NPA 86
Déclaration des jeunes du NPA 86

L’Université de Poitiers ferme ses portes aux étudiant.e.s et lycéen.e.s : la fac façon Vidal.

samedi 17 mars 2018 par redac-npa86

Jeudi 15 mars, journée nationale de mobilisation contre la loi Vidal dite « loi Orientation et de Réussite des étudiants » (vive la novlangue), les étudiant.e.s et les lycéen.e.s. ont trouvé les portes de l’Université de Sciences Humaines et Arts fermées, alors que devait s’y tenir une Assemblée Générale. Ces portes closes sont d’une violence sans nom. Elles sont le symbole de la sélection mise en place par la loi Vidal, mais aussi celui de la disparition du débat démocratique. Tenter d’empêcher la tenue d’une AG est une dérive bureaucratique et autoritariste, c’est nier la capacité des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s à exister en tant que sujets politiques.

Bienvenue en Macronie : la Gestion fait place au Politique, le « There is no alternative » néolibéral triomphe sur la lutte des classe !

Depuis plusieurs semaines, les étudiant.e.s de l’Université de Poitiers se mobilisent face aux attaques en règle du gouvernement et de Macron : fin du Bac unique et de la Fac pour tou.te.s, remplacés par le « Service national universel », forme modernisée du non regretté Service militaire. Bien loin du tout-sélectif et du tout-rentable, ielles rêvent d’une véritable université émancipatrice pour tou.te.s, créatrice de savoirs, à l’image de celle née en 1968 à Vincennes. Après avoir occupé l’UFR de Psychologie et de Géographie où AG et ateliers se sont succédé sur plusieurs jours, le 15 mars 2018 ielles ont pris la rue en musique afin de faire entendre leur voix au côté des lycéen.ne.s de la ville.

Ielles étaient ainsi près de 400 à battre le pavé durant des heures, du campus vers le centre ville puis du centre ville vers le campus. En effet, une Assemblée Générale entre étudiant.e.s et lycéen.ne.s était prévue à 12h en UFR de Sciences Humaines et Art pour préparer la journée du 22 mars, avant la Manifestation des retraité.e.s de 14h place Coimbra. C’était sans compter sur la décision prise par Yves Jean et d’Eric Palazzo, respectivement président de l’Université de Poitiers et doyen de l’UFR de SHA, de faire fermer les locaux administrativement, les privant de leur droit de se réunir. Yves Jean semble, à l’image du gouvernement, atteint de gestionnite aiguë.

Cette mesure anti-démocratique a suscité un mouvement de foule et de la colère parmi les manifestant.e.s : certain.e.s l’ont exprimée sur les portes fermées qui ont fini par céder. Mais ielles n’ont ni investi les lieux ni dégradé les locaux. Déterminé.e.s à se réunir, ielles sont retourné.e.s sur le campus universitaire. Après avoir repris des forces, certain.e.s sont reparti.e.s en manifestation tandis que d’autres ont tenu l’AG prévue en SHA dans l’amphi 800 de l’UFR de Droit, rebaptisé « Gintrac » en soutien aux étudiant.e.s de l’Université de Bordeaux Victoire évacué.e.s le mardi 6 mars dernier à coups de matraques.

La présidence de l’Université tente elle aussi de casser la mobilisation étudiante par tous les moyens : chantage aux interventions policières, fermeture administrative de l’ensemble des UFR un jour de mobilisation nationale, tentatives de décrédibilisation. Les UFR de SHA et de Lettres et Langues ont ainsi été fermées vendredi 16 mars par la présidence de l’Université, officiellement « pour des raisons de sécurité ». C’est profondément ridicule : ni la sécurité des étudiant.e.s, ni celles des employé.e.s n’ont été menacées par les étudiant.e.s mobilisé.e.s contre les réformes gouvernementales. Prétendre le contraire relève soit de la crise de paranoïa collective, soit de la manipulation politique visant à faire passer les étudiant.e.s mobilisé.e.s pour de dangereux.se.s casseur.se.s assoiffé.e.s de sang privant tout le monde de cours.

Nous dénonçons les mesures prises par l’Université de Poitiers pour freiner le mouvement étudiant, plus que nécessaire à la victoire des nombreuses luttes en cours contre les attaques en règle du gouvernement de Macron. D’autant plus que le 18 février 2018, la Commission Formation et Vie Universitaire votait la motion « Pour le libre accès à l’Université » qui se positionne clairement contre la loi Vidal. Que doit-on en conclure ? Était-ce une posture de principe ? Et à un niveau plus global : est-ce dont ça vivre sous état d’urgence constitutionnalisé ? La moindre lutte se retrouvera-t-elle dorénavant taxée de dangerosité afin d’être étouffée dans l’œuf ?

Pour finir, nous apportons tout notre soutien aux étudiant.e.s et lycéen.e.s face aux accusations de « vandalisme » dont ielles font l’objet : celles-ci sont habituelles quand une lutte commence à prendre de l’ampleur. Plus étonnant : certaines organisations jeunesse, pourtant présentes dans la mobilisation étudiante, n’ont pas cherché à contacter leurs camarades de lutte et se sont jointes à la meute. Elles ont été plus promptes à « [se] désolidaris[er] et à condamn[er] » ce qu’ielles nomment « actes de vandalisme », reprenant ainsi une rhétorique anti-révolutionnaire née aux lendemains de 1789, qu’à dénoncer l’attitude de la police ou celle de la présidence de l’Université, faisant ainsi le jeu de la division et du gouvernement. Nous nous permettons de relayer ici le lien du communiqué issu de l’Assemblée Générale de Poitiers sur la journée d’hier (https://www.facebook.com/AGUP86/pos...). En attendant le 22 mars, n’hésitez pas à faire de même ainsi qu’à suivre leur page : c’est le meilleur moyen de vous tenir informé.e.s et d’apporter vous aussi votre soutien !

Les jeunes du NPA 86 participant au mouvement contre la Loi Vidal.


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