NPA 86

Gouvernement de combat : première salve contre les jeunes

mardi 13 mai 2014 par redac-npa86

Article tiré du journal "Prenons Parti" n°9.

On dirait une course à qui fera la proposition la plus antisociale. Pierre Gattaz (patron du MEDEF) semble être en tête de lice avec sa proposition d’un salaire « transitoire » inférieur au SMIC pour « encourager l’embauche des jeunes ». Dans la parfaite continuité d’une logique néolibérale engagée par le gouvernement, au cœur des mesures d’austérité qui frappent les travailleurs pour mieux remplir les poches des grands actionnaires, resurgit le spectre de l’ultime stigmatisation des jeunes sur le marché de l’emploi.

On se souvient tous du mouvement des étudiantEs et des lycéenNEs de 2006, mobiliséEs contre le CPE (Contrat Première Embauche), contrat de travail ultra précaire porté par le gouvernement de Villepin. Par la force de la masse, auto-organisée en AG puis en collectifs de lutte et accompagnée par les syndicats étudiants, la loi fut abrogée. Déjà en 1994, le gouvernement Balladur avait tenté de faire digérer le CIP (Contrat d’Insertion Professionnelle) qui instaurait un « SMIC jeune ». C’est un retour de 20 ans en arrière.

Quand le gouvernement, pour exécuter les ordres d’une Commission on ne peut plus éloignée de la démocratie, n’hésite pas à prendre des mesures suggérées par le MEDEF, quand le Président demande conseil à trois économistes (Gilbert Cette, Philippe Aghion et Élie Cohen) très favorables à une plus grande libéralisation des marchés et à la dérèglementation, on peut légitimement redouter une accélération des destructions des garanties sociales. Alors que tous ceux qui galèrent, notamment les jeunes, attendaient un renforcement de ces garanties pour pouvoir s’insérer dans le marché de l’emploi sans avoir à ramper dans la précarité pour des violeurs récidivistes du code du travail - pourtant déjà assez favorable au patronat - on nous annonce le contraire.

Quelques jours plus tôt, c’était les APL (Aide Personnalisée au Logement) et les ALS (Allocation Logement à caractère Social) qui étaient menacées d’être supprimées pour les étudiants non-boursiers. Cette mesure affecterait des centaines de milliers d’étudiants n’ayant pas d’autres aides de l’Etat, et beaucoup parmi eux ne pourraient payer leur logement sans cette allocation, portant ainsi un triple coup à l’émancipation de la jeunesse, au pouvoir d’achat des étudiants et à la démocratisation de l’enseignement supérieur.

Depuis qu’il existe des droits et des aides pour les étudiantEs, il y a toujours eu des gouvernements pour tenter d’y faire des coupes. Mais depuis qu’il y a des étudiantEs syndicalistes, il y a également une mobilisation pour chaque tentative de reculade.

Ainsi entre dimanche 13 et lundi 14 avril, la mobilisation étudiante sur les réseaux sociaux et la promesse de l’UNEF de poursuivre cette mobilisation dans la rue ont fait suffisamment peur au gouvernement pour qu’il renonce à son projet antisocial - du moins il semble.

Là où la lutte est tenace, le gouvernement repasse.

Barthélémy Bouladoux, syndicaliste étudiant


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