son choix, début janvier.

Nous allons donc revenir sur son texte en répondant sur le fond à ses interrogations même si ces dernières sont souvent à côté des réflexions ayant eu lieu dans les assemblées générales du NPA.

1. Il est d’abord primordial de se placer dans un cadre global. Crier "Enfin !", "Espoir" n’a pas vraiment de sens sans analyse concrète de la situation politique, le pourquoi du comment. Une crise politique est en œuvre, l’UMP croule sous les affaires et parait peu crédible, le PS au gouvernement est détesté par les classes populaires et le FN tire les marrons du feu. La gauche anticapitaliste coule avec le PS, notamment parce qu’elle est encore bien trop assimilée au PS, qui s’approprie le terme de "gauche". Le FN prospère justement sur le dos de nos renoncements et échecs à rassembler les travailleurs et les jeunes, rompre et s’opposer au PS (et à ceux qui s’allient avec lui), remporter des luttes significatives pour redonner du sens à l’action collective.

Le NPA se place toujours dans cette logique de front unique.

Nous voulons bien "continuer d’inventer", mais le problème est double :

A - Nous considérons que le cadre n’est pas adéquat (nous y reviendrons)

B - Il y a d’autres moyens que les élections pour inventer et il faudrait sans doute songer à passer moins de temps dans des réunions pour préparer des élections, pour l’utiliser à des tâches militantes désertées ou tout le moins beaucoup moins investies.

2. L’un des problèmes majeurs que pose le rassemblement "Inventons" est le rapport au PS. Comme nous l’écrivons plus haut, il faut rassembler la gauche du PS mais tout en s’opposant au PS... ne faire que l’un ou que l’autre n’a pas de sens et les programmes n’engagent que ceux qui y croient. C’est pourquoi il est nécessaire de clarifier les rapports au PS avant de construire.

Rappelons qu’EELV, bien qu’à "15/19ème" convaincu de partir avec Inventons, se présente dans 4 cantons avec le PS. Il ne s’agit pas de blâmer les camarades qui font le choix de se démarquer du PS, au contraire, nous reconnaissons un courage politique non-négligeable. Mais cette situation peut être suicidaire pour toutes la gauche du PS car elle maintient, une fois de plus, un lien avec le PS, qui nourrit le FN (à coups de « tous les mêmes, tous pourris ») ! Ces camarades devront trancher ces débats assez vite car, dans cette configuration, EELV est à la fois allié et adversaire.

En ce qui concerne le PCF, ces derniers ont annoncé qu’il n’y aurait pas de candidats élus avec le PS à Poitiers. Bien. Il s’agit d’un vrai geste politique même si le vrai geste politique serait que les élus PCF de Poitiers quittent la majorité et s’opposent à la municipalité qui mène, localement, une politique d’austérité. Par ailleurs, quel bilan tire le PCF du mandat de son conseiller général sortant, siégeant avec le PS ?

Mais nous ne demandions même pas cela au PCF, nous demandions simplement, comme à EELV, qu’aucun élu sur le département, l’ayant été avec le PS, ne soit candidat pour ce rassemblement. Cela n’a été accepté qu’à Poitiers par le PC et à la région par EELV.

Enfin, la question du deuxième tour nous posait aussi problème. Le rassemblement n’aura pas de position officielle et chaque parti ou candidat donnera sa consigne.

Encore une fois, nous souhaitions que l’indépendance du PS soit clairement la base de l’accord, et le fait de ne pas avoir de position tranchée à ce sujet pour le second tour ne nous satisfait pas. Chacun, chacune pouvant à loisir donner une consigne de vote, et notamment celle de soutenir le PS au second tour.

3. Le camarade Pascal nous incrimine ensuite de voir les autres organisations comme "monolithiques". C’est en tout cas une façon très "monolithique" de considérer le NPA et ses militants. Comme il le sait pourtant, nous sommes impliqués dans le groupe municipal "Osons Poitiers" et constatons nos propres évolutions et celles des autres dans le travail unitaire. Surtout lorsque nous sommes dans la pratique. Nous sommes également présents dans moult collectifs et syndicats, où nous côtoyons les autres partis. Malgré cela, majoritairement, EELV, notamment à cause de ses parlementaires, apparaît comme une force d’appoint du capitalisme, vert celui-ci. Les députés et sénateurs EELV ne s’opposent en rien au gouvernement. Mais des courants de gauche le font, c’est le cas à Poitiers. On a du mal à comprendre comment Jean-Vincent Placé, par exemple, peut être dans la même organisation politique que les militants écologistes qui militent au quotidien pour les droits des sans-papiers et étrangers, alors que celui-ci regrette qu’EELV soit le "parti des roms"... et ce n’est qu’un exemple.

Le PCF est aussi chamboulé par des débats (comme tout le monde, nous les premiers). Nombre de ses militants étaient contre les alliances avec le PS. Mais le problème avec ce parti n’est pas seulement tactique, le PCF est réellement bureaucratisé et contraint à ces accords avec le PS pour subsister, pour continuer à faire vivre son appareil. Et, à force d’accords avec le PS, le PCF n’apparaît plus comme un parti anticapitaliste mais comme une organisation républicaine , de gauche, ne remettant pas en cause le système mais voulant l’améliorer.

Cela ne veut pas dire que les militants de ces partis sont tous identiques. Il y a des débats et nous voulons les mener avec eux puisque les solutions devront être collectives mais il ne sert à rien de crier, la tête dans le sable, tout va bien, allions-nous, enfin !

4. Une fois avoir mis tout cela sur la table, il ne reste plus qu’à peser le pour et le contre. Quel est l’enjeu de ces élections ? Il est pour nous presque nul, à la différence d’Osons Poitiers, où il y avait la possibilité d’élire un groupe d’opposition de gauche, où il y avait une dynamique suite à la lutte autour de l’ancien théâtre par exemple.

Là, l’accord est "hasardeux" (pour les raisons susnommées) et il n’y a quasiment aucune perspective d’obtenir des élus. De plus, ne le nions pas, le NPA serait sous représenté et la marche de manœuvre pour nous extrêmement réduite (1 candidat à Poitiers si nous avions participé à l’accord). En fait, nous considérons qu’il y a plus à perdre qu’à gagner, surtout qu’aucune dynamique de lutte n’existe vraiment.

5. Et c’est là-dessus que nous souhaitons avancer. Ne pas se présenter à ces élections va nous permettre d’être sur le terrain (sans demander aux gens de voter pour nous) dans la rue, les collectifs, les entreprises, en faisant des formations.

Le collectif 3A, pour le moment amorphe, peut être un outil pour nous retrouver très vite, avec d’autres (syndicats, associations, ou d’autres groupes politiques, libertaires, LO). Pourquoi ne pas préparer une action unitaire, large, nationale, pour le Congrès du PS qui se tiendra en juin à Poitiers ? C’est une idée posée là, à débattre, et qui pousse à ne pas oublier que le front politique n’existera pas sans front social et que de nouvelles luttes entraînent souvent un renouveau politique et social, à l’image de Podemos. Tournons nous donc vers cela, les ZAD, les luttes d’entreprises, les solidarités internationales. Des ambitions nettement plus importantes que les élections départementales. Donc le NPA souhaite continuer à inventer, dans la rue.

Enfin, Pascal termine son texte par : « Nous sommes nombreux et nombreuses à souhaiter que le NPA revienne sur sa décision et participe à la campagne, de la façon qui lui semblera la plus adéquate avec ses convictions. »

Nous tenons à lui rappeler ce que nous avons déjà dit : « Nous sommes ouverts et souhaitons discuter à nouveau de ces points avec vous, car nous regrettons qu’ils fassent encore débat. Nous comprenons également que le temps passe et que des camarades souhaitent lancer la campagne.
 Sachez en tous cas que l’ensemble du NPA est pour un accord unitaire. Un accord unitaire capable de rassembler à gauche du PS et de construire une alternative politique, écosocialiste, également en dehors des élections car il est plus que temps de prendre la rue, d’agir concrètement sur le terrain des luttes. ». Il y a quelques jours, ces phrases, précédées de propositions concrètes relatant les points débattus plus hauts, n’étaient pas retenues par Ensemble !, préférant partir aux élections départementales avec le PCF, le PG et une partie d’EELV sans prendre en compte les avis du NPA…

Julien, Alexandre, Isabelle et Manuel du NPA86


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