NPA 86

Toutes et tous dans la rue le 1er mai !

samedi 25 avril 2015 par redac-npa86

RDV à 10H30 à Poitiers, place Coïmbra aux Couronneries

En ce 1er mai, ici comme partout dans le monde, nous invitons les travailleur-eu-ses, les chômeur-eu-ses, toute la population à venir porter leurs voix pour un monde libéré des rêves du MEDEF et de ce gouvernement à son service. Comme depuis presque 40 ans, nous avons encore assisté cette année à une série de cadeaux de la part du pouvoir en direction de la bourgeoisie et au détriment de la quasi-totalité de la population. François Hollande, Manuel Valls, au nom des politiques dites « d’austérité » et de « limitation des déficits publics », nous ont imposé notamment : le Pacte de compétitivité avec ses 50 milliards d’exonération patronales sans contrepartie d’embauche ainsi que la Loi Macron, qui banalise le travail du dimanche et de nuit, qui facilite toujours plus les plans de licenciements sauvages.

Le monde dont ils rêvent : On n’en veut pas !

Depuis plus de 40 ans, les gouvernements qui se succèdent, au service du patronat, nous assignent à plus de pauvreté, de précarité, de bas salaires, sur fond de casse de droit du travail et de privatisation des services publics.

Nous constatons la mise en concurrence entre travailleurs de tous les pays ainsi que l’institution à l’échelle internationale comme nationale d’une forme de jeu du « maillon faible » : entre les travailleurs et les chômeurs, entre les chômeurs, entre salariés du secteur public et ceux du privé, entre les hommes et les femmes, entre les « jeunes » et les « vieux », entre « français » et « étrangers ».

Selon les situations, les patrons et les monarques républicains nous vendent - sous le novlangue de la « modernité » ou du « pragmatisme » - une forme de retour à la condition salariale et sociale du 19ème siècle, situation qui s’apparente, sur de nombreux aspects, à celle vécue actuellement par les travailleur-euse-s chinois-e-s qui fabriquent nos appareils électroniques connectés dernier cri.

En 2007, Sarkozy nous a vanté le « travailler plus pour gagner plus » dans une France soit-disant oisive. Ces temps-ci, notre ministre du travail Rebsamen demande davantage de contrôle des chômeurs pour « être sûr que les gens cherchent bien un emploi » quand le ministre de l’économie Macron soutenu par Gattaz[1] leur donne des leçons de morale[2].

Que nous soyons « chômeurs » ou « travailleurs », « jeunes » ou « vieux », « hommes » ou « femmes », « français » ou « étrangers », il en va ainsi pour les puissants. Ils veulent que nous nous soumettions à leurs vérités du monde et à leurs discours sur leur vision du marché du travail et des rapports sociaux.

Nous devrions croire et obéir sans broncher aux dictats de la « mondialisation » capitaliste ainsi qu’à ses rejetons « crise » et « croissance », qu’ils voudraient nous faire percevoir de façon dissociée en poison et en remède. Le « gain du point de croissance » serait ainsi un remède à la « crise ». Il permettrait plus d’emplois. Il sert surtout à justifier toutes les mesures rêvées par la bourgeoisie : détricotage des droits sociaux qui protègent les travailleurs ou encore la marchandisation des services publics de la santé, de la culture, de l’éducation. L’objectif est d’accumuler toujours plus de profits faramineux. Dans ce cadre idéologique posé nous sommes idéalement considérés comme des variables d’ajustement assignées au rationalisme de l’économie capitaliste libérale : tantôt nous sommes des « consommateurs », tantôt nous sommes un « coût ». Il s’agit ici de nous utiliser au mieux pour « favoriser la croissance ».

En 40 ans, les revenus boursiers et du patrimoine ont explosé pour une minorité. Mais la misère et la précarité sont la norme pour plus de 80% de la population. Les idées de l’extrême droite d’une fraction de la bourgeoisie s’implantent dans les esprits d’une partie de la population et de nos dirigeants : elles guident les politiques racistes mises en place par ces mêmes gouvernements contre les « sans-papiers » ou encore les « roms », les « musulmans », autant de termes qui réduisent les êtres humains à des étiquettes, annihilant tout ce qu’ils sont d’autres ou pourraient être, contribuant à créer un sentiment diffus de peurs teintées de haine vis-à-vis du voisin qui n’est pas un clone culturel, économique, social. Quand le bouc émissaire n’est pas l’étranger, celui-ci sera l’école accusée de n’être pas assez adaptée aux besoins des « bassins économiques locaux », les fonctionnaires accusés de « privilèges » à abolir, les cheminots et leurs « régimes spéciaux ».

Parallèlement, nous assistons à la criminalisation des mouvements sociaux, au flicage des syndicalistes et des militants, plus largement de tous les citoyens, à l’enfermement carcéral croissant des personnes issues des classes populaires, considérées comme « dangereuses », particulièrement leurs jeunes.

Au niveau de notre écosystème, le capitalisme menace notre propre existence. Les animaux disparaissent, quand ils ne sont pas mutés génétiquement tel du maïs, les glaciers fondent, la radioactivité des centrales nucléaires accidentées se déverse dans la mer quand elle ne voyage pas sous forme de nuage dangereux.

Voilà le monde qu’ils organisent entre-eux et l’existence morbide, précaire, sécuritaire et consumériste qu’ils nous promettent. De ce monde-là, on n’en veut pas !

Réhabiliter par nos luttes l’utopie d’un monde où l’exploitation par le travail aura disparu : le moteur de notre histoire collective.

Pourtant nous ne sommes pas résignés. La victoire de Syrisa en Grèce, la percée de Podemos en Espagne, les luttes quotidiennes des travailleurs partout dans le monde nous prouvent que nous pouvons (re)prendre contrôle sur nos existences.

Ces dynamiques sont autant d’expériences d’organisation de la riposte dont nous pouvons nous inspirer, sans obligatoirement les calquer, pour résister au capitalisme tout puissant.

Parallèlement, il ne faut pas perdre de vue ce que nous voulons créer : un monde où tous les êtres humains seraient égaux, ouverts et solidaires entre eux, en harmonie avec l’écosystème de notre planète.

Nous n’avons pas peur de crier que si nous n’étions pas contraints par le mode de vie que nous imposent les bourgeois, nous préfèrerions ne pas travailler du tout et au contraire nous prônerions l’envie de se prélasser au soleil, dans les champs, le long des berges d’une rivière.

Alors laissons nos rêves d’un monde nouveau guider nos existences !

Dans cette société le travail ne sera pas de 40 heures, 39 heures, 35 heures ou même de 32 heures.

Nous aurons décidé collectivement et par nos luttes que la semaine de travail sera de 10h peut-être, si ce n’est moins. Nous lutterons pour « la semaine de paresse » de 80 heures, de 90 heures voire de 168 heures (7 jours de 24 heures) pour les plus utopistes.

D’ailleurs, appellerons-nous encore cela du « travail » ? Aura-t-il un autre nom comme pour signifier la rupture avec l’époque du capitalisme et du règne de la bourgeoisie ? La problématique du « droit au travail » aura sans doute disparue et celui de « droit à la paresse » aura triomphé de façon concomitante, jusqu’à la disparition totale de la nécessité de discuter de cette dichotomie socialement construite « travail » / « paresse », héritage obsolète d’un monde révolu.

 Nous aurons compris que le travail se partage avec tout le monde, selon les situations sociales, individuelles de chacun. Nous produirons sans doute moins et la nature, ravagée par le capitalisme, pourra se reconstituer. Il n’y aura plus de patron, de petit chef, de directeur des ressources humaines, de secrétaire, de chômeur, de cadre, d’employé, d’ouvrier.

Nous mangerons à notre faim, nous aurons un toit et personne ne sera à la rue. Nous ne paierons pas de loyer et encore moins notre nourriture parce que nous aurons décidé que cela n’a aucun sens dans un monde où la propriété individuelle aura été abolie, où les actes de chacun rendent l’autre et le collectif toujours plus libres. Nous irons rencontrer l’humanité aux quatre coins du monde, écrirons, lirons, peindrons, construirons des objets aux fonctions variées et aux formes les plus insolites, rirons de plein cœur.

Chacun fera vivre le communisme à la façon dont Marx l’entendait : « De chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins. »

 RDV à 10H30 à Poitiers, place Coïmbra aux Couronneries

[1] http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/...

[2] « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord »


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