NPA 86

Un État bourgeois, fait de violence et de violences.

mardi 18 novembre 2014 par redac-npa86

Texte d’abord publié sur le site Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/alex...

Depuis le début des manifestations en hommage à Rémi Fraisse nous entendons chaque jours le gouvernement, les flics et les gendarmes, mais aussi les organisations politiques et syndicales « légalistes », condamner la « violence » des manifestants « gauchistes et anarchistes », et même "djihadistes verts".

Cela est somme toute insupportable. D’abord parce qu’il y a, dans les phénomènes de violences, des rapports de cause à effet. Souvent, l’on répond à une violence par une autre violence, légitime au sens de la légitime défense. Dans le cas présent, la mort d’un camarade de 21 ans qui manifestait pour des principes de bon sens écologiste. Un jeune militant tué par un appareil d’État d’une violence physique, symbolique et politique extrêmement importante.

Les forces de l’ordre, qu’elles soient républicaines, fascistes, ou bien de n’importe quel système politique basé sur un État qui défend un ordre établit de domination d’un petit groupe d’individus sur la majorité, ne sont pas neutres. Elles véhiculent un esprit de violence. Elles ne sont nullement un « service public » pour la « sécurité de toutes et tous ». Non, ça, c’est pour la bonne conscience républicaine. Sinon, pourquoi mettre des hommes virils, habillés d’une combinaison pour combattre et, surtout, armés de la tête aux pieds ? Défendre la sécurité, c’est surtout vouloir la démocratie, reconstruire des solidarités concrètes entre les gens... pas leur tirer dessus lorsqu’ils manifestent contre un projet inutile !

La violence, dans la société, est partout. Dans les expulsions de sans-papiers, qui détruisent des familles. Dans les crimes commis par les forces de l’ordre. Dans les licenciements que réalisent les patrons voyous. Dans le racisme anti-roms du premier ministre. Dans le sexisme odieux contre les femmes et dans les propos et actes homophobes qui divisent d’autant plus les jeunes et les travailleurs. Dans l’austérité des gouvernements de droite ou de gauche qui mènent la même politique néo-libérale. Dans les catastrophes écologiques qui touchent encore et toujours, en premier lieu, les plus pauvres.

Le système capitaliste est la plus importante des violences, par son fonctionnement propre. Par sa faculté à créer les pires monstres, comme les fascistes et les nazis, qui surgissent de l’ombre aujourd’hui.

Condamner la violence, donc, c’est vouloir en finir avec ce système. Condamner la violence, c’est s’appuyer sur les mobilisations de la jeunesse, qui s’exprime en réaction à la violence qu’elle subit. Nous ne ferons pas de révolution sans subir nous-mêmes de la violence, il faudra donc se défendre et nous serons qualifiés de casseurs ou de « terroristes » comme l’étaient les résistants pour les nazis. Nous sommes toujours le terroriste d’un système.

Ce qui importe aujourd’hui n’est pas de condamner, de distribuer les bons points, de se placer en « bons manifestants » pacifiques contre les odieux casseurs. Non. L’heure, au contraire, est à rejoindre massivement la jeunesse qui se mobilise, à faire en sorte qu’une fraction importante de la population se mette en mouvement dans des ZAD, des usines en grève, des actions de solidarité internationale ou avec les sans-papiers, ou contre l’ensemble des projets inutiles. Combattre la violence des médias, des mots de ceux d’en haut, de la propagande chronique, est aussi un acte de résistance. Alors non, je ne condamne pas les violences des casseurs, car ces violences, je ne les ressens pas contre moi, contre mes proches ou contre mon camp social. Je ne pratique pas pour autant du « cassage » bête et méchant. Mais je suis le premier des activistes et casseurs qui souhaitent voir s’effondrer en miettes ce système qui cause de plus en plus de malheurs dans ce monde.

Je participerai pour ma part à la manifestation organisée par différentes organisations comme le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, le samedi 22 novembre à 14h devant l’hôtel-de-ville de Poitiers.

L’appel ici : http://www.npa86.org/spip.php?artic...

Alexandre Raguet


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