NPA 86

EELV : droite dans ses bottes ?

vendredi 12 février 2016 par redac-npa86

L’information est tombée jeudi dernier (le 11/02), la secrétaire nationale du parti EELV, Emmanuelle Cosse, rejoint le gouvernement PS. Dans le même temps, elle annonce se mettre en retrait du parti qu’elle dirigeait et dont elle avait porté les couleurs aux régionales en Île-de-France. EELV en tant que tel n’entre donc pas au gouvernement. Le parti n’en reste pas moins totalement décrédibilisé. Cette décision est incomprise par les militants de EELV, et par la grande majorité des observateurs politiques. En effet, quels intérêts y a-t-il, aujourd’hui, à l’heure où même Christiane Taubira a pris la porte du gouvernement, d’aller avaler les boas anti-écologiques, capitalistes et sécuritaires de Valls, Hollande et leur clique ?

Même si EELV assure rejeter totalement ce choix, nous ne pouvons lui enlever toutes responsabilités dans ce qui apparaît comme, une fois de plus, une trahison. Il est tout de même assez interrogatif de se dire que la moitié des parlementaires de l’ancien parti vert, et leur secrétaire nationale, ont fait le choix d’une position opportuniste dans un parti où les militants seraient majoritairement pour une indépendance politique. Pourquoi, alors, les élus et les dirigeants ne sont pas à l’image des militants ? Qui décide de placer tel ou tel dirigeant ou élu ? Quels contrôles des élus et des instances existent ? Au PS ou au PCF, nous sommes habitués à ces magouilles, ces trahisons, ces incompréhensions, mais EELV n’était pas censé « faire de la politique autrement » ? Une vraie remise en question de démocratie interne est nécessaire...

Dans un texte que je signais suite à la démission de Véronique Massonneau (députée de la Vienne) et de Placé et consorts, je pointais déjà que les problèmes de ce parti n’étaient pas réglés... En effet, le départ d’une partie de la bureaucratie droitière ne résolve pas la question de fond. Je ne change pas une ligne de ce que j’écrivais : « Ce débat de fond doit avoir lieu puisque tout le monde comprend bien que EELV n’a pas le monopôle de l’écologie. De ce fait, un parti écologiste qui ne se caractérise que comme tel est traversé par des débats d’une importance cruciale dans une période de crise du capitalisme. Le déterminant « écologiste » n’est pas suffisant. Au NPA, nous sommes écologistes, et anticapitalistes. Anticapitalistes car écologistes. Mais tout le monde peut se dire écologistes... puisqu’il existe plusieurs écologismes, de droite, de gauche, de riches ou de pauvres, et ces derniers sont antagonistes. Il faut alors trancher ses rapports au système capitaliste. C’est pourquoi nous sommes un certain nombre à porter l’idée d’éco-socialisme. ».

Sans trancher cette question « capitaliste ou anticapitaliste ? », EELV s’empêche de sortir de sa crise. Il est en effet impossible de concilier un écologisme du système et un écologisme qui souhaite en finir avec l’exploitation capitaliste.

Dans un article fort intéressant du journal l’Anticapitaliste, Christine Poupin insiste elle aussi sur cet aspect. Tout en rappelant, dans le même temps, l’autre contradiction interne à EELV : écologie ou opportunisme ? « Après avoir voulu incarner un certain renouvellement des mœurs politiques (porte-parole multiple, parité...), EÉLV se retrouve empêtrée dans les pires pratiques personnelles tellement conformes à la 5e République et à son régime monarchique, celles-là mêmes qui alimentent un rejet bien mérité de la politique professionnelle. ». Il est aussi important de le rappeler, puisque ce n’est pas la participation aux « primaires de la gauche », avec ou sans Hollande, qui permettra d’aller de l’avant dans la reconstruction d’une alternative. La primaire représente en soi un travers de la 5ème République en focalisant sur la question du casting. Dans le même temps, l’auto-proclamation de Mélenchon comme sauveur suprême « du peuple » contre « la caste », et l’annonce égocentrique de sa candidature pour 2017 sans prévenir personne, enfonce encore plus la gauche dans la crise. Plus que jamais, l’urgence d’une organisation anticapitaliste, indépendante, radicale et unitaire, capable de représenter celles et ceux d’en-bas, est d’actualité. Sans attendre 2017... il y a urgence.

Alexandre Raguet


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