NPA 86

Contribution personnelle concernant les déclarations de manifestations.

lundi 28 juillet 2014 par redac-npa86

Il est de coutume, à Poitiers, de manifester sans déclaration préalable. Le centre-ville s’y prêtant d’autant plus qu’il est interdit à la circulation, les manifestations n’empêchant donc pas les voitures de passer. Cet accord de raison à distance entre les manifestants et les forces de l’ordre semble s’effriter.

En effet, depuis maintenant plusieurs années il devient compliqué de manifester dans la capitale poitevine sans que la police n’intervienne très rapidement pour faire des pressions (et on ne parle pas de bière ici), du chantage (oui, du genre, « vous êtes dans l’illégalité, donc si vous ne faites pas exactement ce que l’on vous dit, on vous embarque et vous risquez tant d’euros d’amende, tant de mois de prison, - toussa toussa- , pour rassemblement non-autorisé selon l’article tant, -blablabla »…). Notons également qu’il n’y a jamais d’incident particulier dans les manifestations poitevines, si ce n’est le fameux mois d’octobre 2010, rendant pas mal de monde parano.

Par ailleurs, il faut être en mesure de comprendre cette crainte des manifestations par les dirigeants. Il ne s’agit pas seulement de flics qui souhaitent perdre du temps à embêter les jeunes et autres moins jeunes, il s’agit aussi d’un combat politique qu’il faut analyser pour gagner.

Cette volonté d’interdire les manifestations, ou plus exactement de mater ceux qui les organisent, résulte d’une volonté de détruire le mouvement ouvrier, celles et ceux qui continuent de se battre dans une situation désespérante. Un harcèlement chronique en somme. Vouloir, quoi qu’il se passe, venir titiller, venir provoquer. Comme quoi ni la République, ni sa police, ne sont « neutres » dans la lutte. Ils représentent l’Etat et ceux qui en sont à la tête. Or, en ce moment, ceux qui sont à la tête de l’Etat font tout pour casser les résistances. C’est bien le rapport de force entre ceux d’en bas et ceux qui dominent qui est en jeu ici. Sommes-nous en mesure de manifester quand bon nous semble, ou non ?

C’est pourquoi le mouvement ouvrier, la gauche de combat, celles et ceux qui se retrouvent peu ou prou dans la rue pour des combats communs malgré les désaccords parfois importants doivent s’unir pour une lutte commune et vitale qui est notre indépendance politique. Notre camp social n’a pas à déclarer les manifestations, notre rôle est même de les organiser malgré les interdictions en les encadrant nous-mêmes, en étant en mesure de nous auto-organiser.

Cela nécessite évidemment de développer nos propres rapports démocratiques. Il faut que les manifestations soient décidées collectivement.

Les derniers événements à Poitiers nous donnent raison. Ceux de Paris encore plus. La police n’est pas un acteur neutre, je le répète et le répéterais autant que nécessaire.

Il ne s’agit pour autant pas de prôner un affrontement avec elle, je ne le souhaite pas dans la période et trouve cela contre-productif. Je dis simplement qu’il ne faut pas, non-plus, se prosterner devant les « garants » de la république bourgeoise, qui défendent bec et ongle les intérêts politiques de ces derniers.

Ce débat s’ouvre à nouveau à Poitiers, il est légitime, mais il est aussi révélateur de notre incapacité actuelle à renverser le rapport de force de la lutte de classes en notre faveur.

Une société débarrassée du capitalisme, ou même des acquis sociaux, ça ne se demande pas gentiment. Cela s’arrache, cela se prend, et puis le cas échéant, cela se défend.

Roth Aleck


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