NPA 86

Marx et la révolution

jeudi 6 mars 2014 par redac-npa86

Premier texte de Thomas Vidaud qui sera bientôt suivi d’autres billets de réflexions historiques et théoriques.

Comme, pour découvrir le contenu d’un système, il importe avant tout d’étudier le parcours du principal théoricien, découvrons ensemble la vie de Karl Marx.

Qui est-il ?

Imaginons un peu la société allemande au début des années 1840. Nous sommes au coeur de la révolution industrielle, le capitalisme en plein développement annonce des jours heureux, et un fleurissement de l’art et de la pensée critique se met en place. C’est dans ce contexte que la pensée de Marx se met en marche, grâce à l’apport de la philosophie hégelienne.

Qu’est ce que c’est ?

Comme nous l’avons déja dit, cette époque est caractérisée par un bouillonnement culturel sans précédent (en somme une deuxième renaissance). La philosophie hégélienne, dont il est question ici, s’incarne parfaitement dans ce renouveau humaniste. Son fondateur, Hegel, développe un modèle de pensée dont la base théorique serait l’aliénation (entendons par là la perte de sens que ressent un individu face à un système qui lui est étranger). On comprend donc que très tôt Marx a suivi un enseignement intellectuel-affiné et développé par la suite- qui lui permit de s’affranchir des considérations bourgeoises de ce qu’il appelait les économistes vulgaires.

Qu’a t-il développé ?

Poursuivant la critique hégelienne de l’aliénation, Marx amplifie considérablement la portée et l’application de ce concept théorique. Avec l’aide d’autres étudiants hégéliens (comme Feuerbach), il commence à défricher le terrain de l’analyse sociale proprement dite.

Loin de s’arrêter à l’idée que l’aliénation est une question spirituelle, il perçoit de plus en plus nettement l’aliénation dans sa dimension économique. Poursuivant les grands travaux d’économistes tels que Ricardo, Smith ou encore Say, il explore avec assiduité les contrées sinueuses que constitue le mode de production capitaliste.

Ce dur travail théorique l’amène sur la route d’Engels, un autre intellectuel avide de connaissances. Ensemble, ils mettront en pratique leurs découvertes à travers plusieurs articles de journaux et également par l’organisation de conseils ouvriers dans les usines.

Cela marque donc le point de départ véritable du mouvement communiste.

Comment s’est-il développé du vivant de Marx ?

Comme je l’ai déjà dit plus haut, Marx et Engels ont rapidement vulgarisé leurs connaissances via des articles et des débats publics. Constatant que leurs travaux connaissent un succès important dans la classe ouvrière, ils décident de continuer cet ardent travail de démocratisation en se déplaçant un peu partout en Europe. De ces périples naitront beaucoup de chefs d’oeuvres théoriques.

La classe ouvrière s’organisant de plus en plus efficacement, le résultat se fait attendre lors de la révolution de 1848 en France. Marx et Engels, face à cette expérience du réel affinent leurs idées en discernant de manière plus précise ce qui constitue l’élan révolutionnaire et la façon de lui donner une portée universelle.

Cependant, le processus échoue avec la prise de pouvoir en 1852 de Louis Napoléon Bonaparte. Marx et Engels comprennent à ce moment là que cette idée de révolution est un processus sujet à des flux et reflux suivant les conjonctures.

Ils comprennent également, en étudiant la manière dont Louis Napoléon Bonaparte a pris le pouvoir, qu’existe au sein de la classe ouvrière des tendances politiques diverses et également contradictoires.

En effet, celui-ci ayant renversé la république avec le soutien des plus basses couches sociales de la société, cela fait germer dans l’esprit de Marx l’idée que ce "lumpenprolétariat" (prolétariat en haillon) aurait des intérets politiques "contre-révolutionnaires", à contrario des prolétaires parqués dans les usines. C’est probablement le point de départ des divergences d’opinions avec le mouvement anarchiste balbutiant.

Après la révolution manquée de 1848, le mouvement ouvrier se développant et s’internationalisant de plus en plus, Marx et Engels décident, en 1864, de mettre en place la première Internationale des travailleurs, une tentative d’unifier les mouvements ouvriers qui se developpent partout en Europe, en lui donnant une base stratégique.

Très vite, des conflits théoriques s’accentuent entre marxistes et anarchistes sur la façon de mener la révolution. Cela s’approfondira un peu plus lors de l’insurrection des communards (mouvement politique proche de l’anarchisme) menés par Louise Michel. A noter que cette insurrection matée de façon brutale par les Versaillais de Thiers fournit aux marxistes de l’époque une opposition non plus seulement théorique aux thèses anarchistes, mais également pratiques.

Les dissensions devenant trop importantes entre anarchistes et marxistes au sein de la Première Internationale, sa dissolution est annoncée en 1872.

Une deuxième Internationale est créée dans le but de comprendre les erreurs stratégiques commises dans les révolutions de 1848 et 1870. C’est à ce moment là qu’apparait des oppositions politiques entre les socialistes révolutionnaires et les sociaux-démocrates ; les premiers étant favorable à une prise de pouvoir nette et brutale des institutions bourgeoises grâce à l’appui de la population tandis que les seconds sont plus favorables à une politique conciliante par rapport aux instances étatiques, probablement par peur de la repression.

Ces luttes d’intérêts structurent donc la deuxième Internationale jusqu’à la mort de Marx en 1883, et trouveront leurs applications théoriques dans le processus révolutionnaire au sein de la classe ouvrière russe du début des années 1900.

Thomas Vidaud.


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