NPA 86

Etre une femme à Poitiers en 2016

mardi 8 mars 2016 par redac-npa86

Etre une femme sans-papiers à Poitiers :

  • C’est vivre dans la peur permanente (la peur d’être contrôlée, violentée par la police, la peur d’être malade car l’accès aux soins est difficile),
  • C’est être confrontée à une langue qu’on ne maîtrise pas,
  • C’est être parfois sans abris dans le froid,
  • C’est être victime de racisme du à ses origines, sa couleur, etc...
  • C’est ne pas avoir accès aux mêmes droits qu’une femme française en ce qui concerne la santé, le travail, l’éducation, etc...
  • Et c’est surtout être expulsée dans des conditions inhumaines avec le soutien de la municipalité qui ne fait preuve d’aucune empathie. Sans oublier toutes celles qui se noient en mer et qui n’arriveront jamais jusqu’ici...

Etre une femme sans emploi à Poitiers :

  • C’est être victime de la précarité qui touche de plus en plus de personnes
  • C’est passer une bonne partie de ses journées chez soi et donc assurer toutes les taches domestiques.
  • C’est perdre du lien social.
  • C’est se retrouver sans revenu le mois qui suit le licenciement (l’entreprise tardant délibérément à remplir les documents donnant droits aux allocations chômage, et ce mois perdu, tu n’as pas le droit de bénéficier du RSA car tu vas avoir des droits à l’allocation ARE).
  • C’est se retrouver avec des frais bancaires de votre banque suite à des prélèvements rejetés.
  • C’est appréhender l’ouverture de la boîte aux lettres et devoir faire des choix pour le règlement des factures en ne sachant pas s’ils sont judicieux.
  • C’est éviter les voisins, amis et autres par peur qu’ils parlent "travail" car si vous n’en avez pas, vous vous sentez jugée par la société qui fait passer les chômeurs pour des assistés ou fainéants.
  • C’est être écartée de sujets de conversation pour lesquels vous ne pouvez prendre part : vacances, sorties ludiques, culturelles, touristiques...
  • C’est fixer son attention sur les prix quand on fait les courses.

Etre mère à Poitiers :

  • C’est d’abord avoir de la chance si une place à la maternité est disponible ! La nouvelle maternité a été inaugurée il y a quelques mois, mais elle ne répond pas suffisamment aux besoins. Peu de places sont disponibles et une bonne partie des femmes qui viennent d’accoucher sont transférées au service gynécologie (pas très adapté pour accueillir des nouveaux-nés).
  • Ensuite c’est le problème de l’inscription à la crèche qui se pose. Là aussi il y a un problème de place. Beaucoup de demandes ne sont pas satisfaites et oblige donc les mères à se tourner vers d’autres solutions, notamment les assistantes maternelles. Cependant le coût pour employer une assistante maternelle est bien plus élevé qu’une place en crèche, allant jusqu’à 800€ par mois avec au mieux un peu plus de la moitié remboursée par des aides de la caf.
  • La solution qui reste pour certaines mères, c’est de garder leur enfant elles-mêmes, en renonçant à leur travail ou à leurs études.
  • Et après la crèche vient l’école... Sur Poitiers plusieurs dizaines d’enfants ont eu 3 ans en ce début d’année mais n’ont pas pu être inscrits à l’école, également par manque de place...
  • Etre mère c’est également être victime de sexisme dans l’espace public. Vous pourrez remarquer par exemple que dans le centre commercial des cordeliers il y a un espace pour changer les bébés, mais sur la porte il y a un panneau montrant une femme qui change son enfant. Les hommes ne peuvent pas changer les couches ?
  • Sans oublier tous les trottoirs qui ne sont pas adaptés aux poussettes.
  • Idem pour les bus où il faut souvent porter la poussette pour monter et descendre (sans aide évidemment) !

Etre une femme salariée à Poitiers :

  • C’est être comme partout victime des inégalités salariales, des pressions psychologiques, etc...
  • C’est rencontrer des difficultés lorsque l’on veut poser ses congés maternité.
  • C’est souvent travailler à temps partiel et en CDD.
  • Et sans oublier la réforme du code du travail dont la régression sociale touchera les femmes en première ligne !

Etre étudiante à Poitiers :

  • C’est être régulièrement victime de sexisme notamment lors des bizutages en début d’année où des étudiantes sont humiliées. Ou encore avec l’association des bitards subventionnée par la mairie qui véhicule une image rétrograde de la femme.

Etre une femme élue à Poitiers :

  • C’est se faire régulièrement couper la parole par des hommes, qui parlent généralement plus fort.
  • C’est être moins écoutée et moins respectée qu’un homme.
  • Dans la majorité les postes importants sont occupés par des hommes (finances, directeur général des services, culture, sport, sécurité, urbanisme...)
  • C’est devoir justifier sa présence d’élue quand elle ne correspond pas aux critères habituelles (l’élue de Poitiers doit avoir plus de cinquante ans et porter un tailleur !)

Etre une femme prostituée à Poitiers :

  • C’est souvent être sans-papiers ou étudiante.
  • C’est être les premières victimes de précarité.
  • C’est être considérée seulement comme femme-objet.
  • C’est sûrement être les plus exposées aux violences machistes et à la domination d’un homme.
  • C’est être violée tous les jours... Non les prostituées ne le sont pas pour le plaisir mais pour survivre !

Etre une femme sportive à Poitiers :

  • C’est être relayée au second plan, après les basketteurs et volleyeurs, stars de Poitiers. Pourtant il y a bon niveau de football féminin à Poitiers, par exemple avec l’équipe des 3 cités dont personne ne parle.
  • C’est devoir faire face aux remarques misogynes pour déstabiliser lors des compétitions sportives .
  • C’est aussi avoir peur d’aller faire un jogging par peur d’être agressée.

Etre une femme militante à Poitiers :

  • C’est prendre le risque d’être violentée par la police, mise en garde à vue et jugée au tribunal pour avoir défendu la nature et secoué une barrière !
  • C’est aussi être minoritaire même dans le milieu militant.

Cette liste est loin d’être complète mais ce ne sont que des exemples concrets qui montre qu’à Poitiers comme ailleurs on est loin de l’égalité homme/femme. C’est facile de faire graver sur le fronton de la mairie la devise « liberté, égalité, fraternité » le mieux serait de redonner du sens à ces mots.

La lutte pour l’émancipation de toutes les femmes est un devoir quotidien et ne doit pas se limiter à une journée symbolique par an !

Des militantes du NPA de Poitiers

Sans emploi et avec des enfants


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