NPA 86

La petite enfance : quelques revendications

jeudi 8 octobre 2015 par redac-npa86

Tous les enfants dès leur plus jeune âge doivent pouvoir être accueillis dans un service public et gratuit pour tous en école ou en crèche.

A Poitiers comme ailleurs il manque énormément de places en crèche. De nouvelles structures sont à créer pour pouvoir accueillir tous les enfants de moins de 3 ans qui le souhaitent. De plus cela permettrait de créer des dizaines d’emplois dans le domaine de la petite enfance.

Les enfants doivent être acceptés dans les écoles maternelles dès leur 3ème anniversaire si les parents le souhaitent. Malheureusement aujourd’hui les classes sont surchargées et certains enfants sont donc refusés.

Des moyens conséquents sont nécessaires aux établissements, pour assurer un nombre de personnels suffisant et diminuer le nombre d’élèves par classe. Parallèlement il faut supprimer le financement par les fonds publics de l’école privée.

Pour nous, l’école devrait permettre l’apprentissage d’une vie en collectivité et d’un esprit critique. Une école qui respecte le rythme des enfants et qui repense la structure classe. L’école doit servir à l’émancipation des enfants et des jeunes à une vie de coopération avec les autres, de respect de la planète, de rejet des discriminations (racisme, sexisme, homophobie), et échapper aux logiques de l’individualisme et de la compétition.

De plus, le secteur de la petite-enfance s’inscrit dans la lutte pour l’émancipation des femmes. Ces dernières ne doivent plus être obligées de garder leurs enfants comme c’est souvent le cas, ce qui les empêche d’avoir un emploi et les rend toujours les plus précaires.

Manon Labaye

Témoignage

Parents d’un enfant nés au mois Janvier 2013, en situation d’emploi tous les deux, ayant eu recours à une assistante maternelle, nous sommes dans une situation problématique.

Lors de l’inscription de notre enfant à la mairie de Poitiers, il nous a été énoncé par un agent chargé de la question que celui-ci ne ferait pas rentrée en septembre 2015 : seuls ceux nés jusqu’au 31 décembre 2012 le peuvent. Une commission se réunira en Octobre 2015. Une place lui sera peut être attribuée après les vacances de la Toussaint en Novembre, ou en Janvier 2016, sans certitude si nous tenons compte des nombreuses demandes de parents dans la même situation que la nôtre. Autrement dit un enfant né le 31 décembre 2012 aura une place dans une école et un autre né le 1er janvier 2013 devra attendre septembre 2016.

La situation crée une insécurité sur l’avenir : nous ne pouvons pas anticiper au mieux la préparation de notre enfant à l’entrée à l’école, ni même prévoir la fin de contrat de l’assistante maternelle qui l’accueille depuis deux ans tous les jours (sauf le mercredi), ni enfin nous organiser entre nous et professionnellement avec nos collègues en terme d’emploi du temps.

Parallèlement, cette insécurité est économique : Aux 3 ans de notre enfant, les aides de la CAF (le Complément de Mode Garde, l’allocation de base) diminuent de moitié parce que nous n’en avons qu’un. Nos revenus sont modestes. Or cette situation représente une ressource financière en moins de 240€ environ pour un salaire versé de 550 € par mois à l’assistante maternelle que nous devrons payer en quasi intégralité si notre enfant n’entre pas à l’école au 1er janvier 2016. Attachés aux services publics, nous payons nos impôts et nous devons, contraints, nous tourner vers le secteur privé, à coût moins élevé que l’assistante maternelle, mais qui ne propose pas non plus de garantie d’accueil.

Deux parents d’un enfant né en début d’année

Les critères de la mairie de Poitiers

Pour départager chaque enfant né en début d’année dans un contexte de places disponibles limitées, la municipalité dispose de trois critères principaux : l’emploi des parents, une inscription antérieure à la crèche et la date de naissance. Ces informations sont renseignées par les parents lors du processus d’inscription.

Ainsi, l’enfant dont les deux parents sont en situation d’emploi est prioritaire sur celui dont l’un des deux parents ou les deux parents ne travaille(nt) pas. Cette situation pénalise les enfants dont au moins un des deux parents est au chômage, car elle entre en contradiction avec la recherche active d’emploi, recherche qui suppose de ne pas avoir d’enfant au domicile.

Les enfants inscrits en crèche sont prioritaires sur les enfants qui ont été gardés par une assistante maternelle. Ce point est le plus déterminant car il s’agit de libérer des places en crèche pour l’arrivée de nouveaux enfants. C’est le reflet du manque de places d’accueil en crèche.

Le critère de la date de naissance est aussi pris en compte : plus un enfant est né tôt dans l’année, plus il a de chance d’être sélectionné. Schématiquement, à situation égale (parents en emploi, parcours en crèche) un enfant né le 1er janvier sera prioritaire sur celui né le 2 janvier.


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