NPA 86

11e édition du Festi­val Raisons d’agir

dimanche 14 février 2016 par redac-npa86

Thème : L’Europe et ses pouvoirs

Le site du Festival : http://festivalraisonsagir.org/

Le trai­te­ment imposé à la Grèce, au prin­temps 2015, a comme valeur d’exemple : suffrage univer­sel bafoué, senti­ment natio­nal humi­lié, classes les plus pauvres ruinées, le tout au nom de l’Union euro­péenne et de ses banques. Comment un tel scena­rio a-t-il été possible  ? Comment les tenants du libé­ra­lisme écono­mique sont-ils parve­nus à impo­ser un ensemble d’ins­ti­tu­tions et de poli­tiques publiques essen­tiel­le­ment centrées sur les moda­li­tés de la compé­ti­tion écono­mique et sur l’aus­té­rité budgé­taire, y compris s’il le faut, sous une forme auto­ri­taire  ? L’idée euro­péenne, les insti­tu­tions euro­péennes se réduisent-elles à cela  ? Ne peuvent-elles produire que cela  ?

Face au reste du monde, l’Eu­rope présente aujourd’­hui un singu­lier visage : celui de murs et de barbe­lés qui se dressent partout le long de ses fron­tières pour refou­ler des centaines de milliers de réfu­giés poli­tiques et écono­miques. Là encore, on semble loin de la promesse d’un conti­nent paci­fique, rayon­nant dans le monde par son atta­che­ment aux droits et à la tolé­rance. Comment l’Union euro­péenne peut-elle être aussi impuis­sante  ? Quels recours ont les citoyens  ?

Au fond, nous connais­sons mal l’Eu­rope. D’ailleurs, les élec­tions euro­péennes sont celles où le taux d’abs­ten­tion atteint souvent des taux record. Selon que l’on parle de l’in­dus­trie, de l’agri­cul­ture, de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’édu­ca­tion ou des droits de l’homme, le fonc­tion­ne­ment des insti­tu­tions euro­péennes est en réalité assez varié. Et les préro­ga­tives des diffé­rentes insti­tu­tions euro­péennes restent floues et mal connues. Quelques symboles tentent de donner corps à l’Eu­rope : l’Eu­ro­vi­sion, la ligue des cham­pions ou encore les étudiants d’Eras­mus. Mais le senti­ment d’une commu­nauté euro­péenne et un espace de déli­bé­ra­tion à l’échelle du sous-conti­nent peinent à se consti­tuer.

De leur côté, ceux qui font l’Eu­rope, euro-fonc­tion­naires, parle­men­taires, experts, repré­sen­tants de groupes d’in­té­rêt, jour­na­listes, vivent repliés sur eux-mêmes. Le quar­tier euro­péen de Bruxelles est le lieu rêvé des lobbies qui veulent défendre leurs inté­rêts finan­ciers. Ce monde du pouvoir euro­péen a même ses cher­cheurs en sciences sociales, qui déve­loppent eux aussi leurs propres outils d’ana­lyse, selon des sché­mas qui justi­fient le discours des tech­no­crates sur l’im­por­tance d’une certaine inté­gra­tion euro­péenne.

Se réap­pro­prier la connais­sance de ce qui fait l’Eu­rope au quoti­dien, dans ses règles de fonc­tion­ne­ment comme dans ses réali­tés sociales, est donc un enjeu parti­cu­liè­re­ment impor­tant. Les cher­cheurs en sciences sociales et tous ceux qui veulent peser sur la situa­tion actuelle doivent trou­ver les leviers pour repen­ser les enjeux euro­péens, pour dévoi­ler les méca­nismes à l’œuvre et penser les alter­na­tives possibles.

Fidèle à sa formule, le festi­val Raisons d’Agir asso­ciera le regard des cher­cheurs à celui des artistes, des mili­tants et des étudiants, afin de mener une réflexion collec­tive sur les débats poli­tiques contem­po­rains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croi­ser, sur ces ques­tions diffi­ciles, les expé­riences indi­vi­duelles et collec­tives, les savoirs et l’ap­proche sensible des faits.

Le pré-programme suscep­tible de chan­ge­ment à la marge

Mercredi 23 mars 2016 : L’ex­pé­rience des peuples euro­péens

Toute trans­for­ma­tion des poli­tiques euro­péennes semble vouée à se heur­ter à l’in­tran­si­geance des insti­tu­tions de l’Union, aux inté­rêts du patro­nat alle­mand et à la montée des idéo­lo­gies réac­tion­naires. Pour­tant, des idées nouvelles et de nouveaux modèles de pratiques soli­daires nous viennent d’Ita­lie, de Grèce, d’Es­pagne, du Portu­gal. Quels ensei­gne­ments en tirer pour nous-mêmes et pour l’ave­nir des socié­tés euro­péennes  ?

À l’Es­pace Mendès France

16h00–17h30 : Table-ronde : Expé­riences mili­tantes en Espagne et en Grèce, animée par Clémence Michoux

• Pascal Bois­sel, psychiatre, collec­tif France-Grèce soli­da­rité santé.

• Pascal Canaud, profes­seur d’es­pa­gnol, syndi­ca­liste.

• Odile Méndez-Bonito Magniez, réali­sa­trice docu­men­taire.

17h30–19h00 : Projec­tion de film : Voyage en Grèce en temps de crise, de Geor­gios Zois et Niko­leta Leousi, 2015 (1h20), présenté par Benoit Perraud.

20h30–23h00 : Confé­rence-débat : La soli­da­rité contre l’aus­té­rité, animée par Pierig Humeau

• Alexis Cukier, philo­sophe (Sophia­pol, Univer­sité Paris Ouest), auteur avec Stathis Kouvé­la­kis de La Grèce, Syriza et l’Eu­rope néoli­bé­rale. La Dispute, 2015.

• Robert Salais, écono­miste (Ecole Normale Supé­rieure de Cachan), auteur de Le viol d’Eu­rope, Enquête sur la dispa­ri­tion d’une idée, PUF, 2013.

Jeudi 24 mars : La fabrique de l’Eu­rope

Qu’ils s’agissent des milieux d’af­faires, des bureau­crates à Bruxelles, des syndi­ca­listes ou des mili­tants asso­cia­tifs, l’Eu­rope leur tient à cœur mais, bien souvent, en un sens fort diffé­rent : lobbying pour les uns et Europe des droits sociaux, de l’éco­lo­gie et des droits de l’homme pour les autres. Qui sont ces juges  ? Comment pèsent-ils dans les régle­men­ta­tions géné­rales  ? Quelle Europe (se) fabriquent-ils  ?

A l’Hô­tel Fumé

10h30–12h00 : Table-ronde : Ce que l’Eu­rope fait à l’agri­cul­ture, animée par Benoit Leroux

• Jacques Pasquier, syndi­ca­liste, membre du Conseil Econo­mique, Social et Envi­ron­ne­men­tal

• Des mili­tants de la Confé­dé­ra­tion Paysanne

12h00–14h00 : Buffet, préparé avec la Confé­dé­ra­tion paysanne, prix libre.

14h00–15h45 : Table-ronde : Ceux qui font l’Eu­rope, animée par Samuel Bouron

• Sylvain Laurens, socio­logue (EHESS, Centre Simmel), auteur de Les cour­tiers du capi­ta­lisme. Milieux d’af­faires et bureau­crates à Bruxelles, Agone, 2015.

• Hélène Michel, poli­tiste (Univer­sité de Stras­bourg, SAGE), auteure avec Elisa­beth Lambert du Diction­naire des acteurs de l’Eu­rope, Larcier, 2014. 16h15h-18h00 : Table-ronde : Ce que font les insti­tu­tions euro­péennes, animée par Maïa Drouard

• Anto­nin Cohen, poli­tiste (Univer­sité Paris Ouest, ISP), auteur de De Vichy à la Commu­nauté euro­péenne, PUF, 2012.

• Céline Husson, juriste (Univer­sité de Picar­die, CURAPP-ESS), auteure de Droit inter­na­tio­nal des droits de l’homme et valeurs, Bruy­lant, 2012.

20h30 : Projec­tion de film : Magna Grae­cia / Europa Impari, d’Anita Lamanna et Erwan Kerza­net, 2015 (1h17). Débat avec les réali­sa­teurs. Au TAP Castille

Vendredi 25 mars : Le repli natio­na­liste

La ques­tion des fron­tières de l’Eu­rope se rejoue constam­ment. Enjeu écono­mique d’éta­blis­se­ment d’un espace de libre-échange. Enjeu géos­tra­té­gique de consti­tu­tion d’al­liances. Enjeu poli­tique de construc­tion d’une iden­tité commune.

Enjeu de mani­pu­la­tion d’une histoire de clivage entre le ‘monde civi­li­sé’ et celui des ‘bar­ba­res’. Alors que la super­fi­cie de l’Union euro­péenne n’a cessé de s’agran­dir de 1957 à 2013 et que des tenta­tives d’élar­gis­se­ment se pour­suivent, l’heure semble être à une Europe forte­resse aux relents natio­na­listes.

À l’Es­pace Mendès France

11h00–12h30 : Confé­rence-débat : Médias et extrême-droite en Europe, animée par Hélène Stevens

• Samuel Bouron, socio­logue (Univer­sité Paris Dauphine, IRISSO), co-direc­teur avec Maïa Drouard de « Les beaux quar­tiers de l’ex­trême droite », Agone, n° 54, 2014.

14h00–16h00 : Table-ronde : Aux fron­tières de l’Eu­rope, animée par Véro­nique Rauline

– Mathilde Pette, post­doc­to­rante en socio­lo­gie (CLERSE/CERAPS – Univer­sité de Lille)

– Guillaume Marsal­lon, délé­gué de la Cimade en région Centre-Ouest

– Yves Judde de Lari­vière, béné­vole de la Cimade, groupe Poitiers Moving Beyond Borders », une expo­si­tion carto­gra­phique et photo­gra­phique de Migreu­rop en copro­duc­tion avec la Cimade. Avec les regards croi­sés des photo­graphes Sara Pres­tianni, Giovanni Cocco et Claire Belvert et des carto­graphes Olivier Clochard, Nico­las Lambert et Thomas Honoré.

L’ex­po­si­tion « Beyond Fron­tiers » sera instal­lée pendant toute la durée du festi­val.

16h30–18h00 : Projec­tion de film : La Nuit Remue de Bijan Anque­til, 2012 (45min).

21h00–24h00 : Soirée-concert : La Pari­sienne Libé­rée – Au bar Le plan B

« Chro­niqueuse-chan­teuse d’ac­tua­lité depuis mars 2008, La Pari­sienne Libé­rée a d’abord publié ses chan­sons de manière indé­pen­dante sous forme de clips vidéos sur inter­net et sur scène. Elle les a ensuite inter­pré­tées en direct sur la plateau d’Ar­rêt sur Images, avant de rejoindre Media­part en octobre 2011 »


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