NPA 86

Drogues... Légalisation ?

jeudi 19 décembre 2013 par redac-npa86

Article du journal "Prenons Parti" n°5.

Alors que nous vivons au XXIème siècle, il est toujours tabou de discuter de la question des drogues et plus précisément de se prononcer pour la légalisation des drogues douces. Le Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, a d’ailleurs compris la leçon lui qui s’était prononcé pour la légalisation et qui s’est fait rappeler à l’ordre par François Hollande...

Pourtant, cette question, comme tant d’autres, mérite que l’on s’y arrête. Afin de ne pas tomber dans la pensée dominante qui nous explique que les drogues sont forcément mauvaises et qu’il faut les interdire, interrogeons-nous sur d’autres substances qui sont dangereuses mais autorisées. C’est le cas notamment du tabac et de l’alcool, mais aussi, plus indirectement, du nucléaire et de la consommation des énergies fossiles (dans ce cas, les personnes victimes ne sont absolument pas responsables). Les derniers événements sur l’industrie agroalimentaire font aussi douter sur la sûreté de ce que nous consommons dans les chaînes du type grandes surfaces.

Nous ne voulons pas affirmer ici que le canabis, ou autre cocaïne, sont inoffensifs pour la santé. La drogue est responsable de nombreuses vies détruites. Des trafiquants font régner la misère, l’exploitation et gagnent des millions d’euros sur le dos de milliers de jeunes et de personnes en détresse. Cela, il faut effectivement le dénoncer et le combattre. Mais c’est sur les méthodes que nous sommes en désaccord avec la politique de notre gouvernement et de ceux qui l’ont précédé.

Légalisation des drogues douces, contre la répression des consommateurs et pour aider les personnes dépendantes.

Nous nous prononçons donc logiquement pour la légalisation des drogues douces et contre la pénalisation suite à la consommation des drogues dures. Nous adoptons cette position pour plusieurs raisons. D’abord pour lutter contre les trafics et pour pouvoir plus facilement aider les personnes victimes d’addictions. Il est en effet incroyable de punir une personne qui est déjà la victime de son addiction (destruction de la santé, de sa vie sociale...) par des amendes (alors que souvent la situation financière de ces personnes est difficile) ou des peines de prison (ce qui ne laisse pas beaucoup de perspectives de réinsertion). Les salles de shoot semblent être une solution intéressante puisqu’elles permettent à des personnes complètement déconnectées d’être suivie médicalement, de ne pas partager les seringues (et donc d’attraper des maladies graves du type hépatite) et à terme de diminuer les doses jusqu’à les arrêter totalement. Mais il faudrait également ouvrir plus de centres d’accueils afin de faire de la prévention en amont.

Nous adoptons cette position aussi parce que nous refusons l’idée d’une société liberticide qui interdit les libertés individuelles. Certes les drogues ont un côté nocif, au même titre (comme nous l’avons écrit plus haut), que l’alcool, le tabac, les aliments des grandes surfaces, la bouffe du MacDo, ou l’air que l’on respire... mais c’est par l’information, la discussion et l’entraide que nous permettrons l’émancipation de toutes les personnes, pas par l’interdiction officielle de produits qui circulent de toutes manières officieusement et mettent tout autant les personnes en danger.

A.V et A.R


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