NPA 86

Contre l’état d’urgence : Possible, mais pas gagné  !

vendredi 5 février 2016 par redac-npa86

Voilà la conclusion que l’on devrait tirer des manifestations contre l’état d’urgence du samedi 30 janvier dans tout le pays.

A Paris, une heure pile avant la manif, la pluie se transforme en déluge. C’est l’heure où les hésitantEs basculent. à peu près partout en France, la météo est au diapason du climat sécuritaire propagé par toutes les institutions dominantes  : ne manifestez pas, restez chez vous  ! Malgré cela, entre 10 000 et 20 000 manifestantEs prennent la rue.

De Bayonne à Boulogne-sur-Mer, de Metz à Lannion, de Perpignan à Dole, en passant par Arles, Besançon, Tulle ou Le Puy-en-Velay, on décompte au moins 45 000 manifestantEs. En dehors de Paris, les manifestations rassemblent un peu partout entre une centaine et 2 000 participantEs.

C’est la première riposte générale à l’état d’urgence, une première rupture publique avec le consensus dominant qui affirme qu’au nom de la sécurité, tout le monde y serait favorable.

Il faudra évidemment bien plus que cela. En dehors de Paris et de quelques villes comme Grenoble, Bordeaux, Poitiers ou Chambéry, la mobilisation n’a pas dépassé un noyau militant. Et même dans ces villes, les quartiers populaires étaient très peu représentés.

Or des échéances sont proches, entre une proposition de loi au conseil des ministres mercredi 3 février et les débats à l’Assemblée et au Sénat du 5 au 16 février.

Et au-delà de ces échéances, c’est toute la logique de l’État d’exception qui avance, donnant confiance aux flics et aux racistes. C’est ce qui exige de convaincre et de mobiliser en profondeur dans toute la société. Regrouper toutes les sensibilités, toutes les formes de lutte Il est évident que l’existence de plusieurs cadres, notamment celui impulsé par la LDH («  Nous ne céderons pas  ») et celui plus lié aux mouvements («  Stop état d’urgence  »), ne facilite pas les choses. Ainsi, dans certaines villes comme Marseille, il n’y a même pas pu y avoir de manifestation ou de rassemblement unitaire.

A Paris, les deux cadres ont réussi à se mettre d’accord sur des mobilisations communes. Se retrouvaient dans la première partie du cortège, les sans-papiers, les sans-abris, les militantEs BDS, les syndicats ou encore les Zadistes. Pour toucher l’ensemble de la société, les différentes sensibilités et formes de lutte seront indispensables. Toutes. Personne ne peut nier le rôle du racisme et de l’islamophobie dans la logique mise en place actuellement, les musulmanEs étant ainsi les plus visés par les perquisitions. Et si la composante anti-raciste et anti-islamophobe de la mobilisation, tout comme la lutte contre les violences policières, ne sont pas prises en compte, le mouvement aura les plus grandes difficultés à mobiliser dans les quartiers populaires.

Du local au global

La mobilisation doit maintenant se développer dans chaque quartier, dans chaque lieu de travail et sur les différents fronts mis en danger par l’offensive du pouvoir. à Montreuil, une assemblée locale est organisée ce jeudi 4 février. à Grenoble, «  Six heures pour nos libertés  » vont avoir lieu ce dimanche 7 février en collaboration avec Mediapart, rassemblant acteurs locaux et nationaux, syndicalistes et représentants des luttes des quartiers. De telles initiatives doivent se multiplier. Cela doit se conjuguer avec la défense des victimes de la répression. Un appel a été lancé pour se mobiliser au côté d’un participant à la manifestation de solidarité avec les migrants du 22 novembre, en procès mercredi 3 février. Et le lendemain, jeudi 4 février est la journée de mobilisation en soutien aux syndicalistes de Goodyear.

Maintenir les mobilisations de rue

La lutte contre l’état d’urgence et la déchéance de nationalité doit apparaître dans toutes les manifestations, comme cela a été le cas à Calais le 23 janvier où de nombreux manifestants arboraient l’autocollant «  Stop état d’urgence  ». Ce devrait être le cas des mobilisations antifascistes du 6 février, de la manifestation du 8 mars pour les droits des femmes et de celle contre le racisme le 19 mars. Il faudrait que ce soit le cas de toutes les luttes syndicales. Car la logique de l’état d’urgence, c’est de nous atomiser et d’interdire l’espace public à la contestation collective.

Ce vendredi 5 février à 17h a lieu un rassemblement devant l’Assemblée nationale. Les différents cadres qui se réunissent ces prochains jours doivent décider d’une nouvelle date nationale qui servira de point d’appui et d’objectif au travail de mobilisation qu’il faut maintenant faire avancer. De toute urgence.

Denis Godard


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