NPA 86

Osons Poitiers « Maintenir la vie »

jeudi 1er octobre 2015 par redac-npa86

Les quatre élu-es sont Christiane Fraysse et Thierry Grasset (EELV), Jacques Arfeuillère (PG) et Manon Labaye (NPA).

C’est de l’audace que tout commence. Une audace pas sans réflexions, ni complications. Mais de l’audace tout de même. Portée par l’idée qu’une autre ville est possible, dans la droite lignée de sa mère espérant qu’un autre monde est possible. Sa mère, c’est l’utopie, partagée par les militants rouges et verts qui font « Osons Poitiers », qui ne lâchent rien, qui osent, qui, dans la logique de respectabilité de la caste poitevine tentent de faire rupture.

« Osons Poitiers » c’est un mouvement qui se veut citoyen, mais c’est aussi un rassemblement de partis, d’EELV, du NPA, du PG et d’Ensemble.

Tout commence en décembre 2013. La presse l’annonce : une liste de rassemblement rouge et verte sera présente à gauche du PS. Après une belle campagne, Osons Poitiers récolte plus de 15 % aux deux tours, puisque, vous l’avez compris, la liste d’opposition de gauche s’est maintenue. Depuis, l’aventure continue. Chaque mois a lieu une assemblée générale, ou citoyenne, une « réunion Osons » comme on l’appelle. Le lieu des discussions politiques entre tous, des choix stratégiques, des prises de décisions des actions à faire. Le lieu, aussi, de dialogues directs avec les 4 élu-es qui forment notre groupe au conseil municipal. Le lieu formel, puisque nos élu-es sont dans les luttes, dans la rue, au boulot, autant d’endroits où l’on peut les croiser et discuter, comme avec n’importe quel militant.

Par ailleurs, des réunions ouvertes à tous les citoyen-nes intéressé-es sont mises en place pour préparer collectivement les conseils municipaux et communautaires, afin d’éviter les phénomènes de délégations et de bureaucratisation. Mais malheureusement, encore peu de monde participe à celles-ci.

Différentes actions sont menées pour faire vivre le collectif militant. Sur les thèmes des transports, des cours d’eaux, de la pollution de l’air. Mais l’activité ne se résume pas à cela, et le rôle exercé aux conseils municipaux et communautaires par les élu-es est crucial : pour faire remonter la voix de celles et ceux qui luttent, les travailleurs de Vitalis, les territoriaux, les syndicalistes, les sans-papiers, les militants victimes de répression... ; et pour faire émerger un pôle d’opposition de gauche, montrer que la gauche ce n’est pas le PS et qu’une autre politique est possible.

Des débats et de l’espoir

Poitiers n’est pour autant pas une bulle rouge (même pas verte). Si le rassemblement EELV-NPA-PG-Ensemble suscite de l’espoir, il n’empêche que toutes ces organisations sont traversées par des dé- bats stratégiques importants, et, dès les frontières de la ville passées, les désaccords sont vites insurmontables, en ce qui concerne par exemple les rapports au PS (pour EELV et le PCF même si ce dernier ne participe pas à « Osons » puisque ses éluEs siègent avec le PS à Poitiers). L’idée d’un accord national est donc caduque. Mais d’autres débats existent, plus profonds, sur le rapport à la gratuité, à l’État, au légalisme. Il ne s’agit pour personne de nier ces désaccords et au contraire, d’en discuter, car à un moment M, il est possible de se retrouver sur des propositions communes, précises, d’urgence sociale et écologique, pour lutter contre l’hégémonie capitaliste et redonner de l’espoir à notre camp social.

La question de la destruction de l’État bourgeois pour en finir avec la domination capitaliste, le développement de la gratuité pour rendre la marchandisation has been et faire valoir la société d’abondance et d’égalité écosocialiste, ou encore les moyens de lutte subversifs et illégaux (manifestations interdites, hébergements de sans-papiers ou de réfugiés politiques, intérêts des peuples avant ceux des États, désobéissance civile, autogestion, squats...) sont des principes et moyens d’actions que les anticapitalistes maintiennent, mais qui ne sont en rien contradictoires avec une intervention dans les Institutions, une participation aux élections, pour porter notre projet, être plus forts et affaiblir « la caste », autrement dit ceux d’en haut.

En ce sens, il est logique et nécessaire de rassembler les réformistes, les utopistes, les révolutionnaires et les anticapitalistes pour faire face à des dangers communs : l’extrême-droite, les crises écologiques, l’austérité, le racisme, le sexisme ou encore l’homophobie... « Osons Poitiers » joue ce rôle dans une période de pourrissement de la société, celui de redonner de l’espoir à tout le monde, de maintenir la vie, de lancer aussi, peut-être, les bribes d’une recomposition politique, d’une nouvelle représentation politique des oppriméEs, au sein de laquelle les débats stratégiques pourront s’exprimer, un mouvement démocratique, de masse, non-délimité idéologiquement, en somme.

Alexandre Raguet

Article publié préalablement dans Prenons Parti n°14, journal du NPA de la Vienne (disponible en version papier, à prix libre, au près des militants du NPA).


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