NPA 86

Réchauffement climatique, des conséquences concrètes...

samedi 17 octobre 2015 par redac-npa86

L’augmentation de la température à la surface de la Terre n’est plus seulement un concept scientifique, constatable sur Arte lors de reportages traitant de la disparition des ours blancs et de la fonte de la banquise. Elle est là, dans nos vies. Nous venons de vivre un des étés les plus chauds du siècle, à la fois sur les records de température (plus de 40°C) et aussi sur la longueur de cette phase de chaleur.

Ce phénomène a des causes, que nous allons non-exhaustivement* énumérer ci- dessous, et des conséquences notables, sur la santé, la biodiversité, l’hygiène de vie...

Dans ce dossier, nous souhaitons, alors que la mobilisation « Changer le système, pas le climat ! » prend de l’ampleur en France, enfoncer le clou, convaincre celles et ceux qui ne le sont toujours pas d’entrer dans la lutte, mais aussi donner des arguments, des réponses et des perspectives à nos lecteurs citoyens.

Prendre le problème à la racine

Depuis 800.000 ans, jamais la température de la Terre n’a augmenté aussi vite. Avec la Révolution industrielle et la combustion des énergies fossiles, liée à l’industrie et à une politique productiviste explosive, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter. A cela s’ajoute un système économique égoïste, une organisation de la société, basé sur la consommation des personnes, la logique du profit entraînant nécessairement la logique de surproduction, pour satisfaire la surconsommation. Cette surconsommation, bien souvent inutile, n’est pas le fruit de « la part mauvaise de la nature humaine ». Ce n’est pas l’Homme, en tant qu’être, qui détruit la planète. C’est l’Homme engagé dans le capitalisme et le productivisme qui la détruit. Nous sommes victimes du système, et seulement responsables de ne pas en changer... La racine de tout est là. Ce système qui vise à produire pour produire, travailler pour travailler, consommer pour consommer. De là découle tout le reste. Le réchauffement climatique, donc. Mais aussi l’exploitation de l’homme par l’homme car pour produire, et s’enrichir, il faut de la plus-value (le travail gratuit qu’effectuent les travailleurs pour que le patron fasse des bénéfices, du vol qui ne dit pas son nom). De ces deux conséquences découlent d’autres conséquences, la pauvreté, la montée des eaux, l’augmentation des déserts, la pollution de l’air, puis, puisque tout est lié, dans une étonnante dialectique de la vie : le racisme (pour diviser ceux d’en-bas), les migrations climatiques ou suite aux guerres, les maladies cardio-vasculaires à cause de l’air pollué, le manque d’eau, des cancers, l’asthme, des complications respiratoires, des famines et parfois la mort...

Revenir au local pour voir que c’est possible de changer le monde

Dans la Région Poitou-Charentes, et dans la ville de Poitiers, les conséquences de cette « canicule » ont donné lieux à des réponses politiques. Il est utile de s’y attarder pour juger et voir ce que nous aurions fait si nous étions aux commandes.

Deux phénomènes importants (quantitativement) ont touché la Région. En premier lieu le manque d’eau. Il ne s’agit pas d’une petite affaire. Le manque d’eau est un danger mortel. Pour plusieurs raisons :

  • la centrale de Civaux, qui, déjà qu’elle est touchée par des incidents réguliers, augmente ses risques d’accidents et de pollution des eaux ;
  • le manque d’eau pour les habitants, qui supportent difficilement les hautes chaleurs et ont donc besoin de plus d’eau (c’est plus particulièrement le cas pour les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes handicapées...) ;
  • l’irrigation des cultures, qui nécessite de l’eau, bien que justement l’agriculture est une des causes principales du réchauffement climatique, de la pollution des nappes phréatiques et de la diminution de l’eau. (En effet, une agriculture biologique et paysanne privilégierait les circuits courts et les plantations qui nécessitent moins d’eau (en évitant le maïs et les arrosages).)

Quoi qu’il en soit, c’est un cercle vicieux : plus on pollue (gaz à effet de serre), moins il y a d’eau et plus il y en a besoin...

Plusieurs villes de la Région, dont Poitiers, ont pris des mesures pour lutter contre une situation d’urgence. A Poitiers, quel était le niveau de l’urgence ? Alors que le niveau d’alerte pour le Clain (au niveau du pont St-Cyprien) est de 3,2 m3 de débit d’eau par seconde, début août, le débit était de 2,35 m3/s !

Alain Claeys (député/maire) a alors demandé aux poitevins : de ne plus laver leurs véhicules (hors installations professionnelles), de ne pas remplir de piscines pour les particuliers (sauf chantier en cours), de ne pas laver les voies (sauf impératif sanitaire) et de ne pas nettoyer les façades et les terrasses ne faisant pas l’objet de travaux. Entre 10h et 18h, il était aussi interdit de mettre à niveau les piscines des particuliers déjà remplies, d’arroser les terrains de sports, les espaces verts (publics et privés) et les potagers des particuliers. Des mesures assez logiques qu’il faudrait aussi accompagner de la diminution importante du temps de travail... essentielle pour la santé et pour diminuer la consommation.

Ces fortes chaleurs ont aussi pour effet de rendre la ville irrespirable... cela n’empêchant pas les voitures de circuler. Sur ce terrain-là, la commune n’a rien fait... comme cela est de coutume. Pourtant, la mise en place rapide de la gratuité des transports en commun, de l’augmentation de la fréquence des bus sur les lignes existantes et la création d’autres lignes non-existantes en concertation avec les habitants est une urgence ! Pour garantir les accès aux déplacements à tous et pour rendre la ville respirable ! Oui, c’est possible, il s’agit simplement de le vouloir et de le décider.

Revendications d’urgence face au réchauffement climatique :

  • développer une agriculture paysanne et biologique, soucieuse des Hommes et de l’environnement ;
  • instaurer les transports en commun gratuits, et leur amélioration (fréquence, nombre de lignes) pour vider la ville des voitures et la rendre respirable ;
  • réduire massivement le temps de travail, pour la santé de toutes et tous, pour que chacun puisse travailler et pour diminuer les productions inutiles ;
  • sortir du nucléaire en 10 ans, cette épée de Damoclès ; développer les énergies renouvelables ;
  • pas un revenu en-dessous de 1700€ net pour ne pas pousser à la sur-activité, que les gens prennent le temps de ne rien faire, de se divertir, de voyager, militer, lire...
  • un logement pour tous, c’est-à-dire pas un loyer au dessus de 20% du revenu ; isolation des logements et développement des chauffages écologiques via un investissement public ;
  • mise sous contrôle public et de la population de tous les grands groupes énergétiques (Total, Suez, Edf, Gdf, etc) et des banques (dans un monopole public) afin de mettre en place une politique selon la volonté du peuple, pas des créanciers ;
  • via un service public de l’énergie, mise en place des premiers m3 d’eau nécessaires à la vie gratuits (idem pour l’énergie) puis taxation du gaspillage ;

De l’argent, pour mettre en œuvre cette politique, il y en a. Il suffit d’aller le chercher...

Comme le révèle le journal Capital, les fortunes des 100 plus riches français ont augmenté de 20% en 2014, portant le tout à 320 milliards d’€. A lui seul, Gérard Mulliez (Auchan) détient près de 40 milliards d’€ de fortune personnelle... Lorsque l’on sait que ce sont les mêmes qui sont responsables de la grande pollution, il y a de quoi enrager. D’autant que, proportionnellement, ces nantis paient moins d’impôts qu’une personne touchant... 2000€ ! Une simple loi avec un impôt progressif plus juste permettrait de financer largement notre programme, bien que nous préconisons, pour notre part, la réquisition sans indemnité ni rachat de toutes ces grandes fortunes pour mettre cet argent au service de tout le monde.

* La pollution liée à l’industrie de la viande n’est pas traitée. Pourtant, cette industrie totalement anti-écologiste et immorale mérite d’être dénoncée. Nous y reviendrons ultérieurement.

Cet article a été publié préalablement dans notre journal local Prenons Parti n°14 (Septembre-Octobre). Pour l’avoir au format papier demandez-le à un militant du NPA ou retrouvez-nous le samedi après midi (15h) entre les Cordeliers et la place du marché. Son prix est libre.


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