NPA 86

Quand les multinationales détruisent la planète

dimanche 24 janvier 2016 par redac-npa86

En 2015, année d’une COP21 aussi médiatique qu’impuissante, deux catastrophes ont rappelé que la loi capitaliste est notre ennemi commun.

Août 2015, Chine. De puissantes explosions dans la zone portuaire de Tianjin, un des dix plus grands ports du monde, déclenchent un incendie dans un entrepôt d’une firme, autorisée à stocker des «  produits dangereux  » malgré ses manquements en matière de sécurité. La ville est dévastée.

Novembre 2015, Brésil, État du Minas Gerais. La rupture de deux barrages miniers libère plus de 60 millions de m3 de boue polluée dans le Rio Doce. Depuis, la pollution trace inexorablement son chemin vers l’océan, provoquant un désastre sur les écosystèmes. 500 000 personnes évacuées. Le responsable est Samarco, co-entreprise du 1er groupe minier mondial, l’anglo-australien BHP Billiton, et du 3e, le brésilien Vale.

Deux exemples parmi des milliers, depuis Bhopal, touchant d’abord les plus défavorisés. Mais la planète entière est sous le contrôle des multinationales et seul le profit les guide...

Dossier réalisé par la commission nationale écologie du NPA

 Pollution et dérèglement climatique  : le secteur automobile

Symbole même de l’industrie capitaliste, la voiture est un des facteurs croissants du dérèglement climatique.

Tous les constructeurs d’automobiles rivalisent pour mettre sur le marché des voitures toujours plus performantes  : plus d’innovation technologique, plus d’électronique, plus de gadgets. Ce «  toujours plus  » qui coûte cher à l’environnement, se fait sur fond de concurrence à plein régime, au détriment des salariéEs qui subissent les suppressions d’emplois, les fermetures d’usines et les dégradations de leurs conditions de travail et de salaires.

Pour vendre toujours plus, les PDG de l’automobile n’hésitent pas à tricher. Volkswagen n’est pas la seule à le faire, tant la tricherie est ancrée naturellement dans les mécanismes capitalistes de la concurrence pour le profit (lire p.8). Selon des organismes indépendants, en Europe, seul un véhicule sur dix respecte les normes anti-pollution et tous les véhicules consomment beaucoup plus que ce qui est annoncé par les constructeurs et par là-même émettent plus de CO2. Ce qui fait que les émissions provenant des véhicules particuliers représentent environ la moitié des émissions de CO2 produites dans le secteur des transports. Or, entre 1998 et 2010, le temps de trajet domicile-travail a augmenté et 75 % des déplacements domicile-travail s’effectuent en voiture, alors que la part des transports collectifs a diminué passant de 15 % à 11 %. Même en crise, le secteur automobile nuit au climat.

Halte au tout-automobile  !

Les annonces des constructeurs sur le mirage de la «  voiture propre  », à grands coups de spots publicitaires efficaces et coûteux, n’y changeront rien  : 80 % des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon) doivent rester sous terre  ! Donc, il faut sortir du «  tout-voiture  ».

Les patrons de l’automobile, capables de sponsoriser la COP21 et de financer en même temps la Formule 1, sont des obstacles à dépasser. Comme Renault qui a décidé de racheter Lotus qu’il avait revendu en 2010 à un fonds de pension du Luxembourg. Comme Mercedes qui rafle les titres de champion du monde en F1, en dépensant 400 millions d’euros en 2014 pour y parvenir.

Après avoir tout misé sur le diesel «  propre  » pour favoriser les champions nationaux, l’État consacre aujourd’hui toutes ses aides aux voitures électriques dont les dégâts environnementaux sont tout aussi catastrophiques (électricité nucléaire, mines pour les batteries...).

Déguisés en vert ou pas, les capitalistes détruisent la planète et ruinent nos vies. Nous pouvons, avec les travailleurs de l’automobile, réorienter cette industrie vers des productions utiles.

 De la finance environnementale

Razmig Keucheyan est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV). Son dernier ouvrage : La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique(1)

Razmig Keucheyan étudie la finance environnementale, notamment à travers les «  obligations catastrophe  », portant sur les catastrophes naturelles à venir, comme exemple la manière dont les classes dominantes, via le système financier, tentent de surmonter, et même de tirer profit, des crises tant écologiques qu’économiques. Une obligation catastrophe consiste pour un État à emprunter sous forme obligataire. En échange, les prêteurs touchent des intérêts. Si la catastrophe sous-jacente au prêt a lieu, l’État garde le capital. Sinon il le rend.

«  Le changement climatique implique que le nombre et l’intensité des catastrophes naturelles ne cessent d’augmenter. Le but des obligations catastrophe, dans cette perspective, est de disperser les risques naturels autant que possible dans l’espace et le temps, de sorte à les rendre financièrement insensibles.

Historiquement, le coût des catastrophes naturelles augmente sous l’effet de deux processus combinés  : la croissance économique, qui implique qu’il y a de plus en plus d’objets détruits lorsqu’une catastrophe survient, et la croissance et la concentration (urbanisation) démographiques, qui implique qu’il y a de plus en plus de victimes en cas de catastrophe, des victimes qui dans les pays capitalistes avancés sont assurées. à ces deux processus historiques s’en ajoute donc aujourd’hui un troisième qui radicalise les deux autres  : le changement climatique. Les assureurs n’ont jamais été tentés par le climato-scepticisme, ils voient clairement les effets de la crise environnementale sur la courbe des coûts assurantiels…

Deuxième cause qui explique l’innovation financière que sont les obligations catastrophe  : la crise économique. Dans la première moitié des années 1970, le capitalisme entre dans une crise profonde, au moment où s’interrompt la longue période de croissance des Trente glorieuses. Ce retournement de conjoncture diminue le taux de profit, qui ne cesse d’être déprimé depuis. La crise commencée en 2007 est une manifestation récente de cette crise de plus longue durée.

Comment le capitalisme réagit-il à ce déclin de la profitabilité  ? De deux façons  : d’une part, en cherchant à privatiser ce qui jusque-là échappait au marché, à savoir par exemple les services publics, mais aussi les savoirs, la biodiversité… privatiser signifiant dans ce cas assujettir à la logique du marché pour tâcher de faire repartir le taux de profit à la hausse. Cette privatisation s’effectue souvent avec le concours actif de l’État. D’autre part, en financiarisant, c’est-à-dire en investissant non plus dans l’économie dite «  réelle  » ou «  productive  », celle dont le taux de profit est justement déclinant, mais dans la finance, qui elle permet la réalisation de profits (fictifs) importants – jusqu’au moment où survient la crise…  » 2

Razmig Keuchayan

1. La Découverte, collection «  Zones  », 2014.

2. L’intégralité de son texte peut être lue sur le site de Contretemps  : http  ://www.contretemps.eu/intervent...

 Richesses minières  : une malédiction, des crimes impunis

Les compagnies minières ont mis toute la planète en coupe réglée, avec la complicité de gouvernements et de banques. Aucune région n’est à l’abri de leur appétit, pas même l’Arctique...

Ces compagnies consacrent de gros moyens à la corruption de gouvernements, font de belles promesses  : croissance, emplois… Or les pays concernés voient rarement les retombées positives de l’opération... Profits  ? Exportés. Transferts de technologie  ? Aucun. Emplois  ? Peu qualifiés et temporaires.

En revanche, les retombées négatives sont colossales. Des forêts sont détruites, des montagnes disparaissent  : ainsi, les Appalaches (USA), décapitées de 300m par des mines à ciel ouvert. Les dégâts y sont irréversibles. Autre exemple, l’île d’Halmahera (Moluques) était un paradis de biodiversité  : lagons, forêt, rivières… jusqu’à l’arrivée de Newcrest Mining, une société minière australienne. Là on extrait du cuivre, du charbon, du nickel, dont le gisement est énorme (le deuxième au monde, 4 millions de tonnes). Résultat  : forêts arrachées, sol dénudé, rivières sévèrement polluées.

L’extraction prélève énormément d’eau, dont elle prive les habitantEs. Elle pollue sols et eaux avec des métaux lourds  : cuivre, zinc, plomb. Pour séparer les minerais de la roche qui les contient, elle utilise des produits chimiques tel du cyanure, de l’acide sulfurique, qui empoisonnent la population. Ainsi, en Afrique du Sud, une nappe phréatique a été gravement contaminée.

Injustice sociale et environnementale

Le bilan humain est lourd  : violation des droits humains, surveillance paramilitaire des sites, écrasement – parfois dans le sang – des mouvements de protestation, expropriations brutales (en Amérique latine, où les peuples amérindiens luttent et résistent, en Afrique...) font partie du mode habituel de fonctionnement de l’exploitation minière.

Accidents et catastrophes se multiplient, comme au Brésil. Les règles de sécurité ne sont pas respectées, et personne ne les impose  : les mines sont souvent des enclaves où ne pénètrent pas les autorités du pays...

Quand le coût d’exploitation devient trop élevé par rapport aux profits, la compagnie minière s’en va... sans assumer les conséquences de l’exploitation  : environnement et économie détruits, misère, retour de l’agriculture devenue maintenant impossible. Et aucun tribunal ne rend justice aux victimes.

Les accords – Tafta, Tisa, Alena – ne feront que noircir ce tableau… sauf si les populations parviennent par leurs luttes à arrêter les groupes dans leur folie destructrice.

 L’industrie chimique  : pollution à tous les étages  !

Il serait illusoire de mesurer les effets nocifs de cette industrie dans le périmètre de son activité directe, sans tenir compte de l’usage des matières fabriquées.

Ainsi prenons l’exemple de la production d’engrais azotés  : cette industrie est fortement consommatrice d’énergie et sa contribution à l’effet de serre est déjà, aux bornes des usines, gigantesque. De plus, c’est une industrie dangereuse, comme l’a montré l’explosion de AZF à Toulouse en 2001.

Suivons-en l’usage jusqu’au bout... L’épandage d’engrais azotés est le principal contributeur de l’agriculture française à l’effet de serre. Une partie de l’azote répandue dans les champs n’est pas utilisée par les plantes, mais se transforme en oxyde nitreux, 200 fois plus puissant que le gaz carbonique, qui s’évapore dans l’atmosphère. L’épandage d’engrais azoté est indispensable pour la monoculture de céréales (Île-de-France, Sud-Ouest...). Cette production fournit des aliments pour les élevages industriels qui sont concentrés dans d’autres régions, comme la Bretagne où l’excès d’épandage dans les champs de lisiers venus des élevages entraîne un excès de nitrates dans l’eau.

Le résultat, c’est l’empoisonnement des humains, de la faune et de la mer en nitrates qui, s’ils étaient répandus raisonnablement sur des cultures, remplaceraient avantageusement les engrais azotés issus de l’industrie chimique. Dit autrement, les engrais azotés de l’industrie chimiques, après avoir contribué à l’émission de gaz à effet de serre lors de la fabrication, émettent les redoutables oxydes nitreux lors de l’épandage en zone de monoculture, continuent leur route sous forme d’aliments qui vont nourrir les porcs et les poulets – en Bretagne ou ailleurs – et finissent leur vie sous forme de nitrates en excès dans l’eau. Sans compter les transports. Bref, pollution à tous les étages  !

Automobile, alimentation, vêtements...

À l’opposé de cette agro-industrie qui détruit l’air, le sol, l’eau, la vie, on pourrait concevoir une agriculture qui, combinée à l’élevage et à des rotations de cultures, préserverait notre santé, ferait vivre plus de paysans, serait moins émettrice de gaz à effet de serre et de polluants divers. Pour cela, il faudrait développer ce raisonnement à chaque filière de l’industrie chimique.

Ainsi, sa contribution à l’automobile est indissociable d’un mode de transports qui est loin d’être le seul possible. Sa contribution à l’alimentation (colorants, goûts artificiels, émulsifiants, emballages) est indissociable de la malbouffe, elle-même liée aux multinationales de la distribution et de l’agroalimentaire. La production de vêtements, dont la majeure parties est fabriquée à partir de composés chimiques artificiels (polyamides, polyesters, colorants ..), peut être observée sous l’angle destruction permanente d’objets, de l’obsolescence programmée  : mauvaise qualité, abandon rapide dû à la mode et aux prix (parfois scandaleusement bas), le tout sur fond de délocalisation vers des pays à bas coût de main-d’œuvre... et de faible contrainte écologique.

Pas plus que la contribution à l’effet de serre de la chimie ne peut être mesuré aux bornes de cette industrie, l’effet de serre lui-même ne peut pas être séparé des autres effets dévastateurs en termes de pollution, de santé, d’environnement, de conditions de travail.

 Fuite de méthane d’Aliso Canyon  : le véritable état d’urgence

Le 23 octobre dernier a débuté la plus importante catastrophe industrielle et environnementale de Californie.

SoCalGas (Southern California Gas Company) est le plus gros distributeur de gaz naturel aux États-Unis :20 millions d’utilisateurs, 11 milliards de $ de chiffre d’affaires et 17 000 salariés. Il utilise ce réservoir naturel de 2,5 milliards de m3 pour stocker du méthane avant de le distribuer à ses abonnéEs.

La fuite a eu lieu à 150 m de profondeur, près de Porter Ranch, à 25 km au nord de Los Angeles, dans un puits de forage abandonné de 3 000 m de profondeur datant de 1953... La vanne de sécurité sur la tête de puits, défaillante, avait été supprimée mais pas remplacée, car jugée non essentielle du fait de l’absence de maison dans un rayon de 100 mètres  !

Depuis, 1 200 tonnes de méthane (CH4) partent dans l’atmosphère tous les jours. Le méthane a un potentiel de réchauffement global à 100 ans 25 fois supérieur à celui du CO2. La fuite correspond à 25 % des émissions de méthane de la Californie, aux émissions de 7 millions de voitures  !

Comment arrêter la catastrophe  ?

Les autorités et la compagnie prétendent qu’il n’y aurait aucun risque pour les populations. Le méthane est présenté comme du gaz naturel. Mais il était stocké en vue d’être distribué  : des additifs lui donnent sa fameuse odeur d’œuf pourri, et on y trouve des traces de composés cancérigènes comme le benzène. Les riverains se sont vite plaints de nausées, de maux de tête, de saignements de nez, sans parler d’infections du nez, de la gorge et des oreilles.

Le gouverneur de Californie a décrété l’état d’urgence, et des milliers de personnes ont dû déménager.

SoCalGas peine à arrêter la catastrophe, la pression du gaz empêchant tout colmatage par le dessus. Il va donc falloir forer un puits de secours à 2 800 m de profondeur pour divertir le gaz, puis remplir l’ancien puits de ciment pour le boucher. Délai prévu, avril 2016. Autant dire 6 mois de fuite…

Une fois de plus, cette catastrophe montre que les industriels du pétrole refusent de comprendre le mot «  prévention  » et attendent que les accidents arrivent pour montrer… qu’ils ne savent pas les gérer.

Nous avons des sites de stockage de taille équivalente en France  : Lussagnet (Landes) 3,5 milliards de m3 ou Izaute (Gers) 3 milliards de m3. Que se passerait-il en cas d’accident  ? Les anciens champs de pétrole font partie des lieux de stockage de CO2 proposés par les industriels pour combattre le réchauffement climatique. Porter Ranch est bien la preuve que ces prétendues solutions ne sont pas maîtrisées techniquement.

 La preuve par les hydrocarbures

Les hydrocarbures jouent un rôle à part dans l’histoire du capitalisme et dans l’histoire en général. La révolution industrielle n’aurait pas eu lieu sans charbon, l’économie mondialisée sans pétrole, et de nombreux conflits n’auraient pas eu de raison d’être...

Le plus important déversement de pétrole a eu lieu au Koweït pendant la première guerre du Golfe. Et la société de consommation repose sur l’accès à de l’énergie bon marché, stockable et transportable.

Le coût environnemental et sanitaire à payer est à la hauteur de l’importance de cette industrie et toutes les étapes, de l’extraction jusqu’à l’utilisation, sont concernées.

Les mines de charbon favorisent l’érosion et polluent les nappes phréatiques. Elles provoquent l’émission de gaz responsables des pluies acides. Les dégâts causés par l’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux ne font qu’augmenter car les ressources sont de moins en moins accessibles. Les puits de pétrole à plusieurs milliers de mètres de profondeur au fond des océans sont particulièrement vulnérables  : en mer du Nord, explosion de Piper Alpha (1988), dans le golfe du Mexique, explosion de Deepwater Horizon (2010), et une fuite sur la plateforme 23051 de Taylor Energy, toujours pas colmatée... depuis 2004  !

La fracturation hydraulique pour extraire le pétrole et le gaz de schiste provoque la pollution à long terme de l’eau et de l’air, rendant des zones entières inhabitables. Avec les sables bitumineux, les énormes quantités d’eau utilisées pour extraire le pétrole du sable polluent d’immenses étendues pour les siècles à venir.

Gaz à effet de serre

Le transport des hydrocarbures a donné lieu à une longue liste de marées noires. Erika et Amoco Cadiz sont les deux plus importantes à avoir souillé les côtes françaises. Les tankers à double-coque ont finalement été imposés en Europe... en 2015. Mais on ne compte plus les fuites et les explosions sur des pipelines, ni les accidents ferroviaires, comme à Lac-Mégantic en 2013.

En ce moment même, la Californie est victime d’une énorme fuite de méthane  : des milliers de personnes ont dû quitter leurs logements et plus encore souffrent de problèmes respiratoires.

Les zones de stockage et de raffinage sont, elles aussi, vulnérables et souvent proches des zones d’habitation comme lors de l’explosion de la raffinerie de Feyzin en 1966. La combustion des hydrocarbures a aussi ses «  effets secondaires  » : particules fines, oxydes d’azote, composés soufrés...

Tous les hydrocarbures participent évidemment à la production de gaz à effet de serre, que ce soit lors de l’extraction (torchères, fuites) ou lors de leur utilisation. C’est sans doute cette pollution, la moins visible, qui est la plus grave, car le réchauffement climatique qu’elle induit peut rendre notre planète inhabitable. En niant, en minimisant, les pétroliers ont fait perdre plus de 10 ans à la lutte pour préserver le climat.

S’il y a une pollution intrinsèque et donc inévitable avec tous les hydrocarbures, les plus gros dégâts sont dus aux industriels qui préfèrent risquer notre environnement plutôt que de réduire leurs profits.

Et quand il y a pollution, les collectivités nettoient et payent, avant d’attendre le verdict d’hypothétiques procès...

 La déforestation des forêts tropicales s’accélère

La forêt tropicale, ceinture verte qui entoure la terre, a un rôle majeur dans la régulation du climat. Elle abrite 80 % de la biodiversité et 350 millions d’autochtones, en danger  ! Les multinationales et notre modèle de consommation occidental sont en cause.

L’Amazonie brésilienne, la plus importante des forêts tropicales, recule de 10 % par an. L’élevage bovin est responsable de 80 % de la déforestation, dont 90 % – illégale – est assurée par des bandits armés qui terrorisent et chassent les Amérindiens. Le gouvernement brésilien, la Banque mondiale, présentés à la COP21 comme les défenseurs de l’Amazonie, légalisent de fait ces pratiques en reconnaissant leurs droits de propriété  ! Puis ils investissent dans la filière viande, comme Bertin, n°1 du marché du cuir, de la viande et de la glycérine animale. Le cuir pour Adidas, Nike, Ford, Carrefour, Ikea, la SNCF… ; la viande, pour tous les fast-food du monde  ; les plats cuisinés pour la grande distribution  ; la glycérine pour Unilever et les géants de la cosmétique...

De plus, le soja, deuxième responsable de la déforestation, y pousse grâce à Monsanto qui fournit les semences OGM et les pesticides associés  ! Et les méga barrages GDF Suez détruisent aussi la forêt, empoisonnent et chassent les riverains.

D’ici 2050, si tout cela continue, la forêt amazonienne aura disparu, les peuples autochtones avec... Et le seuil des 2°C aura explosé  !

Mafias, corruption et terreur

En Asie du Sud-Est, les forêts tropicales auront disparu à 98 % en 2022. En Indonésie, des bûcherons illégaux abattent la forêt, détruisent le gagne-pain des populations et s’attaquent même aux parcs nationaux refuges des orangs-outans. Le terrain dégagé, les multinationales pourront alors y planter des hévéas pour nos pneus, des eucalyptus pour la pâte à papier, et des palmiers pour nos confiseries et cosmétiques...

Mais la place manque... Alors, tous investissent l’Afrique  ! Il ne reste que 60 % du Bassin du Congo, deuxième forêt tropicale. Depuis 2000, des millions d’hectares sont défrichés – souvent illégalement par des mafieux qui déforestent, trafiquent l’ivoire, alimentent en armes et pots-de-vin bandes armées et dictateurs, terrorisent et chassent les peuples de la forêt  ! On y retrouve les multinationales du bois, du caoutchouc, de l’huile, avec des plantations de plus en plus gigantesques.

Le saccage de la forêt et de ses habitantEs, du climat, de la planète, continue. Pour que les multinationales fournissent toujours nos produits «  indispensables  »... pour leur plus grand profit  !


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