NPA 86

A gauche, construire une candidature de rassemblement anticapitaliste

dimanche 6 novembre 2016 par redac-npa86

La nouvelle du week-end nous vient du vote de la direction du parti communiste français de ne pas soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ainsi, le secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, a été mis en minorité. La décision finale sur la stratégie qu’adoptera le PCF en 2017, pour la séquence électorale, présidentielle et législatives, sera tranchée par les militants, via un vote.

Deux choix sont alors mis en avant. Le soutien à la candidature de Mélenchon, ou la présentation d’un candidat communiste en 2017.

Ces deux choix montrent la crise dans laquelle est plongée le PCF, contraint à se dissoudre dans un cadre où seul Mélenchon a droit de salut ; ou obligé de présenter un candidat qui réalisera un score catastrophique.

De plus, une candidature communiste augmenterait la liste des candidats à la présidentielle, alors que la direction du parti n’a eu de cesse, depuis des mois, d’appeler à l’unité, avec le mot d’ordre « La division ne passera pas par nous ».

Toutefois, sans présager le résultat du vote des militants communistes, ce premier coup de théâtre montre plusieurs choses.

D’abord, que le parti communiste s’est « démocratisé », au moins au sens du pluralisme.

Ensuite, que les attaques anti-partis, et anti-communistes de Mélenchon, ont heurté de nombreux communistes, ne supportant pas de se soumettre à un dirigeant autoproclamé.

Mais il est aussi important de dire que ce vote anti-Mélenchon rassemble des horizons différents, entre ceux qui veulent l’unité (y compris avec le PS), ceux qui veulent en revenir à un parti lutte de classe et refusent les dérapages du Tribun de la France Insoumise, et enfin ceux qui veulent continuer à négocier des places avec le PS, et ne se retrouvent pas dans le discours anti-PS de Mélenchon. En ça, l’ombre de Montebourg est toujours présente...

Que faire ?

Le mouvement contre la loi travail fût la bonne surprise de ces derniers mois. Alors que le rapport de force entre les classes sociales nous est extrêmement défavorable, cette lutte a permis de redonner de l’espoir à gauche. Néanmoins, contrairement aux mouvements historiques qui furent capables de porter des gouvernements de gauche réformiste au pouvoir (1936, 1981, 1997), le mouvement « contre la loi travail et son monde » s’est produit dans un contexte où c’est la « gauche » qui est au pouvoir. De ce fait, la mobilisation n’a pas de débouché politique crédible, dans un pays où c’est toujours la social-démocratie qui a su récupérer les mouvements sociaux pour gagner les élections. Nous en sommes en partie responsables, mais nous n’inverserons pas cette donnée le temps d’une campagne.

Contrairement à ce que pense Mélenchon, le mouvement social, et les Nuits debout, ne l’ont pas « récupéré ». Celui-ci ne représente pas une alternative politique nouvelle. Les sondages ne s’y trompent d’ailleurs pas, créditant le candidat de la France Insoumise d’un score entre 10 et 15%, c’est à dire la somme des voix de la gauche de gauche depuis 2002. L’effondrement électoral que connaît le PS est contenu (il n’y a pas de Pasokisation) et les anciens électeurs de Hollande se dispersent entre la gauche de gauche, la droite, le FN et l’abstention.

De plus, le mouvement contre la loi travail a très clairement montré l’émergence de nouvelles pratiques politiques. Et ce, au même moment où les ZAD se multiplient, les cortèges de tête se renforcent, les mouvements autonomes se développent.

Aussi, bien que l’on puisse critiquer – et c’est notre cas – sur de nombreux aspects les déviances ultra-violentes, et la non-politique autonome, ces phénomènes montrent que la perspective d’une prise de pouvoir, pour une bonne part, de la nouvelle génération militante qui vient, ne se situe pas sur le terrain des élections – à nous maintenant de démontrer que la prise du pouvoir est un enjeu. Un pouvoir d’agir, un pouvoir de démettre ceux qui gouvernent et dirigent. Le pouvoir de faire fonctionner la société nous-mêmes. Le pouvoir de changer le monde. Pas un pouvoir institutionnel. Encore moins un pouvoir dans les mains d’un chef ou d’un groupe de chefs.

Une candidature pour faire vivre nos luttes !

Une candidature qui affirme : nos vies, pas leurs profits !

Le NPA a décidé de se présenter à l’élection présidentielle de 2017, avec comme candidat, Philippe Poutou. Philippe Poutou est un ouvrier, un militant.

Il a participé au mouvement contre la loi travail, a fait grève, a participé à des assemblées de luttes, comme les personnes ayant fait le mouvement contre la loi travail. Philippe Poutou connaît nos vies, puisqu’il est l’un des nôtres. C’est un militant antiraciste et internationaliste, qui fût notamment présent au près des réfugiés de Calais. Un militant contre la répression des mouvements sociaux, en soutien, en particulier, aux GoodYears (et aux autres). Un militant écologiste, présent à plusieurs reprises sur différentes ZAD, dont celle de NDDL. Philippe Poutou, comme les militants du NPA, fait partie des luttes, au quotidien.

Nous avons conscience des limites de notre candidature. D’abord, du fait que le NPA ne peut représenter à lui seul la diversité des mouvements dans les luttes. C’est vrai. Et nous en sommes navrés. Le NPA a décidé de se présenter mais il est évident que nous aurions préféré participer à une candidature unitaire, rassemblant les militants ayant manifesté durant des mois contre la loi travail. Mais, faute de grive, mangeons du merle ! Nous savons que Philippe Poutou est un bon candidat pour rappeler que l’on peut faire de la politique nous-mêmes, pour insister sur le fait que nous ne voulons plus de leur monde, y compris leur monde de politiciens professionnels.

Ensuite, on peut nous reprocher la contradiction qu’il y a à rejeter le système électoral actuel tout en participant aux élections. Nous répondons simplement que les élections sont un moment fort pour défendre un point de vue, y compris pour expliquer que le système actuel n’est pas démocratique mais privilégie deux grands partis qui se partagent le pouvoir pour mener la même politique. Durant ce moment, des millions de gens entendront parler de nos combats, de nos propositions anticapitalistes. Mais surtout, les élections représentent pour une part importante des gens le seul moment de politique. Le mouvement anticapitaliste doit alors se faire entendre et avoir le maximum de voix qui permettront de renforcer nos idées, de nous donner confiance et de rappeler que nous existons à ceux qui nous croient morts.

La candidature que nous portons ne se situe pas dans une logique d’auto-affirmation sectaire. Nous savons que nous n’avons pas raison seuls. C’est pour cela que, dans la Vienne, nous créons des collectifs anticapitalistes pour rassembler largement autour de la candidature de Philippe Poutou. Mais plus globalement - et cela s’adresse aux militants communistes désemparés, comme à l’ensemble des militants ne se retrouvant plus nulle part – notre candidature rappelle qu’il y a une autre alternative que la gauche du renoncement ou le ralliement à Mélenchon : il y a la campagne d’un militant, Philippe Poutou, avec l’ambition de reconstruire une nouvelle représentation politique pour nous toutes et tous.


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