NPA 86

Fonder un système éducatif alternatif.

vendredi 7 février 2014 par redac-npa86

Journal Prenons Parti n°6 janvier 2014

Une vision de la réforme des rythmes scolaires.

"Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine" nous apprend la formule de Montaigne dans ses "Essais" et c’est le contraire que la réforme des rythmes scolaire, proposée par le gouvernement Ayrault, cherche à nous imposer, plus d’enseignement, moins de temps pour les loisirs et la découverte du monde qui sont pourtant essentiels au bon développement du corps et de l’esprit de l’enfant.

Le fameux jour des enfants ne sera plus qu’une après midi, sous le prétexte de vouloir alléger le temps de travail par jour, les technocrates du ministère de l’éducation vont en réalité fatiguer les élèves qui ne seront plus en bonne condition pour réfléchir et découvrir. En effet, cette réforme raccourcis de 45 minutes le temps de travail par jour mais supprime une matinée de sommeil. Si seulement les réformateurs avaient l’expérience du terrain ils comprendraient que cette réforme est nuisible, en témoigne la grève des animateurs qui eux connaissent bien les besoins essentiels de l’enfant. On ne fait pas d’éducation seul dans son bureau, il faut comprendre les enfants pour les éduquer de façon décente. La réforme à mener devrait être celle d’une éducation qui place l’enfant au cœur de son étude, qui ne le réduit pas au dogme et qui le pousse à réfléchir et à se poser des questions. Telle devrait être l’éducation du "pays des droits de l’Homme", mais pour cela il faut s’efforcer de comprendre la maxime de La Bruyère "C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique" et cela je crains qu’ils ne l’ont pas compris, peut-être ne l’ont-ils jamais lu...

De plus il faut bien reconnaître que cette réforme induit un problème d’inégalité dans le financement des activités qui pourront être proposées aux élèves en dehors des heures de cours. On peut en effet librement penser qu’une école du XVIeme arrondissement de Paris aura les finances bien plus adaptées à un large panel d’activités pédagogiques épanouissantes pour l’enfant, alors qu’une petite école de province devra se contenter de très peu, avec un manque cruel de moyens financiers et d’infrastructures. Se pose ici le problème de l’égalité des chances entre les écoles les plus huppés et les écoles populaires où se trouvent la majorité des élèves.

Il s’agit là d’une d’une réforme aberrante d’illogisme, l’illogisme qui caractérise si bien cette "gauche" libérale, cet illogisme qui bénéficie bizarrement toujours aux mêmes...

Lucas Brousse.

ABROGATION DU DECRET SUR « LES RYTHMES SCOLAIRES » !

Pour la troisième fois depuis la rentrée de septembre, a lieu mercredi dernier dans l’éducation nationale une grève contre la réforme des rythmes scolaires.

Quelques petites explications

1. Dégradation des conditions d’apprentissage pour les élèves et de travail pour le personnel

Alors que le ministre se pavane d’une réforme POUR les élèves et le système éducatif, aujourd’hui il est clair qu’il n’y a aucune amélioration bien au contraire. Sur le terrain, nous remarquons des rythmes variant d’un jour à l’autre, des enfants qui voient leur sieste écourtée... Le temps périscolaire, pendant lequel le taux d’encadrement a été diminué(passant de 10 à 14 enfants pour un adulte pour les moins de 6 ans et de 14 à 18 pour les plus de 6ans), se traduit très souvent par un temps de récréation supplémentaire.

Pour les enseignants, avec l’allongement de la pause méridienne le temps passé sur le lieu de travail augmente, la matinée de travail supplémentaire engendre des frais et de la fatigue en plus (trajet domicile/travail, garde d’enfant…) sans aucune compensation.

2. L’intrusion des communes dans les écoles

Cette réforme voit les communes prendre une place prédominante dans l’organisation de la vie de l’école. C’est ainsi que les horaires de classe se voient fixés par les mairies, voire pire par les compagnies de bus.

On observe aussi des ATSEM, avant à 100% sur la classe, arriver qu’en milieu de matinée pour pouvoir organiser, après la classe, la garderie. Pendant ce temps l’enseignant de maternelle se retrouve seul avec 28 enfants.

Aussi, la mise en place d’activités pédagogiques complémentaires (APC) par les enseignants dépendent des projets éducatifs territoriaux de chaque commune : premier accroc au statut de fonctionnaire !

Cette réforme place les écoles sous la tutelle des communes, et c’est inacceptable. Ceci ne peut aboutir qu’à l’aggravation des inégalités.

3. L’école des inégalités

Tout d’abord actuellement certaines mairies arrivent à organiser des temps périscolaires autour de la pratique sportive, d’art,… grâce aux subventions de l’Etat mais que se passera-t-il à la fin de l’année lorsque les subventions s’arrêteront ? De plus un certain nombre d’intervenant actuellement ne sont pas formés et sont employé dans des conditions précaires (faible temps de travail, rémunération au SMIC,…).

Cette réforme aboutit aussi à la chance pour certains élèves de se voir proposer des activités enrichissantes alors que d’autres n’ont le droit qu’à de la récréation ou de la garderie.

Dans certaines communes les activités périscolaires sont aussi réservées aux dix premiers inscrits (!).

Enfin ce qui est aussi scandaleux c’est que contrairement à ce que dit M. Peillon, ces activités NE SONT PAS gratuites dans toutes les communes !!!

Est-ça l’égalité des chances ? Est-ce ça que nous voulons pour nos enfants ?

Alors oui, nous (enseignants, parents, personnels de mairie, animateurs citoyens) avons toutes les raisons de lutter, ou de soutenir par tous les moyens possibles ceux qui luttent, pour la suspension de ce décret ou contre la mise en place de cette réforme en 2014.

Pour cela nous souhaitons une véritable réforme de l’école commençant par l’abrogation du décret de loi et l’écriture d’un nouveau projet de loi pour l’école !

Mais aussi

  • Le rétablissement des formations de professeurs des écoles (nouveaux enseignants et formation continue).
  • Le rétablissement des 80 000 postes supprimés sous Sarkozy, notamment des 5000 postes RASED.
  • Une augmentation du dispositif : « plus de maîtres que de classes ».
  • Effectifs par classe au maximum de 20 élèves dans le primaire.
  • L’embauche et la titularisation dans la fonction publique territoriale de tous les animateurs indispensables à l’organisation d’activités éducatives, artistiques ou sportives pour les enfants en dehors du temps scolaire.
  • Régularisation de tous les enfants sans-papiers scolarisés et de leur famille

J. et M.

Animation : État des lieux.

Il existe un univers encore plus impitoyable que Dallas.

La situation des éducateurs(trices) et animateurs(trices) est de plus en plus inquiétante.

Plus de postes d’éducateurs de rue, de quartiers, qui de part leur engagement et leur travail, tentaient de donner des réponses aux replis identitaires, encouragés par les différents gouvernements successifs. Ils permettaient de mieux régler les problèmes (dans la mesure de leurs possibilités) de communication, d’échange et de solidarité, chose qu’aucune police, fût-elle de proximité, ne peut faire, car la police œuvre dans le répressif plutôt que dans le préventif.

La formation des éducateurs est un parcours d’une sélection terrible :

  • sélection à la préparation au concours ;
  • sélection à la présentation au concours ;
  • s’il y a réussite à ce concours, il faut trouver des structures qui accueillent des stagiaires, mais ces structures se font de plus en plus rares, l’État et ses dérivés, n’ayant pas d’argent... mais pour construire des machines de guerre, ce n’est pas un problème...
  • et quand miracle on réussit et on obtient son diplôme, c’est la course à l’emploi. Rien a changé, tout s’aggrave.

Quand aux animateurs, le coût de la formation pour les éducateurs est une sélection aussi dure. Une partie peut être prise en charge par différents organismes, mais qui peut s’offrir le reste à payer ?

Pour une animation de qualité avec des gens formés et qui auront un travail rémunéré et reconnu, il faut taper au porte-feuille. Discutons-en.

François Guillon.


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